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Les quatre mousquetaires de La soirée est (encore) jeune

Olivier Niquet, Jean-Sébastien Girard, Jean-Philippe Wauthier et Fred Savard de « La soirée est (encore) jeune »
Olivier Niquet, Jean-Sébastien Girard, Jean-Philippe Wauthier et Fred Savard de « La soirée est (encore) jeune » Photo: Facebook/La soirée est (encore) jeune
Franco Nuovo

Ils arrivent le mercredi matin, un par un, s'enferment dans leur bureau et se livrent à une séance de remue-méninges. Ils remettent ça le vendredi avant d'attaquer le week-end. Ils errent peu au 13e étage de cette antenne radio-canadienne. Ils ont probablement trop à faire...

Franco Nuovo
Une chronique de Franco Nuovo
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Comment vous les décrire?

Métaphoriquement, je pourrais vous parler des « quatre de l'Ave Maria », comme dans le médiocre western-spaghetti de 1968 mettant en vedette Terence Hill et Bud Spencer, duo de la mort ou duo mortel. Or, ils ne sont pas médiocres.

Symboliquement, je me suis laissé tenter par l'évocation revue et corrigée de la « bande des quatre », ce groupe de dirigeants chinois accusés, après la mort de Mao, d'avoir été les instigateurs de la révolution culturelle, qui a fait tant de morts. Toutefois, nos amis, bien qu'ils aient opté pour une révolution culturelle à ICI Première, n'ont tué personne... pas encore.

Il reste donc les trois mousquetaires, à qui je les ai déjà comparés. Je réaffirme ce choix parce que c'est, à mon avis, le profil qui leur sied le mieux.

Vous les entendez chaque week-end croiser le fer, pointer et pourfendre l'invité de leur langue acérée. Maintenant, en plus, comme on n'arrête pas le progrès, vous les voyez à ICI ARTV (Nouvelle fenêtre)... quand ils y sont, en saison.

La soirée est (encore) jeune

Tout comme les mousquetaires qu'on disait n'être que trois, ils sont quatre. Quatre fines lames impertinentes, irrévérencieuses, se portant à la défense de la veuve, de l'orphelin et de leur public sans cesse menacé par la bêtise des humains.

Ces quatre hommes, pour sauver l'honneur du royaume radio-canadien, s'opposent souvent au cardinal de Richelieu, premier ministre à ses heures, ainsi qu'à ses gardes. Ceux, en somme, qui tiennent les rênes du pouvoir et ceux qui se méfient de leurs mots - une arme, il est vrai, souvent meurtrière. Vous mettrez ici vous-même les noms sur les visages de ces aristocrates que je n'ose identifier, histoire de garder mon rang et mon épée...

Mais allons-y.

Aramis d'abord, Aramis Girard, qui désormais, à l'instar du Gascon, se pavane dans les pages de La Presse, anime des galas et apparaît à la télévision. Un ecclésiastique dans l'âme, convenons-en. Il en a au moins l'idée d'une vocation, lui qui ne manque jamais une occasion de jeter les codes sociaux aux orties, de lapider par son discours incendiaire les politiques, les pouvoirs et tout ce qui bouge à Montréal, mais surtout là-bas dans la Vieille Capitale. Il se moque et n'hésite jamais à tuer par son verbe, même si, quelquefois, l'assaut se retourne contre lui. Toujours en quête de plaisir charnel, il courtise au micro, aime les petites affaires, sa mère et la bonne chère, les spaghettis Chef Boyardi, les poutines aux sauces aussi étrangères qu'étranges. Eh oui! Comme Angèle Arsenault, il mange.

Jean-Sébastien Girard a entendu à quelque part que c'était « cool » d'avoir les pouces en l'air. Tout le temps. Même lorsqu'il cuisine sa soupe aux légumes.Jean-Sébastien Girard a entendu à quelque part que c'était « cool » d'avoir les pouces en l'air. Tout le temps. Même lorsqu'il cuisine sa soupe aux légumes. Photo : Radio-Canada/Christian Côté

Porthos maintenant... Porthos, qui est-il selon vous sinon ce grand gaillard Savard? Pourvu d'une force herculéenne et d'une voix terrifiante, compagnon fidèle, simple, droit et rude, il n'hésite jamais à lever ou le coude ou son bras armé. Si on lui prête flanc, il y va d'un coup d'estoc. Non pas gauche, mais gauchiste, avec lui, c'est l'assaut et, enfin, le corps à corps. Remarquez, il est bon. Mais ce Porthos que rien n'arrête est aussi, on doit le dire, sans grande délicatesse, et même, oui même, un peu vaniteux. Un maître d'armes quand même!

Depuis qu'il a interprété un rôle de policier à la télévision, Fred Savard se la joue George Clooney.Fred Savard Photo : Radio-Canada/Christian Côté

Athos Niquet, lui, est certes le plus secret des quatre. Drapé dans son silence, il esquive et use de parade plus qu'il ne pointe, mais quand il fend sans négliger la feinte, il touche tout le temps. Les radios X de la Vieille Capitale redoutent ce gentilhomme non parce qu'il les pourfend, mais parce qu'il leur enfonce le nez dans leur fumier. Il prend davantage plaisir à humilier qu'à éventrer. Pour le reste, cette force tranquille aime mieux jouer au hockey. Allez savoir... Personnellement, si j'étais roi, je le sacrerais membre de la Jarretière, dont la devise est toujours, aujourd'hui, « Honi soit qui mal y pense ».

On ne sait pas trop pourquoi Olivier Niquet a les cheveux de la sorte. Lui non plus.Olivier Niquet Photo : Radio-Canada/Christian Côté

Enfin, ce Wauthier! A-t-il besoin d'être présenté? Bien sûr qu'il est le d'Artagnan de ce radiophonique roman. Le plus jeune des mousquetaires, un gamin saguenéen, il a certes la fougue et l'ambition du valeureux Gascon. A-t-il d'ailleurs besoin de présentation?

Jean-Philippe Wauthier, animateur de « La soirée est (encore) jeune »Jean-Philippe Wauthier, animateur de « La soirée est (encore) jeune » Photo : Radio-Canada/Christian Côté

Même sans fleuret, il est partout, placardé sur les murs du royaume, à l'écran, à la radio, et même que ce parangon médiatique, après avoir chanté, est maintenant forcé, tout comme la cigale de la fable, de danser à la télé. Seul à oser porter le couvre-chef, mais sans la plume, plus beau gosse que ses frères d'armes, les duels ne lui font pas peur, dégainant plus vite que son ombre, vif comme l'éclair, chiant tellement il a du talent, il fouette d'abord son adversaire par la vitesse de son esprit et l'acuité de sa répartie. Ce membre de l'Ordre de la Toison d'or n'a qu'une faiblesse, elle se trouve au cœur. Ainsi, dès qu'il est ému, ce d'Artagnan pleure.

Cette amitié entre quatre hommes placés dans une soirée encore jeune sous le double sceau de la loyauté et du courage leur permet, mousquetaires des temps modernes, d'affirmer haut et fort, chaque semaine, devant la noble cour réunie dans une taverne : « UN POUR TOUS, TOUS POUR UN! »

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