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2015, année record du nombre de déracinés dans le monde

Les guerres et les persécutions ont fait l'an dernier 65,3 millions de déracinés. Voici le triste sort de ces hommes, femmes et enfants, en images.
Reuters

Les guerres et les persécutions ont fait l'an dernier 65,3 millions de déracinés qui se sont souvent heurtés à des frontières infranchissables, à la xénophobie ou à des législations de plus en plus dures, a annoncé lundi le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Ce total sans précédent, qui représente une augmentation de 50 % en cinq ans et de près de 6 millions par rapport à 2014, signifie qu'une personne sur 113 a aujourd'hui le statut de demandeur d'asile, de déplacé ou de réfugié.

Ces derniers ont été 21,3 millions en 2015 et 51 % étaient des enfants, poursuit le HCR dans un rapport intitulé Tendances mondiales, publié à l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés.

La Syrie avec 4,9 millions, l'Afghanistan avec 2,7 millions et la Somalie avec 1,1 million représentent à eux trois plus de la moitié du total.

« Le message adressé par les réfugiés et les migrants qui traversent la Méditerranée et arrivent sur les rivages de l'Europe est que, si on ne résout pas les problèmes, les problèmes nous rattrapent », a souligné Filippo Grandi, haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés, lors d'une conférence de presse à Genève.

C'est regrettable qu'il ait fallu si longtemps aux populations des pays riches pour le comprendre. Il faut une action, une action politique, pour mettre fin aux conflits. C'est la meilleure façon d'éviter l'afflux de réfugiés.

Filippo Grandi, haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés

Deux millions de demandes d'asile - un record - ont été enregistrées en 2015 dans les pays industrialisés et près de 100 000 concernent des enfants non accompagnés ou séparés de leur famille, un chiffre également sans précédent qui est trois fois supérieur à celui de 2014.

Prendre ses responsabilités

L'Allemagne arrive en tête du classement avec 441 900 demandes, dont un tiers émane de Syriens. Elle est suivie des États-Unis, avec 172 700 demandeurs, dont beaucoup fuient les violences liées au trafic de drogue au Mexique et en Amérique centrale.

Cependant, 86 % des réfugiés se trouvent dans des pays en développement. La Turquie, premier pays d'accueil avec 2,5 millions de Syriens, est suivie du Pakistan et du Liban.

« La montée de la xénophobie devient malheureusement l'une des principales caractéristiques de l'environnement dans lequel nous travaillons », a poursuivi Filippo Grandi.

« Des obstacles se dressent partout et je ne parle pas seulement de murs, mais d'obstacles législatifs de plus en plus nombreux, y compris dans les pays industrialisés qui ont longtemps été à la pointe de la défense des droits fondamentaux liés à celui de l'asile. »

« L'arrêt de cet afflux ne signifie pas que le problème des déplacés est réglé », a-t-il souligné, évoquant la fermeture de la route des Balkans et l'accord que Bruxelles et Ankara ont conclu en mars pour renvoyer les réfugiés arrivés en Europe via la Turquie, Syriens compris.

Un accord européen prévoit en outre la délocalisation dans d'autres États membres de 160 000 réfugiés arrivés en Grèce et en Italie, mais seulement 2 406 500 y ont effectivement été accueillis.

« Il n'y a pas d'alternative pour l'Europe. L'Europe continuera à recevoir des demandeurs d'asile. Tout le monde doit maintenant prendre ses responsabilités », a ajouté le haut-commissaire.

Le Canada et le Québec font leur part

Selon Stéphan Reichhold, directeur général de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, le Canada a donné l'exemple sur la scène internationale avec son ambitieux programme d'accueil de 25 000 réfugiés syriens appuyé par le gouvernement Trudeau.

« Le Canada a fait la démonstration cet hiver que s'il y a une volonté politique, que les astres s'alignent bien et qu'on a les ressources, on arrive à faire des choses importantes [...] Si 100 pays prenaient 25 000 réfugiés, on réglerait le problème des gens qui doivent être réinstallés. C'est aussi bête que ça », soutient-il.

Stéphan Reichhold explique que « la province est l'État qui accueille le plus grand nombre de réfugiés réinstallés en Occident » avec des cibles précises chaque année. Le Québec dispose de son propre programme de réinstallation des réfugiés, avec des mesures adaptées à leurs besoins, comme les cours de francisation. Cette année, le Québec devrait accueillir 2500 réfugiés.

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