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Le Canada au 2e rang des pays exportateurs d'armes au Moyen-Orient

Un véhicule blindé léger canadien, construit par General Dynamics

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada

La vente de blindés à l'Arabie saoudite en avril 2016 a permis au Canada de se tailler une place parmi les plus importants vendeurs d'armes et d'équipement militaire dans le monde.

Le Canada est passé du 6e rang en 2014 au 2e rang en 2015 au palmarès des pays exportateurs d'armes au Moyen-Orient, avec une augmentation de 430 % de ses ventes. Avec un total de 2,7 milliards de dollars en ventes pour l'année 2015 dans la région, le pays se classe tout juste après les États-Unis.

La décision d'octroyer 15 milliards de dollars à l'Arabie saoudite – plus gros importateur d'armes au monde après l'Inde – pour la vente de blindés, a peut-être permis au Canada de gravir rapidement les échelons, mais n'a pas fait bonne presse.

Le pays « berceau » du wahhabisme – cette branche de l'islam puritaine et ultraconservatrice – a été classé comme l'un des pires en matière des droits de la personne par l'organisme Freedom House en 2015.

« L'Arabie saoudite ne se gêne pas pour prendre du matériel qu'elle reçoit de ses alliés, que ce soit du matériel américain, ou peut-être français ou canadien », explique Francis Langlois, professeur d'histoire au Cégep de Trois-Rivières et expert en armement. M. Langlois est convaincu que les armes fabriquées au Canada tuent des civils en Syrie, en Irak et au Yémen via l'Arabie saoudite.

[L'Arabie saoudite] exporte de façon plus ou moins cachée du matériel pour équiper les résistants et peut-être même les groupes islamistes qui combattent le régime de Bachar Al-Assad ou l'État islamique.

Francis Langlois, professeur d'histoire au Cégep de Trois-Rivières et expert en armement

Le Canada soutient pour sa part que l'Arabie saoudite représente un « allié clé » qui contribue à combattre les djihadistes du groupe armé État islamique.

La Loi sur les licences d'exportation et d'importation vient encadrer la vente d'armes et d'équipement militaire. Le gouvernement doit veiller à limiter « rigoureusement » les ventes en s'abstenant de faire affaire avec des pays qui : 

  • sont engagés dans un conflit;
  • font l'objet de sanctions de l'ONU;
  • sont une menace pour le Canada;
  • commettent de graves violations des droits de la personne, sauf s'il peut être prouvé que les armes ne seront pas utilisées contre des civils.

Pour le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, le maintien des échanges diplomatiques et commerciaux est le meilleur moyen d'influencer un pays qui viole les droits de ses citoyens.

Selon l'institut IHS Jane's, qui compile les exportations d'armes, les ventes du Canada cette année dépasseront encore la barre des 3 milliards de dollars.

Avec les informations de Sophie Langlois.

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