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À Choum, de Guillaume Campeau-Vallée

L'auteur Guillaume Campeau-Vallée

L'auteur Guillaume Campeau-Vallée

Photo : Rodolphe Beaulieu-Poulin

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Guillaume Campeau-Vallée est né à Trois-Rivières. Il a grandi à Yamachiche et à Bujumbura (en Afrique), mûri à Montréal, et habite aujourd'hui à Val-David. Il fait partie des 20 auteurs en lice pour le Prix du récit Radio-Canada 2016.

Son récit inédit À Choum réussit « à décrire le désert la nuit, à révéler l'état d'âme du narrateur, à provoquer une réflexion sur la route entre "ici et là-bas" et "le bonheur inouï d'être exactement nulle part et de ne plus aller nulle part", qui n'est pas sans évoquer Saint-Exupéry dans Vol de nuit ». (Madeleine Dahlem, lectrice 2016)

En voici les premières lignes :

J'étais assis dos au mur. Un mur recouvert à la chaux vive, très poudreux et très blanc. La chaleur était si suffocante en ce début d'avant midi que je sentais la poussière du mur coller contre mon dos, alors même que toute la poussière ambiante collait sur mon visage. Autour de moi, le désert. Devant moi, le port de la ville, occupé par des épaves de chalutiers noircies par le sel et le soleil.

Le mur formait une enceinte inondée de sable qui offrait juste assez d'ombre pour qu'on l'appelle la "gare". Une poignée de passagers l'avait investi avec des bagages de toutes sortes. Des petits réchauds au charbon de bois étaient alimentés sans fin pour préparer le millième thé de la journée, toujours brulant, amer et sucré. De jeunes vendeurs ambulants semblaient avoir renoncé à vendre leurs insupportables chewing-gums et restaient là, sans errer ni attendre, sans autre espoir que de voir le jour baisser.

Posé sur l'unique rail, le train attendait depuis des heures, des jours peut-être. Plusieurs centaines de wagons-bennes prêts à retourner à la mine. De grands conteneurs d'acier à aire ouverte, épuisés d'avoir livré leurs tonnes de minerai. La seule raison d'être du train le plus long du monde est de transporter de la roche concassée dans des cargos chinois. C'est ici que la riche terre d'Afrique devient propriété des dragons asiatiques.

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