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Le pont Brabant-Philippe réduit en cendres

L'incompréhension prédomine après l'incendie du pont Brabant-Philippe.

Photo : Radio-Canada/Giacomo Panico

Radio-Canada

Le pont Brabant-Philippe, un pont couvert piétonnier dans le secteur de Templeton, à Gatineau, qui a été plusieurs fois la cible de vandales dans les dernières années, a été de nouveau détruit par les flammes dans la nuit de lundi à mardi.

Il pourrait s'agir d'un incendie criminel, selon la police de Gatineau, qui a dépêché son poste de commandement sur place et fait appel au public pour faire avancer l'enquête.

Toute personne détenant de l'information dans cette affaire est invitée à prendre contact avec les enquêteurs, mardi, dans le stationnement de l'aréna Campeau.

Des policiers circuleront aussi en bateau sur la rivière Blanche à la recherche d'indices pouvant les mener à une piste.

Il s'agit de la quatrième fois qu'un incendie touche le pont de bois depuis 2011.

La structure est complètement détruite, selon le Service de sécurité incendie de Gatineau, qui a été appelé sur les lieux, rue des Sables, vers 2 h 45 mardi matin.

Les dommages sont évalués à 1 million de dollars.

Des élus en colère

Pour le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, un tel acte est incompréhensible. Il déplore la perte d'un joyau pour la ville.

C'est de la colère profonde, sinon de l'écoeurement [...] C'est de la bêtise humaine.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

D'ores et déjà, l'élu souhaite reconstruire la structure, tout en mettant en place des mesures de sécurité supplémentaires. Toutes les options seront évaluées, dont celle de reconstruire le pont dans une autre matière que le bois.

« Il y a des ponts de bois qui ont survécu pendant un siècle », souligne toutefois le maire. 

Pour moi, il n'est pas question de ne pas reconstruire. C'est trop beau, ce qu'on a là.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Le maire espère par ailleurs que la population aidera à trouver les coupables de cet incendie, qui pourrait être d'origine criminelle.

Le conseiller municipal du district de la Rivière-Blanche, Jean Lessard, se montre lui aussi abasourdi par les événements.

Je ne suis pas capable de m'expliquer pourquoi ils ne lâchent pas ce pont-là. [...] C'est complètement absurde.

Jean Lessard, conseiller municipal du district de la Rivière-Blanche

Quatre incidents en cinq ans

Le pont de bois Brabant-Philippe a été la proie des flammes le 30 décembre 2011 (archives).Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le pont de bois Brabant-Philippe a été la proie des flammes le 30 décembre dernier.

En décembre 2011, le pont Brabant-Philippe avait été complètement détruit par un incendie allumé par quatre adolescents.

Une structure plus solide avait ensuite été reconstruite en 2015. On y avait aussi pulvérisé un produit pour réduire les risques de feu.

Ce traitement ignifuge avait permis de réduire les dégâts quand des vandales avaient tenté d'y allumer un incendie en juillet 2015.

Plus tôt ce mois-ci, le pont a de nouveau été endommagé par les flammes. Il s'agissait d'un incendie d'origine criminelle. 

Des bénévoles « dévastés »

Le pont Brabant-Philippe en juin 2015Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Il est maintenant possible de traverser le nouveau pont Brabant-Philippe.

Photo : Radio-Canada

Inauguré en 2007, le pont Brabant-Philippe est le premier pont couvert en Amérique du Nord construit au 21e siècle.

Il s'agit de l'une des trois infrastructures enjambant la rivière Blanche qui mènent à un sentier destiné aux amateurs de plein air.

L'ouvrage avait été bâti par des bénévoles de la Corporation de l'aménagement de la rivière Blanche. Ils avaient mis plus de trois ans à le terminer.

« Je suis vraiment en colère et dévasté devant la vue de ce spectacle qui, pour moi, est inacceptable de la part de quelqu'un qui a tout mis en place pour fabriquer, bâtir à bout de bras avec des bénévoles un pont qui représentait un joyau pour la communauté », affirme le président de l'organisme, Eugène Boudreau.

C'est un deuxième coup dans les côtes et on se pose la question à savoir si on devrait continuer à faire des travaux sur le terrain de la Ville.

Eugène Boudreau, président de la Corporation de l'aménagement de la rivière Blanche

Il dit qu'il ne veut pas se laisser abattre « par un voyou qui n'aime pas ce que l'on fait », et que ses collègues et lui ont l'intention de poursuivre d'autres projets. Cependant, il admet éprouver un certain dégoût à la suite de l'incident de la nuit dernière.

« C'est sûr qu'on va continuer à travailler, mais avec la même ardeur? Pas sûr », prévient M. Boudreau.

Des mesures de sécurité rehaussées

Eugène Boudreau dit qu'il a l'intention de demander à la Ville de Gatineau de prendre des dispositions permanentes pour assurer la sécurité des autres infrastructures conçues par la Corporation, afin qu'elles ne connaissent pas le même sort que le pont Brabant-Philippe.

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a indiqué néanmoins qu'il n'était pas de sa responsabilité de surveiller 24 heures sur 24 des infrastructures, qu'elles soient privées ou publiques.

La police de Gatineau assure la sécurité des alentours du pont Brabant-Philippe.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La police de Gatineau assure la sécurité des alentours du pont Brabant-Philippe.

Photo : Radio-Canada/Giacomo Panico

« Cependant, compte tenu des circonstances, nous y portons une attention particulière », précise le porte-parole du SPVG, Pierre Lanthier, dans une déclaration écrite.

Le Service de gestion des biens immobiliers de la Ville de Gatineau a confirmé que des agents de sécurité d'une firme privée surveilleront les deux ponts couverts restants, de 21 h à 5 h, dès mardi soir.

Cette solution temporaire coûtera environ 1200 $ par semaine à la Municipalité. Des discussions ont actuellement lieu afin de trouver une stratégie de sécurité adaptée à plus long terme.

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