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Jardiner le patrimoine

Yves Gagnon tient une botte de radis Cherry Belle dans les Jardins du Grand-Portage, à Saint-Didace

Yves Gagnon tient une botte de radis Cherry Belle dans les Jardins du Grand-Portage, à Saint-Didace.

Photo : ICI Radio-Canada/Michelle Raza

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les semences patrimoniales ont la cote depuis quelques années au Québec, tant auprès des jardiniers du dimanche que des pros du potager. Pour plusieurs, c'est une façon de sauvegarder une partie de leur patrimoine horticole.

C'est le cas d'Yves Gagnon, copropriétaire avec sa conjointe, Diane Mackay, des Jardins du Grand-Portage, à Saint-Didace, dans Lanaudière. Ce passionné d'horticulture produit près de 200 types de semences, dont plusieurs semences patrimoniales.

« On a décidé de produire des semences il y a une vingtaine d'années, en réaction à l'avènement des OGM, explique Yves Gagnon. On s'est demandé comment on allait avoir des semences de qualité et on a conclu que c'était en les produisant nous-mêmes. »

Qu'est-ce qu'une semence patrimoniale? Dans les mots d'Yves Gagnon, il s'agit d'une semence à pollinisation libre, qui n'est issue d'aucun croisement. Ça veut dire que si on respecte une certaine distance entre deux cultivars et que l'on récolte les graines, on va avoir les mêmes caractéristiques que chez leurs ancêtres.

Avec la tomate, la distance séparatrice est juste de cinq mètres. Chez les concombres, la distance séparatrice est d'un kilomètre et, pour le maïs, la distance peut aller jusqu'à quatre kilomètres!

La définition de « cultivar »

Ensemble d'individus cultivés qui se singularisent par des caractères communs (morphologiques, physiologiques, chimiques, et autres) intéressants pour l'agriculture, la foresterie ou l'horticulture et qui, lorsqu'ils sont reproduits (par voie sexuée ou asexuée), conservent leurs caractéristiques distinctives.

Source : Office québécois de la langue française (Nouvelle fenêtre)

Légumes en voie de disparition

Le jardinier s'est rendu compte au fil du temps qu'il pouvait améliorer une lignée patrimoniale en sélectionnant les individus qui présentent certaines caractéristiques.

« Depuis 50 ans, on fait beaucoup d'hybridation, c'est-à-dire des croisements pour soi-disant améliorer les performances des lignées végétales. C'est sûr qu'il peut y avoir des avantages, mais ça a fait en sorte que les cultivars à pollinisation libre se sont tranquillement perdus. »

Certaines sources estiment que 90 % des cultivars à pollinisation libre cultivés en Amérique du Nord au début du 20e siècle sont complètement disparus.

Les cultivars patrimoniaux québécois sont plutôt rares, précise cependant Yves Gagnon, parce que la plupart des plantes légumières viennent d'ailleurs. « Quand on s'intéresse à leurs origines, on se rend compte qu'ils sont cultivés depuis un siècle, des fois un peu plus. Mais règle générale, les cultivars arrivent d'ailleurs. »

Le patrimoine local dans l'assiette

La laitue Oreille du diable cultivée dans les Jardins du Grand-Portage tient du folklore local de Saint-Didace, dans LanaudièreAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La laitue Oreille du diable cultivée dans les Jardins du Grand-Portage tient du folklore local de Saint-Didace, dans Lanaudière.

Photo : ICI Radio-Canada/Michelle Raza

Les Jardins du Grand-Portage produisent depuis 15 ans la semence d'une laitue bien particulière : la laitue oreille du diable. Ses feuilles sont rouges et vertes, et leurs bouts sont pointus. Yves Gagnon ne sait pas si cette laitue est une semence patrimoniale au sens strict, mais il est certain qu'elle fait partie du patrimoine local de son village, Saint-Didace.

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