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L'origine des kamikazes de l'attentat d'Istanbul révélée

Des officiers marchent à l'intérieur de l'aéroport d'Istanbul, la plus grande de la Turquie.

Photo : Osman Orsal / Reuters

Radio-Canada

Les trois kamikazes qui ont perpétré l'attentat qui a fait 44 morts et plus de 230 blessés à l'aéroport Atatürk d'Istanbul mardi étaient d'origines russe, ouzbèke et kirghize, selon un dirigeant turc sous couvert de l'anonymat.

Refusant de révéler leur identité, le responsable a précisé que les experts légistes poursuivent leurs examens sur les corps des kamikazes. L'état des corps, qui ont été déchiquetés par les explosions, rend l'identification des kamikazes particulièrement difficile.

La police turque a également arrêté 13 personnes soupçonnées d'être impliquées dans l'attentat. Les 13 arrestations, parmi lesquelles celles de trois étrangers, ont été effectuées au cours de 16 perquisitions menées simultanément à Istanbul, selon l'agence de presse progouvernementale Anadolu.

Au moins neuf des suspects auraient des liens avec le groupe armé État islamique (EI), toujours selon Anadolu.

Après la mort de deux autres blessés, le bilan officiel de l'attaque est passé jeudi à 44 morts et 238 blessés, dont 94 demeurent hospitalisés.

Trois kamikazes ont semé la mort mardi à l'aéroport Atatürk d'Istanbul – le troisième aéroport en importance en Europe – en ouvrant le feu dans la foule de voyageurs avant de se faire tour à tour exploser.

Trois explosions

« Les terroristes, après avoir d'abord voulu passer les [premiers] contrôles de sécurité » à l'entrée de l'aérogare, se sont ravisés et « sont revenus avec des fusils mitrailleurs qu'ils ont sortis de leurs valises avant de passer les contrôles en tirant sans discrimination sur les gens », a expliqué le premier ministre turc, Binali Yildirim.

« L'un d'entre eux s'est fait exploser à l'extérieur » et « les deux autres ont profité de la panique, sont entrés dans l'aéroport et se sont fait exploser« , a-t-il ajouté. Les autorités turques ont pu reconstituer le déroulement de l'attaque grâce au visionnement des caméras de surveillance.

Des personnes blessées dans les explosions à l'aéroport d'Istanbul en Turquie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des personnes blessées dans les explosions à l'aéroport d'Istanbul en Turquie.

Photo : Getty Images

Un haut responsable turc, sous couvert d'anonymat, a toutefois relaté une version différente des événements. Il a confié qu'un kamikaze s'est d'abord fait exploser dans le hall des arrivées juste avant les détecteurs à rayons X.

Profitant de la panique provoquée par la déflagration, un deuxième kamikaze s'est fait exploser dans le hall des départs pendant que le troisième, attendant à l'extérieur de l'aérogare, s'est fait sauter à son tour au milieu d'une foule affolée.

Des photos et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent une énorme boule de feu à l'entrée du terminal des vols internationaux. On y voit également des passagers gisant dans le hall. Sur l'une des vidéos, un des kamikazes est au sol, touché par le tir d'un policier, avant de déclencher sa ceinture d'explosifs.

La piste de l'EI

Bien que les autorités montrent le groupe armé État islamique du doigt, l'attentat n'a toujours pas été revendiqué. Pas plus que les autres attentats commis en Turquie et que les autorités attribuent aussi à l'organisation terroriste.

Policiers armés de fusils d'assautAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des policiers armés montent la garde devant l'aéroport Ataturk d'Istanbul, en Turquie.

Photo : ? Murad Sezer / Reuters

Le premier ministre Yildirim estime que « les indices pointent vers Daech », l'acronyme arabe pour désigner l'EI. Initialement accusée d'indulgence face à l'EI, la Turquie a dû adopter une approche plus répressive.

Le chef des services de renseignement américains (CIA), John Brennan, croit également que l'attentat porte « la marque de la dépravation de l'EI » et il s'est dit « très inquiet de voir que la machine terroriste générée par l'EI a beaucoup d'élan aujourd'hui encore ».

Le mode opératoire des kamikazes de l'aéroport international d'Istanbul rappelle celui des attentats qui ont fait 130 morts en novembre 2015 à Paris.

L'attentat survenu mardi est le quatrième et le plus meurtrier à survenir à Istanbul au cours de la dernière année.

Ciblées par une série d'attentats qui ont fait 260 morts depuis un an, Istanbul et Ankara ont subi une importante chute du tourisme, l'un de leurs principaux moteurs économiques.

Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

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