•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Vieillissement de la population : un expert américain propose des résidences communautaires

Un expert américain propose de construire des résidences communautaires pour les aînés
Radio-Canada

Un gériatre américain, le Dr Bill Thomas, condamne l'idée d'ajouter des places en foyer de soin d'ici les 20 prochaines années pour répondre à la demande au Nouveau-Brunswick. 

Ce docteur est reconnu comme étant un expert dans son domaine. Le Wall Street Journal le considère d'ailleurs comme l'un des 10 plus grands visionnaires des soins aux personnes âgées.

Il était de passage à l'Université de Moncton vendredi pour exposer sa vision du vieillissement de la population. 

Le Dr Bill Thomas, un gériatre américain.Le Dr Bill Thomas, un gériatre américain. Photo : ICI Radio-Canasa

« Les institutions, comme les foyers de soins ou les hôpitaux, ne sont pas de bons endroits pour les aînés, nous avons fait des résidences communautaires », affirme-t-il.

Bill Thomas aimerait que le concept soit importé au Canada, parce que les besoins sont les mêmes, selon lui.

Des résidences communautaires au lieu des foyers

Son modèle est appelé résidence « Green House », d'une capacité de 10 personnes maximum. Les aînés y vivent comme chez eux à la maison.

Les infirmières se déplacent directement, tous les jours.

Près de 300 de ces résidences sont construites, ou sont sur le point d'être construites aux États-Unis. Elles sont surtout situées en régions rurales, un peu comme des villages de résidences communautaires, à proximité des familles.

« C'est une communauté d'aînés, avec une grande table pour se rassembler, la nourriture est cuisinée à la maison comme dans une grande famille », explique le médecin.

Il assure que des aînés en fauteuil roulant y ont recommencé à marcher, parce que les distances sont plus petites que dans les grandes institutions. Ils y regagneraient de la force dans les jambes, vivraient plus âgés et seraient plus heureux.

Selon Bill Thomas, les coûts de fonctionnement sont sensiblement les mêmes que dans les foyers de soins traditionnels.

Il affirme que les personnes âgées vivant dans ces petites résidences sont moins promptes à aller dans les hôpitaux que celles logées dans les grandes établissements.

« Aux États-Unis, nous savons que les personnes âgées ne veulent pas vivre dans des grandes institutions. Avec le même montant, on peut avoir notre modèle ou l'ancien, celui des foyers de soin. C'est mieux de dépenser de l'argent pour quelque chose que les gens veulent vraiment », croit le médecin.

Il ne croit pas que le Nouveau-Brunswick doit continuer de construire des foyers de soins.

« Je pense que c'est une erreur, construire des grandes institutions va ramener le Nouveau-Brunswick en arrière, aux États-Unis nous avons arrêté de construire ce genre d'infrastructure », assure le Dr Thomas.

Une nouvelle approche

Judy Lane, qui accompagne le Dr Thomas, est gestionnaire de deux foyers de soins à Saint-Jean et à Quispamsis.

Elle a adopté la philosophie du Dr Thomas il y a huit ans et constate les résultats.

« Nous avons réduit le coût des médicaments de moitié, nos personnes âgées sont plus éveillées, elles participent aux activités », décrit-elle.

Elle espère construire le premier modèle de résidence de type Green House au Canada et souhaite que le gouvernement réponde à l'appel.

Le Nouveau-Brunswick est véritablement à la croisée des chemins avec une des populations qui vieillit les plus vites au pays. Selon la vérificatrice générale, 10 000 lits devront être nécessaires d'ici les 20 prochaines années pour répondre à la demande.

Une large consultation est en cours pour établir une nouvelle stratégie sur le vieillissement, l'occasion d'étudier les autres possibilités.

D'après les informations de Nicolas Steinbach

Acadie

Santé