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L'inclusion au postsecondaire : l'art de réussir avec un trouble d'apprentissage

Des étudiants en classe

Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick et l'Université de Moncton ont vu le nombre d'étudiants vivant avec un défi d'apprentissage ou un handicap monter en flèche sur leurs campus ces dernières années.

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

De plus en plus, les universités et collèges du Nouveau-Brunswick sont appelés à offrir davantage de ressources pour les étudiants qui connaissent des difficultés d'apprentissage ou qui ont des besoins spéciaux. Ces anciens élèves des classes ordinaires à l'école ont reçu un appui toute leur vie à l'école, et tentent leur chance dans un établissement postsecondaire.

Un texte de Julie-Anne LapointeTwitterCourriel

Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick et l'Université de Moncton ont vu le nombre d'étudiants vivant avec un défi d'apprentissage ou un handicap monter en flèche dans leurs campus ces dernières années.

Si je n'avais pas de tutorat, de lectorat humain ou de temps supplémentaire, je ne pense pas que je serais encore au collège.

Une citation de :Isabelle Léger, étudiante au CCNB de Dieppe

Ces étudiants, comme Isabelle Léger, au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick à Dieppe, racontent que le défi est parfois grand dans un établissement postsecondaire quand on est atteint d'un trouble d'apprentissage. Isabelle Léger a des problèmes de mémoire qui l'obligent à avoir recours, par exemple, à des preneurs de notes dans ses cours. « Je trouve ça quand même difficile, mais j'ai beaucoup de support. [Les ressources] sont beaucoup là pour m'aider. »

Troubles d'apprentissage : des étudiantes témoignent

Selon la directrice par intérim du Service d'appui aux étudiantes et étudiants de l'Université de Moncton, Carole Essiembre, cette montée de l'intérêt des élèves pour les études postsecondaires est directement liée au fait qu'on encourage davantage l'inclusion de tous les élèves dans les classes de la province.

« C'est grâce à l'inclusion scolaire et au dépistage très tôt en milieu scolaire des troubles d'apprentissage, souligne Carole Essiembre. Ces élèves-là maintenant sont capables de suivre le programme régulier. »

Étudiants avec un handicap ou besoins spéciaux
Université de Moncton
- 2003-2004 : 19
- 2015-2016 : 214

Ces étudiants qui fréquentent l'université ou les collèges ont été épaulés toute leur vie par des enseignants, enseignants-ressources et aides-enseignants dans les classes ordinaires, comme on le fait depuis l'adoption du modèle d'inclusion au Nouveau-Brunswick, il y a 30 ans.

Le modèle d'inclusion a évolué depuis ses débuts. Aujourd'hui, aucun élève n'est mis de côté en raison d'un handicap ou d'un besoin particulier. On l'inclut plutôt dans le groupe et on cherche à l'appuyer en salle de classe, malgré son défi d'apprentissage.

Les centres d'appui aux étudiants : la clé de la réussite

Pour répondre à la demande croissante d'étudiants présentant des défis d'apprentissage ou des besoins spéciaux, l'Université de Moncton et le CCNB ont multiplié les ressources offertes aux étudiants pour les accompagner lors de leurs études.

Pour l'année 2015-2016, 1470 examens ont été écrits au local du Centre d'accès et de soutien à l'apprentissage de l'Université de Moncton, au campus de Moncton seulement.

Un centre d'appui aux études leur offre notamment la possibilité de faire un examen ou un travail dans un local sans distraction, ou encore avec des outils spécialisés comme un ordinateur pour lire les textes. Des conseillers en intégration, coordonnateurs des examens ou spécialistes en technologie d'aide sont disponibles pour donner un coup de pouce aux étudiants qui en ont besoin.

Jessica Smyth, étudiante en sciences infirmières de l'Université de MonctonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jessica Smyth, étudiante en sciences infirmières de l'Université de Moncton

Photo : ICI Radio-Canada/Julie-Anne Lapointe

Jessica Smyth, étudiante en sciences infirmières à l'Université, explique qu'il s'agit d'une option très utile pour elle qui est atteinte de dyslexie. Le service lui permet d'entendre les questions de l'examen à l'aide d'écouteurs et d'un programme spécialisé à l'ordinateur.

L'inconvénient, cependant, est de souvent devoir répondre aux questions des autres étudiants. « C'est arrivé, parfois, qu'il fallait que me je justifie, [certains] pensaient que je n'étais pas allée à l'examen, que j'avais eu un zéro. »

Se motiver malgré des préjugés

Pourquoi se pousser à poursuivre des études à l'Université ou au collège en sachant qu'il faudra travailler beaucoup plus fort que d'autres pour réussir? Des étudiants atteints de troubles d'apprentissage confient que leur défi en salle de classe les a souvent davantage motivés à se surpasser.

Ce qui te passionne, fais-le. Si tu veux être un architecte, sois-le. Même si tu as un trouble d'apprentissage ou si tu penses que tu aurais de la difficulté, suis ton coeur.

Une citation de :Audrey Sonier, étudiante au CCNB de Dieppe

Audrey Sonier, étudiante en désign intérieur au CCNB de Dieppe, dit qu'elle a voulu montrer aux gens que son trouble d'apprentissage, la dyslexie-dysorthographie, n'allait pas dicter sa vie. C'est ce qui l'a poussée à s'inscrire au collège.

Audrey Sonier, étudiante au CCNB de DieppeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Audrey Sonier, étudiante au CCNB de Dieppe

Photo : ICI Radio-Canada/Julie-Anne Lapointe

« Pour me surpasser et montrer aux autres que ce n'est pas parce que tu as un trouble d'apprentissage que tu ne peux pas aller aux études ou que tu ne feras rien de ta vie. Ce n'est vraiment pas ça! », dit-elle.

Audrey Sonier ne craint pas ce qui l'attend après les études. Comme d'autres étudiants, elle a développé des façons de faire pour relever les défis de son trouble d'apprentissage au fil des ans. Ces compétences la suivront toute sa vie.

« Je n'ai vraiment pas peur. Je sais que dans le marché du travail, je suis sûre que je vais être entourée de personnes qui vont m'aider. On va être une équipe. On va s'entraider. Je n'ai vraiment pas d'inquiétude. »

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