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Boris Johnson, figure de proue du Brexit, renonce à succéder à David Cameron

Boris Johnson annonçant qu'il ne se lancera pas dans la course à la présidence du Parti conservateur britannique.

Photo : Toby Melville / Reuters

Radio-Canada

Après avoir fait campagne sans relâche pour convaincre les Britanniques de quitter l'Union européenne, Boris Johnson a annoncé jeudi qu'il ne tentera pas de succéder à David Cameron à titre de chef du Parti conservateur britannique et de premier ministre du pays.

Deux autres membres du gouvernement Cameron ont cependant confirmé qu'ils seront sur les rangs, soit le ministre de la Justice, Michael Gove, et la ministre de l'Intérieur Theresa May. Le premier a vigoureusement fait campagne pour le Brexit, tandis que la seconde a timidement fait campagne pour le maintien des liens avec l'UE.

La ministre de l'Énergie, Andrea Leadsom, le ministre du Travail, Stephen Crabb, et un ancien ministre de la Défense, Liam Fox, brigueront également la direction du parti, qui est majoritaire à la Chambre des communes et dont le mandat s'étirera jusqu'en 2020.

Le prochain premier ministre, qui doit être nommé en septembre, aura la délicate tâche d'enclencher le processus de divorce avec l'UE et de négocier une nouvelle entente avec les 27 autres pays membres restants.

Les prétendants au poste avaient jusqu'à jeudi matin pour déclarer leur candidature. Il reviendra maintenant aux députés conservateurs de choisir deux finalistes. Le choix du chef sera ensuite remis entre les mains des 150 000 membres du Parti conservateur. Le nom du vainqueur doit être annoncé le 9 septembre.

Boris Johnson, le chef de file du camp du Brexit, a annoncé qu'il ne tentera pas de succéder à David Cameron à titre de chef du Parti conservateur britannique et de premier ministre du pays. Cinq candidats sont désormais en lice.

Une décision inattendue

Les décisions de MM. Gove et Johnson constituent une surprise de taille pour la classe politique britannique. Il était plutôt attendu que le premier appuie le second, et non l'inverse.

M. Gove a cependant étonné tout le monde en annonçant jeudi matin : « On en arrive à la conclusion que Boris ne peut pas assumer le leadership ni construire une équipe pour la tâche qui nous attend ».

Peu après, M. Johnson a annoncé en conférence de presse qu'il renonçait contre toute attente à briguer le poste de premier ministre. Les preneurs de paris britanniques, qui n'hésitent pas à se prononcer sur des scénarios politiques, le considéraient pourtant comme l'un des deux favoris de la course, avec Mme May.

Je dois vous dire mes amis, vous qui avez attendu fidèlement la chute de ce discours, qu'après avoir consulté mes collègues, et considérant les circonstances au Parlement, j'en ai conclu que cette personne ne pouvait être moi.

Boris Johnson

Ce dénouement déchaîne les passions parmi les analystes politiques, qui évoquent un scénario shakespearien, d'autant plus que Michael Gove a aussi tourné le dos à David Cameron plus tôt cette année en prenant fait et cause pour le Brexit, avec cinq autres ministres. 

Il s'était justifié en clamant que le Royaume-Uni serait « plus libre, plus juste et plus fort en dehors de l'UE ». Il soutenait en outre que « l'Union européenne, malgré l'indubitable idéalisme de ses fondateurs et les bonnes intentions de nombreux de ses dirigeants, s'est révélée un échec à plusieurs niveaux ».

Né à Édimbourg, en Écosse, diplômé d'Oxford, Michael Gove est réputé être un intellectuel néoconservateur doté d'un esprit fin, courtois, drôle et charmeur. Il a été journaliste pour la BBC et le quotidien The Times avant d'être élu député de Surrey Heath, au sud-ouest de Londres.

Il a rapidement gravi les marches du pouvoir par la suite. Membre du cabinet fantôme conservateur dès 2005, il a été nommé ministre de l'Éducation après la victoire de David Cameron, en 2010, avant d'hériter du portefeuille de la Justice.

Theresa May, la favorite

Contrairement à son collègue, la ministre de l'Intérieur Theresa May est considérée comme une eurosceptique dans l'âme. Elle a néanmoins choisi de rester fidèle à David Cameron en faisant campagne contre le Brexit. Elle a cependant assuré le service minimum, défendant même une limitation de l'immigration, thème favori des pro-Brexit.

En lançant sa campagne jeudi, la femme de 59 ans a cependant confirmé qu'il n'était pas question pour elle de faire marche arrière. « Le Brexit, c'est le Brexit », a-t-elle affirmé à ce sujet. « Nous avons fait campagne, le vote a eu lieu, le taux de participation a été élevé et le public a rendu son verdict. »

Il ne doit y avoir aucune tentative de demeurer dans l'Union européenne, aucune tentative de s'y joindre par la porte de derrière, et pas de deuxième référendum.

Theresa May

Mme May a aussi fait savoir qu'elle n'entendait pas déclencher des élections anticipées dans la foulée du Brexit, puisque cela ne ferait qu'accroître l'instabilité que connaît actuellement le pays.

Theresa May a officialisé sa candidature en conférence de presse jeudi matin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Theresa May a officialisé sa candidature en conférence de presse jeudi matin.

Photo : Getty Images / Jeff J. Mitchell

Elle a aussi écarté tout budget d'urgence dans les circonstances et toute hausse de taxes dans l'immédiat, comme l'a prophétisé le ministre des Finances George Osborne plus tôt cette semaine. Elle s'est également distanciée de l'objectif du gouvernement Cameron de dégager un surplus budgétaire à l'horizon 2020.

« S'il y a un choix à faire avant 2020 entre d'autres compressions budgétaires, plus d'emprunts et des hausses de taxes, la priorité doit être d'éviter une augmentation des taxes, parce que cela va perturber l'économie, l'emploi et les investissements », a-t-elle déclaré.

Mme May a également soutenu qu'aucune décision quant à l'activation de la clause de retrait de l'Union européenne ne devrait être prise tant et aussi longtemps que le Royaume-Uni n'aura pas établi quelle stratégie il convient d'adopter en vue des négociations qui suivront.

« Cela signifie que l'article 50 [du Traité de Lisbonne, NDLR] ne devrait pas être invoqué avant la fin de cette année », a-t-elle dit. Cette déclaration risque de faire sourciller les dirigeants européens, qui demandent à Londres d'agir de la sorte le plus rapidement possible après l'élection d'un nouveau chef afin de réduire l'incertitude.

Fille d'un vicaire de l'église anglicane, également diplômée d'Oxford, Mme May est députée britannique depuis 1997, année où le travailliste Tony Blair a pris le pouvoir.

Après de nombreuses années dans l'opposition, elle a été nommée ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Cameron. Son règne de six ans à ce poste est le plus long depuis un siècle.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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