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Glenn Hoag, l’homme derrière le renouveau du volleyball canadien

L'entraineur Glenn Hoag et les joueurs de l'équipe canadienne lors du match contre le Japon.
L'entraineur Glenn Hoag et les joueurs de l'équipe canadienne lors du match contre le Japon. Photo: Getty Images / Koki Nagahama

En quelques jours à Tokyo, les volleyeurs canadiens se sont défaits du boulet qu'ils traînaient depuis 24 ans pour se réinviter aux Jeux olympiques. Leur entraîneur Glenn Hoag y voit plutôt le résultat de 10 ans d'efforts pour redonner du tonus à un programme qui en avait perdu.

Un texte de Guillaume BoucherTwitterCourriel

Le Canada n'avait pas pris part au tournoi de volleyball masculin depuis les Jeux de 1992 à Barcelone. Comment expliquer cette qualification et la longue sécheresse qui l'a précédée? Il y a un point de départ, dit Glenn Hoag : les choix faits par ses prédécesseurs après 1992, qui ont fait mal à l'équipe.

Celui de fonctionner sans centre d'entraînement national pendant 10 ans « a beaucoup coûté au programme » et a privé les joueurs de « quelque chose de très important dans notre réalité canadienne », regrette-t-il.

Après sa nomination comme entraîneur-chef en 2006, l'équipe a été dotée d'un centre national, maintenant installé à Gatineau. Il en avait fait une priorité.

Pour qu'elle se remplume, il fallait aussi lui donner des structures et « installer le programme dans une certaine pérennité », pour éviter les « rechutes », fait-il valoir.

« Il fallait donner des orientations, plaide Hoag. On a créé des points de référence pour les athlètes au centre d'entraînement national. On leur dit : "Voici ce qu'il faut et si vous n'avez pas ça, on ne réussira pas." On a mis en place un système, une philosophie d'entraînement. C'est ce qui a fait en sorte qu'on a de bons résultats depuis quelques années. Et on va insister sur ces choses dans les années qui suivent, pour les cycles de 2020 et 2024. »

Le Canada a maintenant une approche « plus systématique » et « tactique » du jeu, ajoute l'entraîneur originaire de La Tuque, convaincu qu'il s'agit du bon filon à exploiter.

C'est ce qui nous permet de cacher des lacunes techniques. Cette approche-là est stratégique. On est pas mal les seuls à le faire.

Glenn Hoag, entraîneur-chef de l'équipe canadienne masculine de volleyball

Créer une base de joueurs

Voilà pour l'approche. Encore fallait-il se doter d'une base de joueurs pour la mettre en œuvre, des joueurs capables de bien performer à l'international. « Ç'a pris du temps », se souvient Hoag.

Les centres régionaux de développement mis en place sous son règne ont beaucoup aidé à ce chapitre et expliquent les succès de cette jeune équipe qualifiée pour Rio, à qui l'on promet aussi de belles choses pour les Jeux de 2020 et de 2024.

« On a de bons athlètes qui peuvent monter, qui sont aussi beaucoup mieux techniquement que par le passé. Ça nous permet de créer une base », se réjouit Hoag, pas du tout inquiet de devoir remplacer les deux ou trois joueurs qu'il s'attend à voir partir à la retraite dans le prochain cycle olympique.

Une nouvelle confiance

Être exclu de Jeux olympiques pendant une vingtaine d'années peut miner la confiance d'une équipe. Celle qui s'est qualifiée pour Rio baignait moins dans une ambiance de défaitisme que les précédentes, pense Hoag, parce qu'elle est entrée dans les qualifications mondiales de Tokyo dans d'excellentes dispositions.

Pour le tournoi de qualifications continentales d'Edmonton, en janvier, où elle est passée à côté du seul billet olympique disponible, Gavin Schmitt, un de ses as, était blessé à une jambe et les absents, comme son fils Nicholas, étaient nombreux. À Tokyo, le groupe était en santé, en plus d'être bien mentalement.

On a travaillé avec un préparateur mental pendant trois semaines, il a fait un boulot énorme dans le peu de temps qu'on avait pour amener les joueurs à avoir un focus positif, en sachant qu'il y aurait des obstacles et qu'il fallait les gérer avec notre confiance.

Glenn Hoag, entraîneur-chef de l'équipe canadienne masculine de volleyball

La confiance ne s'est pas effritée, malgré deux défaites amères en cinq manches contre de grosses pointures, la Pologne et l'Iran, en début de tournoi et la fatigue qui vient avec un programme de sept matchs en neuf jours.

Avec des joueurs qui avaient retrouvé leur fraîcheur après avoir été stratégiquement laissés de côté contre la France, l'équipe a remporté ses deux derniers matchs, contre le Japon et la Chine. Sa qualification olympique ne s'est confirmée qu'avec la victoire de la Pologne sur l'Australie, mais Glenn Hoag insiste sur ce point : elle n'arrive pas aux Jeux par la porte d'en arrière.

« On est allé chercher un point contre la Pologne et l'Iran. Si on n'avait pas eu ces points, on se serait trouvé à égalité avec l'Australie et elle serait passée. Et on est allé chercher des victoires importantes. On n'est jamais passé plus par la porte d'en avant qu'à ce tournoi », dit-il.

L'équipe canadien euphorique après sa qualification à TokyoL'équipe canadien euphorique après sa qualification à Tokyo Photo : Fédération internationale de volleyball

« Les gars ne veulent pas y aller en touristes »

Rien n'est impossible pour cette équipe à Rio, croit Hoag, agréablement surpris de son niveau de jeu et de son état d'esprit à Tokyo. Il comprend pourquoi Gavin Schmitt s'est permis de parler à voix haute de podium.

Les gars ne veulent pas y aller en touristes, pour être 6es, 7es ou 8es. Il y a une envie et ils tirent de la confiance de ce qu'ils ont réussi à accomplir, d'aller se frotter aux gros et même de réussir à les battre. C'est pour ça qu'on parle de possibilité de podium.

Glenn Hoag, entraîneur-chef de l'équipe canadienne masculine de volleyball

Le Canada n'a pas le niveau technique des grosses pointures du tournoi olympique, concède Hoag, mais compense par son approche systématique et ses joueurs physiquement imposants, comme Gavin Schmitt (2,08 m) et Gord Perrin (2 m), qui ont empilé les points à Tokyo et qui ont de l'expérience, même si elle n'est pas olympique.

« Ça fait un moment qu'ils roulent dans les ligues pros. Ils ont un certain niveau d'expérience, explique-t-il. On s'attendait à ce que ces joueurs prennent de la maturité, mais tu ne peux pas le mesurer tant que tu n'arrives pas dans un tournoi comme on vient de vivre, et on a vu la différence. »

Les Canadiens seront respectés et perçus comme un « danger » à Rio, croit Glenn Hoag. Mais l'entraîneur québécois se soucie surtout du travail qu'il lui reste à faire pour bien les préparer. Et le temps lui manque : il a moins de neuf semaines pour tirer le maximum d'une qualification historique.

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