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L’ombre de Trump plane sur le Sommet des leaders nord-américains

Donald Trump propose de construire un mur entre les États-Unis et le Mexique.

Donald Trump propose de construire un mur entre les États-Unis et le Mexique.

Photo : ? Jonathan Drake / Reuters

Radio-Canada

Il n'est pas à Ottawa. Et pourtant, Donald Trump est bien présent dans les discussions des dirigeants nord-américains. Déjà, le premier ministre du Canada et le président du Mexique ont dû se prononcer sur les positions protectionnistes du candidat républicain présumé à la présidence américaine.

Un texte de Raphaël Bouvier-AuclairTwitterCourriel

Lundi, à Québec, un journaliste a demandé au président mexicain ce qu'il fallait penser des propos « du candidat républicain à la présidence » américaine, très critique du libre-échange.

Toujours sans nommer ledit candidat, le président Enrique Pena Nieto a parlé de l'importance du partenariat économique qui existe entre son pays, le Canada et les États-Unis.

Mardi, un scénario semblable s'est répété à Ottawa. Cette fois, la journaliste canadienne a mentionné nommément les prétendants à la Maison-Blanche, Hillary Clinton et Donald Trump.

Enrique Pena Nieto et Justin Trudeau, eux, ne s'y sont pas risqués.

On s'est entendus, et cela ne va surprendre personne, que nous allons travailler chacun avec quiconque sera élu par le peuple américain. C'est certain que d'une administration vers une autre, il y a toujours des ajustements.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Critiques contre le libre-échange nord-américain

Les drapeaux du Mexique et des États-Unis sont installés sur l'édifice qui abrite les bureaux du premier ministre du Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les drapeaux du Mexique et des États-Unis sont installés sur l'édifice qui habrite les bureaux du premier ministre du Canada.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Donald Trump a une approche du libre-échange qui est à l'opposé de celle que défendent les dirigeants actuels des pays d'Amérique du Nord.

Pendant un point de presse sur les enjeux économiques, mardi, Donald Trump a déclaré que « la vague de mondialisation avait complètement détruit la classe moyenne ».

Il a ajouté qu'il désirait de nouvelles négociations sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Si les changements qu'il proposerait n'étaient pas acceptés, le candidat Trump évoque une éventuelle sortie des États-Unis de l'accord.

Sur les réseaux sociaux, le candidat républicain a attaqué son adversaire démocrate sur la question du libre-échange.

« Comment Hillary peut-elle donner la responsabilité de l'économie à son mari, alors qu'il est responsable de l'ALENA, le pire accord de l'histoire des États-Unis? » a-t-il écrit.

Hillary a déclaré en mai dernier que l'ex-président Bill Clinton serait responsable de l'économie si elle remporte l'élection.

La candidate démocrate présumée a toutefois elle aussi émis des réserves par rapport à l'ALENA.

Et le Partenariat transpacifique?

Le Canada, les États-Unis et le Mexique sont tous signataires de l'immense accord de libre-échange qu'est le Partenariat transpacifique. Tant Donald Trump qu'Hillary Clinton ont fait part de leur opposition à cette entente.

À lire : Tout ce que vous devez savoir sur le Partenariat transpacifique

Dans un document gouvernemental rendu public la semaine dernière, la présidence mexicaine a élaboré les sujets qu'allait évoquer de manière prioritaire Enrique Pena Nieto à l'occasion de sa visite au Canada. Parmi ceux-ci : « la défense contre les mesures unilatérales protectionnistes ».

Le professeur titulaire au département de sciences politiques de l'Université Laval Louis Bélanger affirme qu'une éventuelle présidence Trump pourrait avoir des conséquences négatives, tant pour Ottawa que pour Mexico.

Si M. Trump devient président et met en œuvre les politiques qu'il propose actuellement, que ce soit en matière de remise en question des accords de libre-échange, que ce soit en matière de contrôle des frontières ou de politiques d'immigration, il est clair que les choses vont être assez dramatiques.

Louis Bélanger, professeur en sciences politiques à l'Université Laval

En attendant l'élection présidentielle aux États-Unis, les dirigeants du Canada et du Mexique veulent profiter du Sommet des leaders nord-américains pour affirmer de nouveau la pertinence de l'intégration économique régionale. Un message essentiel, selon eux, surtout quelques jours après le vote pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

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