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Hall & Oates, la machine à succès qui roule encore

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Le duo Hall & Oates

Photo : Mick Rock

Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Depuis 1972, le duo formé de Daryl Hall et de John Oates a inscrit 22 chansons parmi les 20 premières positions du palmarès Billboard, soit plus que Simon and Garfunkel et les Everly Brothers. À l’approche de leur retour à Montréal après 10 ans d’absence, on discute de musique et de la vie avec John Oates.

Philippe Rezzonico

Un texte de Philippe Rezzonico
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Officiellement, c’est l’album Whole Oats, paru en 1972 sous l’étiquette Atlantic, qui marque le début de la collaboration des artistes originaires de Philadelphie. Mais dans les faits, Hall et Oates sont des auteurs-compositeurs et interprètes qui célèbrent un demi-siècle de carrière cette année.

Hall, au sein des Temptones, et Oates, avec The Masters, ont commencé à graver des chansons dès 1966. Des groupes où les influences de la soul et de toute l’écurie de Motown, les Temptations en tête, étaient omniprésentes.

« C’est fou, n’est-ce pas?, fait remarquer Oates, qui semble se pincer au bout du fil quand on lui rappelle la chose. On a commencé à faire de la musique dans les années 1960… Je suis redevable chaque jour d’avoir pu en faire mon métier et que ça intéresse encore les gens aujourd’hui. C’est une aventure en soi. »

L’aventure, ma foi, aurait pu ne jamais se concrétiser. Du moins, si Oates avait terminé ses études en journalisme.

« C’est marrant que vous me parliez de ça, parce que je suis en train de terminer ma biographie, qui va s’intituler Changes of Season. Ça ne sera pas une biographie de Hall and Oates comme telle, mais un livre qui retrace un parcours sur bien des décennies. Je prévois le sortir l’an prochain. »

« Cela dit, je me suis toujours vu comme quelqu’un qui écrit, en raison de la nature de mon travail. Je n’ai eu qu’à balayer les années de poussière [accumulée] sur mes cours de journalisme pour mener mon projet à bien. »

— Une citation de  John Oates

L’avalanche de succès

Durant les années 1970, quand la pop et le rock progressif cohabitaient avec de nouveaux genres musicaux tels que le punk et le disco, le duo composait des chansons comme She’s Gone (no 7, 1973), Sara Smile (no 4, 1975) et Rich Girl (no 1, 1976) où les qualités d’écriture et la richesse de la musique s’apparentaient aux univers soul et R’n’B.

(Source : YouTube/hallandoatesVEVO)

Puis, au tournant des années 1980, les chansons de Hall and Oates sont devenues plus pop que jamais, dotées de refrains accrocheurs et enrobées de claviers. Kiss on My List (1980), Private Eyes (1981), I Can’t Go for That (No Can Do) (1981), Manheater (1982) et Out of Touch (1982), pour ne nommer que celles-là, se sont hissées à la première position des palmarès.

Rarement un groupe a-t-il obtenu des succès avec des chansons dont la facture musicale est à ce point différente. Écoutez successivement She’s Gone et Private Eyes en vous demandant s’il ne s’agit pas de deux groupes distincts…

« Nous sommes tous deux polyvalents et nous n’aimons pas faire du sur-place. Il y a aussi l’environnement qui influence clairement. Nous sommes tous deux de Philadelphie, mais nous avons déménagé à New York. Je suis maintenant au Colorado. Daryl a vécu en Angleterre. Tous les voyages façonnent notre approche de la musique. »

— Une citation de  John Oates

Il faut aussi noter que les deux hommes ont été parmi les premiers artistes à se servir d’un studio comme s’il s’agissait d’un membre du groupe à part entière.

« Nous avons commencé à enregistrer des chansons à l’époque de l’équipement analogue des années 1960, pour nous retrouver devant des consoles digitales dans les années 1980. Pour nous, le studio a toujours été l’occasion de nous servir des avancées technologiques. On s’est servis de synthétiseurs comme d’autres se servent d’une guitare électrique ou acoustique. »

« Mais jamais on ne l’a fait pour faire le spectacle ou pour faire de l’esbroufe. Ce sont toujours les chansons qui ont dicté la marche à suivre. Pas le contraire. Si c’est un bongo et un triangle que ça nous prend pour la chanson, on va s’en servir. S’il faut 30 instruments à cordes, on va amener un orchestre en studio. Nous ne sommes pas différents des ouvriers qui plongent la main dans leur coffre à outils pour prendre celui qui correspond le mieux à la tâche. »

La bonne entente

On ne compte plus les ruptures acrimonieuses au sein des duos et des groupes pop et rock. Les amis de Philadelphie ont eu leurs différends et ils ont pris des pauses, mais jamais ils n’ont vécu des crises majeures dignes de celles de Paul Simon et d’Art Garfunkel, des frères Phil et Don Everly ou des frangins d’Oasis. Quel est leur secret?

« Nous sommes à la fois très similaires et très différents. Les similitudes, on les trouve sur le plan musical. On voit les choses de la même façon et nous avons une sensibilité comparable dans notre approche à la musique.

« En revanche, nous sommes très différents sur le plan personnel, dans ce que l’on recherche dans la vie. Bref, nos personnalités ne sont jamais dans le chemin de l’autre. Daryl est solide sur certains aspects, moi sur d’autres. Le partage du travail se fait très bien ainsi, et notre relation est pas mal celle de deux frères. Moi qui n’en ai pas. »

La pause studio

De 1972 à 1984, Daryl Hall et John Oates ont mis en marché 12 albums. Un rythme de production infernal, peu importe l’époque. Depuis 2004 toutefois, seuls trois disques-DVD gravés en spectacle ont vu le jour, hormis un disque de Noël, en 2006. On sait que Hall est bien occupé avec son émission web Live From Daryl’s House depuis 2007 et qu’il souffre de la maladie de Lyme, mais encore…

« Nous avons composé tant de chansons que nos succès ont porté ombrage à une bonne partie de notre répertoire. C’est un peu pour ça que l’on se dit que ce n’est pas la peine d’en écrire de nouvelles, vu qu’il y a tant de chansons que nous n’interprétons plus sur scène. Et nos projets personnels nous permettent de demeurer sains. »

Est-ce la raison pour laquelle votre tournée est essentiellement un enchaînement de succès radiophoniques?

« Oui. Parce que j’estime que nous avons la responsabilité professionnelle d’offrir au public ce qu’il veut entendre. Nous savons que certains de nos vieux fans aimeraient entendre des chansons plus méconnues et qui nous plaisent à nous aussi, mais le public, et surtout notre jeune public qui nous a découverts par l’entremise d’Internet, veut entendre les succès. »


Daryl Hall et John Oates au Centre Bell, le mardi 21 juin. Première partie : Mayer Hawthorne.

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