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Brexit : autopsie d’une crise qui ébranle l’Union européenne

Des partisans d'une sortie  de l’Union européenne (gauche) et des partisans de son maintien en son sein réagissent à l'annonce des résultats

Des partisans d'une sortie de l’Union européenne (gauche) et des partisans de son maintien en son sein réagissent à l'annonce des résultats

Photo : Toby Melville / POOL New / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des résultats imprévisibles, un pari risqué et perdu pour David Cameron, des négociations ardues en vue. Retour sur cette campagne clivante et aperçu du chemin laborieux qui attend le Royaume-Uni et le désormais club des 27 avec la spécialiste de l'Union européenne Laurie Beaudonnet.

« Je suis surprise, bien évidemment. Avec une telle marge, les résultats [52 % pour le Brexit et 48 % contre] ne prêtent pas à interprétation. »

— Une citation de  Laurie Beaudonnet, titulaire de la Chaire Jean Monnet « Euroscope » de l'Université de Montréal

Laurie Beaudonnet ne croit pas que l'Union européenne doive se blâmer de ne pas en avoir fait assez pour maintenir le Royaume-Uni en son sein.

« L'UE a toujours eu cette règle lors de référendums de ne pas intervenir », a-t-elle expliqué en entrevue sur les ondes de RDI.

Les États membres avaient déjà concédé certaines choses au premier ministre britannique David Cameron lors d'une période de négociations avant la campagne. « C'était assez clair du point de vue des 27 qu'il n'y avait plus de marge de manœuvre de ce côté », a-t-elle souligné.

Le premier ministre britannique David Cameron annonçant sa démission.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre britannique David Cameron annonçant sa démission.

Photo : Matt Dunham

Elle croit que les résultats - 51,9 % des voix en faveur du Brexit contre 48,1 % pour un maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE - s'expliquent surtout par des politiques nationales, fruits du jeu risqué auquel s'est livré David Cameron et qu'il a perdu.

« Il avait déjà promis un référendum lors de la campagne de 2010 qu'il n'avait pas été en mesure de tenir avec un gouvernement de coalition. [Pour se faire réélire aux élections de 2015], il a fait la même promesse pour rallier l'aile eurosceptique des conservateurs, mais aussi pour contrer les partis de l'extrême droite, en faveur du Brexit. »

Réélu, mais leader du camp du maintien du Royaume-Uni dans l'UE, il aura finalement été à l'origine de sa propre chute.

Pas de jeu de dominos à prévoir

Bien qu'il y ait d'autres forces eurosceptiques à l'œuvre dans le reste des pays membres de l'Union européenne, Laurie Beaudonnet doute qu'on assiste prochainement à un autre départ tel qu'un « Nexit » (mouvement de sortie des Pays-Bas) ou un « Frexit » (mouvement de sortie de la France évoqué par la chef du Front national Marine Le Pen).

« Même si on retrouve des propos eurosceptiques dans la classe politique, la population et les médias d'autres pays comme la Hongrie, ils n'ont pas les moyens économiques ou l'influence internationale du Royaume-Uni. »

— Une citation de  Laurie Beaudonnet, titulaire de la Chaire Jean Monnet « Euroscope » de l'Université de Montréal
Laurie Beaudonnet, titulaire de la Chaire Jean Bonnet « Euroscope » de l'Université de MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Laurie Beaudonnet, titulaire de la Chaire Jean Bonnet « Euroscope » de l'Université de Montréal

Photo : ICI Radio-Canada

Une UE à la carte

Pour contenir les mouvements eurosceptiques, l'UE pourrait se tourner vers une formule « à la carte », un concept déjà appliqué au Royaume-Uni, qui était membre de l'union politique, mais pas de l'union monétaire.

« En revanche, dit-elle, ce qu'on entend des grandes puissances comme la France et l'Allemagne, c'est que la solution viendrait plutôt d'un renforcement de la zone euro, donc oui, un menu à la carte, mais avec un noyau dur qui continue d'avancer. »

« La crise économique a rendu nécessaire une plus grande délégation de pouvoirs des pays vers l'UE. Toutes les capitales européennes se sont ralliées à cette idée-là dans la douleur. »

— Une citation de  Laurie Beaudonnet, titulaire de la Chaire Jean Monnet « Euroscope » de l'Université de Montréal

Jusqu'à deux ans de négociations à venir

Le successeur de David Cameron, qui a annoncé sa démission prochaine, va enclencher le processus de sortie en envoyant une lettre à l'UE pour activer l'article 50 du traité de Lisbonne. À partir de ce moment, le Royaume-Uni aura 2 ans pour négocier une entente avec les 27 autres États et les institutions européennes.

Deux traités de sortie à négocier :

  • Un sur les questions financières et sur le sort des ressortissants européens au Royaume-Uni et celui des citoyens britanniques dans l'UE
  • Un sur les traités de libre-échange

« Les négociations s'annoncent difficiles, avance Laurie Beaudonnet, car aucun État non membre de l'UE n'a accès au marché unique sans la réciprocité de la libre circulation. »

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