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 « Dr Cannabis » s’installe à Sherbrooke

Regis Gaudet, devant le bureau de Dr Cannabis sur la rue Alexandre à Sherbrooke

Regis Gaudet, devant le bureau de Dr Cannabis sur la rue Alexandre à Sherbrooke

Photo : ICI Estrie/Daniel Mailloux

Radio-Canada

Se faire prescrire du cannabis à des fins médicales? L'idée semble faire son chemin. À Sherbrooke, l'entreprise Dr Cannabis ouvrira ses portes mercredi et veut promouvoir l'usage de la drogue pour se soigner, même si le Collège des Médecins (CMQ) ne reconnaît pas ce type de traitement.

Un texte de Carl MarchandTwitterCourriel

La semaine dernière, Régis Gaudet était au festival Rockfest de Montebello pour parler de marijuana thérapeutique.

« Tout le monde qui est passé devant notre kiosque se disait malade, mais ils n'étaient pas tous qualifiables », avoue-t-il en riant. Or, le service de son entreprise, lui, n'a rien d'une blague. Pour 155 $, « Dr Cannabis » vous mettra en contact avec un médecin qui pourrait vous remettre une ordonnance de marijuana thérapeutique.

Les délais? De trois à quatre mois si l'entreprise Dr Cannabis vous met en contact avec un médecin du régime public. Au privé, il vous faudra 14 jours maximum, mais la facture sera plus élevée : 700 $. Des montants à payer aux quatre ans, qui ne comprennent pas l'achat de cannabis à un producteur autorisé.

Depuis 2015, Santé Canada autorise la marijuana médicale, tant sous forme séchée que dans des biscuits ou des muffins. La consommation de marijuana thérapeutique est autorisée depuis 2013, après un jugement obligeant « un accès raisonnable à une source légale de marijuana à des fins médicales lorsqu'un professionnel de la santé [...] en donne l'autorisation. »

Cannabis thérapeutique

Cannabis thérapeutique

Photo : ICI Radio-Canada

« Le cannabis, ce n'est pas qu'une drogue récréative, ça a des propriétés médicales, et même ceux qui fument depuis longtemps n'en sont pas conscients », indique M. Gaudet, lui-même utilisateur.

Au-delà des états de santé graves, la marijuana thérapeutique peut aider à traiter l'anxiété et l'insomnie, avance celui qui n'est pas médecin. Son entreprise souhaite d'ailleurs travailler avec la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke pour quantifier les effets. Mais attention, insiste le représentant de « Dr Cannabis », il faut déjà avoir un diagnostic établi par un médecin et avoir essayé des médicaments traditionnels avant d'espérer obtenir du cannabis médical.

Prudence, dit le Collège

Le CMQ indique que l'usage du cannabis à des fins médicales n'est pas un traitement reconnu et qu'il ne peut se faire que dans un cadre de recherche.

« On laisse croire qu'il s'agit d'un produit qui n'a pas d'effets secondaires, qui est bénin et qu'on peut utiliser sans problèmes. Ce qui n'est pas le cas », prévient le secrétaire, Yves Robert.

Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins du Québec

Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins du Québec

Photo : ICI Radio-Canada

« Il y a des contre-indications, notamment les personnes qui ont des problèmes de maladies mentales. Et certainement, c'est déconseillé aux jeunes de moins de 18 ans. »

Pas d'ordonnance Skype

Dans le domaine du cannabis médical, plusieurs intermédiaires permettent aux patients de rencontrer un médecin par l'entremise de Skype. Une pratique dénoncée par les différents collèges de médecins au Canada. Pas question d'aller dans cette direction pour l'entreprise Dr Cannabis.

« On pourrait jouer notre réputation avec ça. Il n'y a pas un de mes clients qui va passer par Skype, à moins d'une situation exceptionnelle. »

Régis Gaudet de « Dr Cannabis » dans ses locaux de Sherbrooke

Régis Gaudet de Dr Cannabis

Photo : ICI Estrie/Carl Marchand


Le cannabis médical, c'est déductible d'impôt comme n'importe quel médicament. Et pour les tarifs, ça va jouer entre 4 à 12 $ le gramme.

Régis Gaudet de « Dr Cannabis »

Alors que l'usage de cannabis thérapeutique prend de l'ampleur, et qu'un projet de loi sur la légalisation de la marijuana doit être déposé en 2017, Régis Gaudet ne craint pas une consommation abusive. Sortir le pot de la rue, dit-il, ne peut être que bénéfique.

« On n'a jamais vu un vendeur de bière à la polyvalente, mais tout le monde savait qui était le vendeur de pot, illustre-t-il. Ce qu'on trouve dans la rue comme cannabis, c'est très fort en THC. Le gars qui vend dans la rue ne veut pas faire de bien à personne, il veut faire parler de lui comme étant celui qui a la drogue qui frappe le plus. Ce n'est pas vers ça qu'on veut s'en aller. »

Régis Gaudet installe des affiches promotionnelles dans le bureau de « Dr Cannabis » à Sherbrooke

Régis Gaudet installe des affiches promotionnelles dans le bureau de Dr Cannabis

Photo : ICI Estrie/Carl Marchand

L'ouverture du local dans la rue Alexandre a soulevé plusieurs questions. M. Gaudet indique avoir avisé son voisinage et contacté le Service de police de Sherbrooke. L'endroit ne sera jamais un dispensaire comme celui récemment ouvert à Québec. Bref, aucun gramme de la fameuse herbe sur place.

« Il n'y aura jamais de marijuana sur place ici, et ça ne sera pas un endroit pour consommer. Pour être un dispensaire de cannabis thérapeutique, il faut pratiquement s'installer dans une ancienne banque pour avoir des locaux sécurisés. »

Santé publique

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