•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un pipeline inquiète des citoyens de Saint-Lazare

Sylvie Rozon est tombée sur un tronçon à découvert du pipeline Trans-Nord.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un pipeline vieux de 50 ans, dont une section est à découvert dans un ruisseau, sème l'inquiétude chez des citoyens de Saint-Lazare, à l'ouest de Montréal. Ce pipeline, qui appartient à la compagnie Trans-Nord, transporte des produits pétroliers entre Montréal et Toronto.

Un reportage de Catherine KovacsTwitterCourriel

C'est en marchant sur la terre de son père, à Saint-Lazare, que Sylvie Rozon est tombée sur un tronçon à découvert du pipeline Trans-Nord. Cette portion du pipeline était juste au-dessus du ruisseau Paiement, qui se déverse cinq kilomètres plus loin dans la rivière des Outaouais.

Comme l'explique Mme Rozon, les abords du ruisseau à cet endroit ont subi de l'érosion au cours des années. La terre est glaiseuse et glissante, les arbres autour sont matures. Un de ces arbres pourrait tomber sur cette portion du pipeline et la fracturer.

Le pipeline Trans-Nord a été construit en 1952. Il transporte des produits pétroliers de Montréal à Nanticoke, au sud de Toronto, sur une distance de 850 kilomètres. Plus de 27 millions de litres de carburant y transitent chaque jour.

Guy Coderre, professeur au Centre national de formation en traitement de l'eau, à Vaudreuil-Dorion, précise qu'il ne faut pas prendre cette situation à la légère. Il rappelle que le ruisseau Paiement se déverse dans la rivière des Outaouais. Par conséquent, si le pipeline se fend et laisse échapper le carburant, on assistera à un désastre écologique. « Aucune station d'épuration ne peut traiter les hydrocarbures », précise-t-il.

Sur les 26 stations de pompage, 23 n'ont pas de source alternative. S'il y a un pépin, il n'y a pas de plan B parce qu'on ne peut pas traiter les hydrocarbures. C'est la hantise des traiteurs d'eau.

Guy Coderre, professeur au Centre national de formation en traitement de l'eau

Sylvie Rozon a alerté la ville de Saint-Lazare et la compagnie Trans-Nord. Le directeur de la sécurité civile, Daniel Boyer, a indiqué que la situation était préoccupante, mais le maire Robert Grimaudo s'est fait rassurant. « On ne sèmera pas non plus la panique là, a-t-il déclaré. Le sujet du pipeline nous a inquiétés au début, mais là, on est beaucoup moins inquiets. On a réalisé que, comme on dit en anglais, it's a non-story. »

Quant à la compagnie, elle a indiqué par communiqué qu'elle allait entreprendre des travaux immédiatement. Depuis 2008, Trans-Nord a été responsable de six incidents liés à l'exploitation des pipelines au Québec.

Environnement