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La clinique privée Copeman de Calgary dissuaderait les non membres

L'enquête de CBC démontre que la clinique Copeman de Calgary tente de dissuader ses clients qui ne peuvent plus payer leurs frais médicaux de consulter leurs médecins.

L'enquête de CBC démontre que la clinique Copeman de Calgary tente de dissuader ses clients qui ne peuvent plus payer leurs frais médicaux de consulter leurs médecins.

Photo : CBC/Copeman Healthcare Centre Facebook

Radio-Canada

Il semblerait que le centre de soins de santé privé Copeman essaie de se débarrasser de ses patients de Calgary qui ne peuvent plus payer leurs frais médicaux, selon une enquête menée par CBC.

Le siège social des services de santé privées Copeman est situé à Vancouver et l'entreprise a des cliniques à Vancouver, West Vancouver, Calgary et Edmonton.

La loi albertaine stipule que l'accès aux services de santé, comme les visites chez le médecin, ne peut être lié à des frais. La clinique Copeman demande toutefois à ses clients ayant perdu leur emploi ou faisant face à une situation économique difficile de payer leurs frais médicaux sans quoi ils seront référés ailleurs.

Pendant plusieurs années, la clientèle de la clinique de santé privée Copeman comptait une centaine d'employés de la compagnie pétrolière Athabasca. L'an dernier, cette entreprise a licencié du personnel et sabré dans les avantages sociaux de ses employés cessant de payer pour la majorité de ses employés les frais d'adhésion annuels à la clinique de santé privé de 3000 $ par personne.

Le responsable du développement des affaires pour la chaîne des quatre cliniques privées Copeman, Rick Tiedemann, a alors averti son personnel de Calgary par courriel de ne pas rapeller à leurs patients qu'il était possible que continuer à voir leur médecin sans payer.

« Prière de NE PAS rapeller qu'il est possible de faire appel à [l'assurance santé provincial] ou autres méthodes de payements de nos frais » peut-on lire dans le courriel de Rick Tiedemann. « Demandez leur simplement de communiquer avec Carlene avec laquelle ils pourront explorer le moyens de payer les frais », ajoute-t-il.

Bien que la clinique Copeman soit privée, les médecins facturent Santé Alberta pour les visites des patients. Sur le site de l'entreprise, il est ainsi inscrit que les redevances perçues sont « strictement pour des services de santé non assurés », comme une consultation avec une diététicienne. La clinique a aussi facturé des examens médicaux à Santé Alberta que ses propres médecins avaient jugés inutiles, selon l'enquête menée par CBC.

Dans le cadre de son enquête, CBC a interrogé plus d'une demi-douzaine d'employés, actuels et anciens, de Copeman. Ceux-ci affirment que la personne nommée Carlenen dont il est question dans le courriel est en fait Carlene Clemence, la gérente du développement des affaires pour la clinique Copeman de Calgary.

Ils soutiennent également que le personnel qui est lien direct avec les patients a été informé de ne pas expliquer aux patients incapables de payer les frais d'adhésion à la clinique qu'il était toujours possible de voir leur médecin de famille.

Si les patients semblaient mieux informés de leurs droits, a expliqué un des interviewés, la clinique leur répondait qu'elle allait vérifier avec leur médecin avant d'aller plus loin.

Interdit de facturer des soins santé essentiels

La professeure et spécialiste en droit de la santé et de la politique à l'Université d'Ottawa, Colleen Flood, note que l'application de la loi fédérale qui interdit d'imposer des frais pour des soins de santé essentiels a en grande partie été laissée aux provinces.

Ce que dit la Loi canadienne sur la santé, c'est que vous n'avez pas à payer de frais supplémentaires pour des soins médicaux nécessaire, et c'est ce que fait cette clinique.

Colleen Flood, professeure et spécialiste en droit de la santé et de la politique à l'Université d'Otawa

Le dossier doit être traité par le ministère de la Santé provincial, selon Andrew MacKendrick, attaché de presse de la ministre de la Santé canadienne Jane Philpott.

« Si les frais sont obligatoires afin de recevoir des services offerts par un médecin qui recoit des honoraires de la province, alors ce qui est reproché à la clinique Copeman violerait la loi sur la santé de l'Alberta », explique Eriin Nelson, professeur et expert en droit de la santé à l'Université de l'Alberta. « La loi ne spécifie toutefois pas quelles informations doivent être données aux patients à ce sujet, ajoute-t-il. Par contre, d'une point de vu éthique et professionnel, c'est inquiétant. »

Le gouvernement de l'Alberta enquête sur les cliniques se trouvant à Calgary et Edmonton. L'Unité spéciale des investigations, faisant partie de Service Alberta, analyse également le dossier.

Le siège social et deux cliniques Copeman à Vancouver

CBC a principalement enquêté sur la clinique se trouvant à Calgary, mais des sources affirment que la plupart des décisions proviennent du siège social, qui se trouve à Vancouver.

Un porte paroles du ministère de la Santé de la Colombie-Britannique a déclaré par courriel que Victoria entreprend des audits des cliniques de santé privées comme la clinique Copeman quand c'est nécessaire, mais n'a pas répondu à savoir si les deux cliniques Copeman de Vancouver allaient faire ou faisait l'objet d'un tel audit.

Toutefois, la porte parole de l'opposition néo-démocrate en matière de Santé de la Colombie-Britannique, Judy Darcy, a envoyé une lettre au ministre de la Santé Terry Lake pour lui demander de suivre l'exemple du gouvernement albertain.

Chris Nedelmann, président-directeur général de Copeman, a refusé de commenter.

Alberta

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