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Horizon incertain pour les élévateurs à grains en bois du Manitoba

L'élévateur à grain de Forrest, au Manitoba.

L'élévateur à grain de Forrest, au Manitoba.

Photo : Thibault Jourdan / ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les élévateurs à grains en bois sont en danger dans les Prairies et la Fiducie nationale du Canada les a placés sur sa liste des 10 monuments les plus menacés au pays. Au Manitoba, il en reste moins de 200.

Un texte de Thibault JourdanTwitterCourriel

À environ deux heures et demie de route de Winnipeg en direction ouest sur la transcanadienne, se dresse, au loin sur la droite, une imposante structure. Il s'agit d'un des derniers élévateurs à grains en bois de la province. Celui-ci se trouve à Forrest, petit hameau situé dans la municipalité rurale d'Elton, au nord de Brandon. Harvey Paterson en est le propriétaire depuis 36 ans et s'en sert pour entreposer du grain avant de l'expédier par camions.

Harvey Paterson.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Harvey Paterson.

Photo : ICI Radio-Canada

La plupart des élévateurs à grains en bois au Manitoba ont été construits au cours de la première moitié du XXe siècle, et celui d'Harvey Paterson ne fait pas exception; « La partie principale avec la rampe pour déverser le grain dans les camions a été construite en 1927. L'annexe, elle, date de 1956 », explique l'homme de 73 ans.

Avec le temps, ces structures fragiles vieillissent et nombre d'entre elles sont démolies. En 2016, il n'en reste plus qu'environ 180, selon la Société historique du Manitoba et « plus de 95 % d'entre elles sont en bois », assure Gordon Goldsborough, historien membre de l'association. De son côté, le ministère provincial de l'Agriculture ajoute qu'une trentaine d'élévateurs en bois sont encore en service au Manitoba.

Carte situant les élévateurs à grains en bois au ManitobaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Localisation des élévateurs à grains en bois restants au Manitoba - Source des données : Société historique du Manitoba

Photo : Radio-Canada

La version originale de ce document a été modifiée. Pour des raisons techniques, la version interactive de la carte n'est plus disponible.

Entretien coûteux

L'élévateur à grain d'Austin, au Manitoba.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'élévateur à grain d'Austin, au Manitoba.

Photo : Thibault Jourdan / ICI Radio-Canada

Entretenir un élévateur en bois coûte extrêmement cher, et les personnes compétentes pour faire le travail se raréfient, explique Harvey Paterson. Il ajoute qu'il ne connaît qu'une personne en mesure de réaliser certaines opérations de maintenance sur son élévateur. Par conséquent, « cela coûte très cher d'embaucher quelqu'un », soupire-t-il. « Pour vous donner un exemple, cela nous a coûté 30 000 $ pour simplement réparer la petite partie au sommet de l'élévateur, abîmée après une journée où il y avait eu un fort vent », ajoute-t-il.

« On fait la majorité de l'entretien nous-mêmes. »

— Une citation de  Harvey Paterson

Outre les coûts d'entretien, les frais d'assurance pour ces structures viennent un peu plus plomber l'avenir des élévateurs en bois. « Les compagnies d'assurance n'aiment pas assurer du grain entreposé dans un élévateur en bois. Elles ont tellement augmenté leurs prix que c'est quasiment inabordable », se lamente Harvey Paterson. Ainsi, il lui faut payer entre 6 000 $ et 7 000 $ par an d'assurance pour 100 000 $ de grain entreposés.

Aucun programme de conservation

Le vieil homme a conscience que les jours de son élévateur sont comptés. La rampe qui déverse le grain dans les camions est en fin de vie et coûtera trop cher à remplacer. « La personne qui entretient cette partie nous a dit qu'il sera bientôt impossible de la réparer », développe-t-il.

L'élévateur à grain de Boissevain, au Manitoba.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'élévateur à grain de Boissevain, au Manitoba.

Photo : Thibault Jourdan / ICI Radio-Canada

Il affirme qu'il tentera de garder l'élévateur aussi longtemps qu'il pourra fonctionner. « Ce serait bien de le conserver parce que c'est un bâtiment unique », dit-il.
« Une des solutions pour assurer une seconde vie à ce monument du village serait d'en faire un lieu historique. Mais mes partenaires et moi-même n'avons pas encore entamé des démarches en ce sens », poursuit-il.

Hormis le musée d'Inglis à la frontière de la Saskatchewan, le ministère de l'Agriculture du Manitoba indique qu'aucune initiative n'est en cours pour protéger ces éléments emblématiques des Prairies.

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