•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Onde de choc mondiale après la victoire du Brexit

Résumé de la journée avec notre correspondant Jean-François Bélanger
Radio-Canada

Les principaux responsables européens déplorent la décision des électeurs britanniques de quitter l'Union européenne (UE), mais respectent leur choix. Ils se disent, par ailleurs, prêts à entamer rapidement des négociations pour permettre au Royaume-Uni de se retirer du grand ensemble économique.

« Par un processus libre et démocratique, le peuple britannique a exprimé sa volonté de quitter l'Union européenne », ont déclaré par voie de communiqué le président du Conseil européen, Donald Tusk, le président du Parlement européen, Martin Schulz, le président du Conseil de l'Union européenne, Mark Rutte, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Nous regrettons cette décision, mais nous la respectons.

Les dirigeants de l'UE

Les résultats définitifs du référendum ont révélé que le camp du Brexit l'a remporté avec 51,9 % des voix, contre 48,1 % pour le camp en faveur du maintien dans l'UE. Le taux de participation s'est établi à 72,2 %.

Les leaders européens s'attendent maintenant à ce que le gouvernement britannique applique « dès que possible » la décision de ses citoyens, « aussi pénible que puisse être le processus ».

« Nous sommes prêts à ouvrir rapidement des négociations avec le Royaume-Uni sur les modalités et les conditions de sa sortie de l'Union européenne », ajoute le communiqué.

Le Royaume-Uni a décidé de tracer sa route de son côté. Je pense que les indicateurs économiques indiquent ce matin que cela va être une route difficile.

Martin Schulz, président de l'UE

Un coup porté à l'Europe

La chancelière allemande Angela MerkelLa chancelière allemande Angela Merkel Photo : Hannibal Hanschke/Reuters

« C'est avec regret que nous prenons acte de la décision de la majorité de la population britannique [...] C'est un coup porté à l'Europe, un coup porté au processus d'unification européenne », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel.

 « [La portée du Brexit pour le reste de l'Europe] va dépendre de manière cruciale de la manière dont nous, les 27 États de l'Union européenne, nous nous montrerons capables dans cette situation de ne pas tirer des conclusions rapides et simples du référendum en Grande-Bretagne, qui diviseraient encore plus l'Europe », a déclaré Mme Merkel.

Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort.

Donald Tusk, président du Conseil européen

M. Tusk a tenté de rassurer tout le monde en affirmant avoir été préparé à ce scénario négatif. « Aujourd'hui, au nom des 27 dirigeants [de l'UE], je peux dire que nous sommes déterminés à maintenir notre unité à 27 », a-t-il affirmé.

Jean-Claude Juncker a pour sa part clairement fait savoir qu'à son avis ce vote ne signifiait pas le début de la fin pour l'UE.

Pour un « sursaut » européen

« Le vote des Britanniques met gravement l'Europe à l'épreuve », a déclaré de son côté le président français, François Hollande, en évoquant la « perte de confiance des peuples dans le projet qu'elle porte ».

Aujourd'hui, c'est l'histoire qui frappe à notre porte, ce qui se joue, c'est la dilution de l'Europe.

Le président français François Hollande

Le président français a lancé une mise en garde contre le danger des populismes, en annonçant des initiatives de son pays pour générer un « sursaut » européen.

Redoutant également l'effet d'entraînement du Brexit, la chancelière allemande enjoint aux 27 États de l'UE d'éviter les « conclusions rapides et simples du référendum en Grande-Bretagne, qui diviseraient encore plus l'Europe ».

« Nous sommes de plus en plus confrontés à des populations qui ont des doutes quant à la direction qu'a pris le processus d'unification européenne », a-t-elle ajouté, « nous devons nous assurer que les citoyennes et citoyens sentent combien l'UE participe à l'amélioration de leurs vies personnelles. »

Elle invite la classe politique européenne à la réflexion. Passant de la parole aux actes, elle a convié le président Hollande, le premier ministre italien Matteo Renzi et le président du Conseil européen Donald Tusk à une rencontre à Berlin, lundi.

