•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Île Bicquette, repaire bien gardé des eiders à duvet

Le temps d'une journée, le Service canadien de la faune nous a permis d'accoster sur l'île Bicquette, dont l'accès est habituellement interdit.

Le temps d'une journée, le Service canadien de la faune nous a permis d'accoster sur l'île Bicquette, dont l'accès est habituellement interdit.

Photo : Pierre-Luc Bélanger

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'Île Bicquette, située au large de l'estuaire du Saint-Laurent, abrite la plus grande colonie d'eiders en Amérique du Nord. Sa population a toutefois baissé de moitié depuis 10 ans, un phénomène que les biologistes n'arrivent pas encore à expliquer.

Un texte de Laurence GallantTwitterCourriel
L'île Bicquette est située au large du parc national du Bic, dans le Bas-Saint-LaurentAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'île Bicquette est située au large du parc national du Bic, dans le Bas-Saint-Laurent

Photo : Radio-Canada

Réserve faunique interdite aux visiteurs, l'Île Bicquette est un véritable repaire pour plusieurs espèces d'oiseaux, dont les eiders à duvet, qui se dénombraient jusqu'à 12 000 couples, dans ses années fastes.

La population de ces canards marins a pourtant diminué drastiquement depuis 10 ans, pour s'arrêter à quelque 5200 couples d'eiders, cette année.

Sur l'île Bicquette, c'est particulier, c'est la seule colonie qui est en déclin depuis environ 2003. C'est surprenant parce que c'est pas ce qui se passe ailleurs.

Une citation de :Christine Lepage, biologiste au Service canadien de la faune

Étrangement, cette diminution est unique à l'île Bicquette, le reste de la réserve nationale de faune des îles de l'estuaire ayant vu le nombre d'eiders se stabiliser, voire augmenter dans les dernières années.

Les biologistes d'Environnement Canada, en collaboration avec des techniciens de l'UQAM, sont de passage sur l'île pour baguer les femelles et ainsi récolter des données sur la fluctuation de la colonieAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les biologistes d'Environnement Canada, en collaboration avec des techniciens de l'UQAM, sont de passage sur l'île pour baguer les femelles et ainsi récolter des données sur la fluctuation de la colonie

Photo : Pierre-Luc Bélanger

Plusieurs causes possibles

Selon les biologistes, plusieurs hypothèses subsistent pour expliquer la diminution de la présence de l'eider sur l'île Bicquette.

On aimerait mettre le doigt sur le problème assez rapidement.

Une citation de :Francis Saint-Pierre, technicien de la faune à l'Université du Québec à Montréal

D'après Christine Lepage, qui suit les populations de sauvagine dans l'estuaire pour le Service canadien de la Faune, les goélands se font des prédateurs particulièrement voraces sur l'île Bicquette. « Je crois que les goélands sont rendus très spécialisés », ajoute-t-elle. Lorsque le capelan se fait plus rare, les goélands se tournent vers les canetons pour se nourrir.

La biologiste Christine Lepage, lors de l'opération de baguageAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La biologiste Christine Lepage, lors de l'opération de baguage

Photo : Pierre-Luc Bélanger

« Dans les années 70, la population d'eiders était de l'ordre de 7000. Alors quand elle a monté très haut, peut-être qu'il y avait vraiment toutes les conditions gagnantes pour que la colonie prospère. Peut-être qu'il y avait trop d'eiders auparavant et que c'est en train de redevenir à un niveau plus stable. [...] Par contre, on veut pas que ça diminue indéfiniment non plus », explique Christine Lepage.

L'accès sur l'île Bicquette étant très limité, Radio-Canada a pu s'y rendre grâce à l'aval d'Environnement et Changement Climatique Canada ainsi que le Service canadien de la faune.

Un partenariat avec les gardiens de l'île

Également, plus il y a de stress chez les eiders, plus le succès de la nidification est difficile. On tente ainsi de réduire au minimum les sources de dérangement pour les eiders, dont l'activité humaine sur l'île. C'est la Société protectrice des eiders de l'estuaire qui est responsable de garder l'île à longueur d'année.

Une fois par année, l'organisme à but non lucratif, géré par le gardien Marc Lapointe et sa famille, récolte le duvet d'eider dans les nids et le vend par la suite pour financer la gestion de la réserve faunique.

La collecte de duvet finance la surveillance de l'île BicquetteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La collecte de duvet finance la surveillance de l'île Bicquette

Photo : Laurence Gallant

La capture des femelles eiders se fait idéalement au moment où la majorité des oeufs sont sur le point d'éclore et les femelles plus enclines à réinvestir leur nid, après la cueillette et après avoir été identifiées par les biologistes.

Difficile de déterminer pour l'instant si les opérations de baguage ou la récolte de duvet sur l'île, par exemple, a une incidence sur la colonie d'eiders.

En attendant de comprendre les causes de la diminution de la population, les quotas et la saison de chasse à l'eider ont récemment été resserrés aux États-Unis et dans les Maritimes pour permettre à l'espèce de se stabiliser.

On a encore besoin d'aires protégées, je crois. [...] C'est l'ensemble des gestionnaires du territoire qui peuvent mettre l'épaule à la roue pour protéger des petits coins de pays assez exceptionnels comme ici.

Une citation de :Christine Lepage, biologiste au Service canadien de la faune
Une femelle eider en plein volAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une femelle eider en plein vol

Photo : Laurence Gallant

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Est du Québec