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La revitalisation du centre-ville de Montréal vue par ses résidents et commerçants

Le restaurant Moleskine, avenue du Parc

Le restaurant Moleskine, avenue du Parc

Photo : Radio-Canada/Laurence Niosi

Radio-Canada

Quelque 50 000 nouveaux résidents d'ici 2030. Des espaces commerciaux et de bureaux supplémentaires. C'est l'ambitieux plan que propose l'administration Coderre pour le centre-ville de Montréal. Mais qu'en pensent les résidents et les commerçants du coin? Comment entrevoient-ils l'avenir de la métropole? Nous en avons rencontré quelques-uns, certains plus sceptiques que d'autres.

Un texte de Laurence NiosiTwitterCourriel

MOINS DE TAXES

« Avec les taxes qui montent constamment, comment vont-ils amener ces 50 000 résidents? » se demande, incrédule, Catherine Bélanger, propriétaire des restaurants Moleskine et Pullman, sur l'avenue du Parc.

Depuis 12 ans, elle a vu le compte de taxes de ses commerces augmenter de façon considérable. Seulement cette année, les taxes de son nouveau restaurant ont augmenté de 14 %.

« Ce qui m'effraie, c'est qu'il y ait des travaux de canalisation sur Parc... ou bien que les gens arrêtent de venir au centre-ville tout court, en raison de la construction ou du parking qui coûte cher », dit-elle.

La restauratrice reste attachée à son quartier - « le ghetto McGill » - où elle travaille et réside. Elle déplore néanmoins le manque d'empathie de la part de la Ville. Elle demeure sceptique quant au nouveau plan de Montréal et attend des gestes concrets.


UN ENVIRONNEMENT PROPRE

Ange Fournier, propriétaire du salon de coiffure Ange et cieAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ange Fournier, propriétaire du salon de coiffure « Ange et cie », à Montréal

Photo : Radio-Canada/Laurence Niosi

Ange Fournier, propriétaire du salon de coiffure Ange et cie, en plein Quartier des spectacles, estime que Montréal doit s'attaquer au « problème de salubrité ». Un exemple : « Il y a une équipe du Quartier qui nettoie, mais elle ne vient jamais sur mon trottoir », dit-il.

Et puis, ajoute-t-il, les commerçants doivent également mettre l'épaule à la roue. « On est dans le seul pays dans le monde où tout le monde attend que la Ville fasse tout. En France, à Boston, les citoyens sont obligés de nettoyer devant leur porte », affirme-t-il.


UN DÉVELOPPEMENT PLANIFIÉ

David Aghapekian, propriétaire de la boucherie Dans la côteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

David Aghapekian, propriétaire de la boucherie Dans la côte, à Montréal

Photo : Radio-Canada/Laurence Niosi

Outre les taxes et la propreté, les résidents et commerçants voudraient voir un développement plus planifié dans les prochaines années.

Shernaz Choksi, professeure d'économie à la retraite, habite dans un condo du centre-ville après avoir vécu plusieurs années dans l'ouest de l'île.

Même si elle aime son nouveau quartier, elle estime que Montréal y construit trop de condos et de tours résidentielles. « Il faut plus d'arbres, d'espaces verts, mais aussi des logements abordables. Il faut que les itinérants sur Saint-Laurent, sur Saint-Denis, ne soient plus dans la rue », souligne-t-elle.

David Aghapekian, propriétaire de la boucherie Dans la côte, rue Bleury, se demande quant à lui qui seront ces nouveaux résidents et commerçants du quartier. Rappelons que l'administration Coderre prévoit 200 000 mètres carrés d'espace commercial supplémentaire au centre-ville.

« S'il y a d'autres commerces, est-ce que ça va être un Starbucks? Va-t-il y avoir des garderies? Des CPE? » se demande-t-il.

Dans les prochaines années, l'entrepreneur aimerait aussi que la Ville de Montréal prête plus d'attention aux petits commerces et cesse de voir le centre-ville « juste à travers ses grandes artères ».

Société