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Espagne : victoire du Parti populaire sur fond d'impasse politique

Le chef du Parti populaire, Mariano Rajoy, s'adresse à ses partisans après la victoire de son parti.

Le chef du Parti populaire, Mariano Rajoy, s'adresse à ses partisans après la victoire de son parti.

Photo : Reuters / Marcelo del Pozo

Associated Press

Les élections de dimanche en Espagne n'ont pas permis de clarifier l'avenir politique de la cinquième plus grande économie de l'Union européenne, les principaux partis ayant obtenu pratiquement le même score qu'aux élections de décembre, qui avaient entraîné une impasse politique de six mois.

Le Parti populaire, un parti conservateur qui a dirigé l'Espagne pendant les quatre dernières années, a encore une fois terminé premier, mais n'a pas réussi à obtenir la majorité de 176 sièges sur 350 requise pour former le gouvernement.

Après le décompte de 99,8 % des bulletins de vote, dimanche soir, le parti du premier ministre sortant récoltait 137 sièges au Parlement. C'est mieux que les 123 sièges obtenus en décembre, mais cela signifie encore une fois qu'il devra trouver des alliés s'il veut gouverner. Ses précédents efforts pour trouver des appuis parmi les autres partis après les élections de décembre sont restés vains.

Après l'annonce des résultats, le premier ministre sortant Mariano Rajoy a déclaré que son parti avait remporté le scrutin et a réclamé « le droit de gouverner ».

Le Parti socialiste s'est quant à lui classé deuxième, récoltant 22,75 % des voix et 85 sièges, selon le décompte du ministère de l'Intérieur. C'est cinq sièges de moins qu'en décembre, mais les socialistes ont maintenu leur influence en repoussant la menace que représentait l'alliance de gauche radicale.

La coalition Unidos Podemos - qui rassemble le parti de gauche Podemos, les communistes et les verts - s'est classée troisième, avec 71 sièges.

L'alliance, dirigée par le professeur de sciences politiques Pablo Iglesias, espérait déclasser les socialistes et mettre fin au bipartisme traditionnel du pays. Le Parti populaire et le Parti socialiste dirigent successivement l'Espagne depuis des décennies.

Le parti Ciudadanos, favorable au milieu des affaires, est arrivé en quatrième position, avec 32 sièges. D'autres petits partis ont remporté le reste des voix des quelque 36,5 millions d'électeurs.

Négociations difficiles en vue

Aucun parti n'ayant récolté suffisamment de sièges pour former le gouvernement, les politiciens devront retourner à la table de négociations. Cela pourrait s'avérer difficile, puisque l'Espagne n'a jamais eu de gouvernement de coalition.

Ciudadanos s'est dit ouvert à des pourparlers avec le Parti populaire et le Parti socialiste, mais refuse tout accord avec Unidos Podemos.

Antonio Barroso, un analyste du groupe de consultants en risque politique Teneo Intelligence, à Londres, s'attend à des négociations difficiles entre les partis dans les prochaines semaines.

« On espérait que ces élections apporteraient de la clarté et qu'un gouvernement serait formé rapidement, mais je ne crois pas que c'est ce qui va se passer », a dit M. Barroso.

Il pense qu'un troisième scrutin pourrait être possible, mais souligne que les politiciens feront probablement face à une forte pression pour éviter un tel scénario.

La campagne électorale de deux semaines a été marquée par la colère de la population face au taux de chômage élevé, aux compressions budgétaires dans certains services gouvernementaux appréciés, comme l'aide sociale et l'éducation, et au flot ininterrompu de scandales de corruption.

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