L'avertissement de Tsipras

Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, plaide également pour « un réveil » de l'Europe et un « changement de politique », au risque d'entrer dans « une voie dangereuse de régression pour nos peuples ».

« Le discours présomptueux des eurocrates enrage les peuples [...], nous avons besoin de changement des politiques et des mentalités pour dresser une barrière à l'euroscepticisme » et aux politiques nationalistes et d'extrême droite », a martelé M. Tsipras, qui a lui-même dû faire face aux velléités de certains de ses concitoyens de vouloir quitter l'Europe.

C'est une journée difficile qui confirme la crise d'identité en Europe et porte un coup à l'UE.

Alexis Tsipras, premier ministre de la Grèce

Cette victoire du Brexit doit être soit « le réveil du somnambule qui avance dans le vide, soit le début d'une voie dangereuse de régression pour nos peuples », a ajouté M. Tsipras, rappelant que « les politiques de rigueur extrême qui ont aggravé les inégalités » ou celles « de migrations à la carte » tout comme la fermeture de frontières ont contribué « à aggraver les inégalités et le fossé entre le nord et le sud de l'Europe ».

Le ministre des Affaires étrangères de la Pologne, Witold Waszczykowski, s'est aussi désolé de l'issue du scrutin. « C'est une mauvaise nouvelle pour l'Europe, pour la Pologne. C'est un grand dilemme pour les eurocrates. Nous voulons tous conserver l'UE, la question est de savoir sous quelle forme », a-t-il affirmé.

C'est arrivé parce que ce concept, qui a été créé il y a un certain temps, n'est plus populaire en Europe.

Witold Waszczykowski, ministre des Affaires étrangères de la Pologne

« Nous devons définir nos priorités et concevoir un nouvel avenir pour l'Europe », a fait savoir sur Twitter le premier ministre belge, Charles Michel.

« La décision des électeurs britanniques doit nous réveiller », a dit le ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni.

Sur le plan politique, c'est un moment où on ne peut pas rester sans réaction.

Paolo Gentiloni, ministre italien des Affaires étrangères
Le président espagnol Mariano RajoyLe président espagnol Mariano Rajoy Photo : Reuters TV / Reuters

En Espagne, le président du gouvernement Mariano Rajoy, croit que l'UE doit être réformée, mais qu'elle survivra à la sortie du Royaume-Uni. « L'Espagne est prête à supporter tout choc économique consécutif au Brexit », a-t-il ajouté.

Le chancelier fédéral de l'Autriche, Christian Kern, a dit craindre des effets économiques à long terme.

L'Europe va perdre son statut et son importance dans le monde à cause de la décision britannique.

Christian Kern, chancelier fédéral de l'Autriche

En Slovaquie, le ministre des Finances, Peter Kažimír, a dit sur Twitter qu'il n'y a aucune raison de paniquer.

Aujourd'hui marque un nouveau départ et c'est à nous d'en tirer le meilleur, pour tous les Européens.

Peter Kažimír, ministre des Finances de la Slovaquie

« Notre relation particulière » perdurera, assure Obama

Le président américain Barack ObamaLe président américain Barack Obama Photo : Kevin Lamarque/Reuters

Le président américain Barack Obama a assuré, lors d'un entretien téléphonique avec David Cameron, que la relation entre les États-Unis et la Grande-Bretagne ne subirait pas l'impact du Brexit.

« Alors que la relation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne va changer, il y a une chose qui ne sera pas modifiée, c'est la relation particulière qui existe entre nos deux nations », a-t-il confirmé.

Il a aussi exprimé sa confiance envers une sortie « sans heurts », tout en garantissant que l'Union européenne resterait elle aussi  un partenaire indispensable pour les États-Unis.

Nos équipes économiques et financières resteront en contact étroit au moment où nous sommes concentrés sur la croissance économique et la stabilité financière.

Le président américain Barack Obama

Barack Obama, tout comme le premier ministre du Canada, avait plutôt encouragé les Britanniques à demeurer dans l'UE.

Justin Trudeau a affirmé par voie de communiqué que le Canada allait continuer à tisser des liens avec les deux parties.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et La Presse canadienne

International