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Brexit : les marchés subissent les secousses de l'incertitude

Les marchés boursiers se sont effondrés après la victoire du Brexit.

Photo : Russell Boyce/Reuters

Reuters

Plusieurs des grandes banques centrales de la planète se sont efforcées vendredi de rassurer des marchés pris dans la tourmente après le choix de la Grande-Bretagne de quitter l'Union européenne (UE), allant jusqu'à intervenir directement sur le marché des changes.

La Banque d'Angleterre (BoE) s'est ainsi déclarée prête à débloquer 250 milliards de livres sterling (450 milliards de dollars) supplémentaires ainsi que des liquidités « importantes » en devises, et son gouverneur, Mark Carney, a assuré que l'institution prendrait des mesures supplémentaires en cas de besoin.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé qu'elle se tenait prête à injecter si nécessaire des liquidités en euros et en devises. « À la suite du résultat du référendum au Royaume-Uni, la Banque centrale européenne surveille attentivement les marchés financiers et entretient des contacts étroits avec d'autres banques centrales », écrit-elle dans un communiqué.

La Réserve fédérale américaine s'est pour sa part dite disposée à approvisionner les marchés en dollars en coordination avec ses homologues.

Les banquiers centraux et les ministres des Finances du G7 ont tenu une téléconférence à l'issue de laquelle ils ont répété qu'une volatilité excessive et des mouvements désordonnés des taux de change pouvaient nuire à la stabilité économique et financière, ajoutant être prêts à intervenir.

En dehors du Groupe des Sept, la Banque populaire de Chine (BPC) s'est engagée à préserver la stabilité du yuan et à assurer une liquidité généreuse. La livre sterling est tombée à son plus bas niveau depuis 1985.

Les bourses mondiales ont plongé au lendemain du Brexit :

  • Tokyo : -7,92 %
  • Londres : -3,15 %
  • Paris : -8,04 %
  • Francfort : -6,82 %
  • Madrid : -12,35 %


L'impact a été plus limité à la bourse de New York, mais les principaux indices ont tout de même terminé la journée en baisse :

  • Dow Jones : -3,38 %
  • S&P-500 : -3,61 %
  • Nasdaq Composite : -4,12 %

Les banques centrales réagissent

Les banques centrales, qui n'ont pas oublié la crise financière de 2007-2009, craignent un assèchement rapide de la liquidité des marchés en cas de fortes variations des cours, ce qui priverait les entreprises de moyens de financement, au risque de peser sur la croissance économique.

L'économie britannique montrait déjà des signes de ralentissement avant le référendum de jeudi et Carney avait averti qu'elle risquait une nouvelle récession en cas de victoire du camp du « Leave ».

L'agence de notation Fitch a de fait déclaré vendredi que la Grande-Bretagne s'exposait désormais à des perspectives de croissance et d'investissement altérées et ajouté que son statut de place financière internationale pourrait aussi en souffrir.

L'agence de notation Moody's annonce vendredi avoir abaissé la perspective pour la dette souveraine du Royaume-Uni, qui passe de « stable » à « négative », tout en maintenant sa note à « Aa1 », après la décision du pays de sortir de l'Union européenne.

Moody's précise dans un communiqué que le vote britannique en faveur d'un Brexit lors du référendum de jeudi ouvrirait une phase prolongée d'incertitude pour le Royaume-Uni, avec des implications négatives pour les perspectives de croissance à moyen terme du pays.

L'agence a par ailleurs confirmé sa note « Aaa » sur la dette de l'Union européenne et maintenu sa perspective « stable ».

Ewald Nowotny, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a observé que les marchés commençaient déjà à se stabiliser et que la panique n'était pas justifiée.

De fait, les rendements des emprunts à 10 ans italien et espagnol, en hausse d'une quarantaine de points de base en début de journée, avaient pratiquement rétrocédé l'intégralité de leurs gains à la mi-journée.

Signe du caractère exceptionnel de la situation financière, la Banque nationale suisse (BNS) a annoncé être intervenue sur le marché des changes pour faire baisser le franc suisse, l'une des valeurs refuge privilégiées par les investisseurs en cas de turbulences, et elle a promis de rester « active ».

Des opérateurs ont par ailleurs dit avoir observé des signes d'intervention de plusieurs grandes banques centrales asiatiques sur les marchés. La Banque de Corée aurait ainsi vendu des dollars pour freiner la chute du won, et la Reserve Bank of India aurait fait de même devant la dépréciation de la roupie.

Les plus grandes banques centrales du monde - la Réserve fédérale américaine, la BCE, la BoE, la BNS et la Banque du Japon - ont établi entre elles des « lignes de swaps » qui assurent au marché des changes un approvisionnement en devises en cas de perturbations.

Utilisés pour la première fois à titre exceptionnel après les attentats du 11 septembre 2001, ces dispositifs d'urgence ont été pérennisés après la crise financière mondiale de 2008 et peuvent être activés à tout moment à la demande de l'une des banques centrales concernées.

Économie