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Français à la GRC : 10 ans après son arrestation, Justin Bell prêt à soutenir la cause

Justin Bell

Dix ans plus tard, Justin Bell n'a rien perdu de ses convictions.

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dix ans après avoir été mis brièvement en état d'arrestation pour avoir demandé des services en français à un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), le Fransaskois Justin Bell souhaite travailler avec des organismes fransaskois afin que la GRC offre de meilleurs services en français.

Un texte de Félix Morrissette-BeaulieuTwitterCourriel

En mars 2006, le jeune homme âgé de 24 ans a été interpellé pour excès de vitesse par un agent de la GRC. Quand il a demandé à être servi en français, l'agent lui a répondu en allemand. Il a été mis brièvement en état d'arrestation après qu'il eut réitéré sa demande.

Après deux ans de processus judiciaire, une victoire en Cour provinciale a invalidé son arrestation et annulé sa contravention. L'histoire de Justin Bell a fait le tour du pays en 2008.

Dix ans après sa brève mise en arrestation, le natif de Gravelbourg est toujours marqué. 

« Lorsqu'on parle de ce qui s'est passé, l'intervention, je pense que pour le reste de ma vie, je suis marqué. Je n'en ai pas parlé à personne. Je n'ai pas voulu actionner [poursuivre] la GRC après ma victoire pour avoir une compensation. Ce n'était pas mon but, mais [avec] la police, l'autorité, je suis réticent. »

— Une citation de  Justin Bell

Justin Bell croit que la GRC a encore bien des défis à surmonter pour offrir des services aux minorités francophones.

Les organismes fransaskois interpellés

La sensibilisation de la GRC et de la population à l'importance des services en français peut être menée par la communauté fransaskoise, notamment l'Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), croit Justin Bell. 

Il souhaite travailler avec eux dans une attitude positive.

« J'aimerais travailler avec eux afin de faire un peu d'éducation. Comment demander un service en français si on se trouve dans une situation comme ça? Est-ce qu'on veut demander ce service-là? Comment le faire dans une attitude positive? Moi j'ai beaucoup changé par rapport à ça », confie Justin Bell.

Un comité qui a comme mandat d'améliorer les relations entre la communauté fransaskoise et la GRC a été créé en 2008 en réaction à l'histoire de Justin Bell. L'ACF y siège.

Ce comité a élaboré un questionnaire pour sonder la communauté sur ses attentes linguistiques envers la GRC, souligne la présidente de l'ACF, Françoise Sigur-Cloutier. Au printemps 2016, le questionnaire n'a toujours pas été approuvé, d'où l'immobilité du comité, selon la présidente de l'ACF.

« Actuellement, ça fait deux ans que le comité est immobilisé puisqu'on attend les réactions du bureau d'Ottawa. »

— Une citation de  Françoise Sigur-Cloutier, prés. Assemblée communautaire fransaskoise
Françoise Sigur-CloutierAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Françoise Sigur-Cloutier, présidente de l'ACF, se dit ouverte à discuter avec Justin Bell pour voir comment relancer le dossier de la GRC.

Photo : ICI Radio-Canada

Peu de changements du côté de la GRC en Saskatchewan

Le sous-officier responsable du détachement de Watrous en Saskatchewan, Earl Leblanc, affirme que l'offre de services en français a peu changé dans la province depuis la dernière révision des politiques de la GRC, en 2011.

« La dernière revue qui a été faite ici en Saskatchewan c’était en 2011 [...] la politique spécifique n’a pas vraiment changé beaucoup. La seule chose qui est arrivée ici, c’est que si quelqu’un demande le service en français, on peut leur donner ce service-là. »

— Une citation de  Earl Leblanc, sous-officier de la GRC responsable pour le détachement de Watrous

Depuis cinq ans, la procédure de la GRC prévoit que toute personne interpellée qui réclame un service en français se voit offrir de contacter par radio ou par téléphone un intervenant en mesure de répondre en français.

Earl Leblanc, GRCAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

À l'heure actuelle 56 membres de la GRC sont désignés bilingues en Saskatchewan, selon le sous-officier responsable pour le détachement de Watrous en Saskatchewan, Earl Leblanc.

Photo : ICI Radio-Canada/Rob Kruk

Dans les détachements reconnus bilingues, le service en français est disponible en tout temps, ajoute M. Leblanc.

À l'heure actuelle, 14 des 87 détachements de la province sont bilingues et 56 membres de la GRC peuvent s'exprimer dans les deux langues officielles.

Des efforts remarqués par le Commissariat aux langues officielles

Les forces et les faiblesses de la GRC et d'autres institutions fédérales concernant leurs obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles sont répertoriées dans les bulletins de rendement du Commissairiat aux langues officielles.

En 2013, le Commissariat déterminait que « [...] plusieurs activités en cours [à la GRC] seront achevées d'ici 2015 [... dont] l'élaboration d'une trousse éducative destinée au réseau des langues officielles de la GRC, qui explique le rôle, les responsabilités et le mandat de l'organisation en vertu de la Loi ».

Deux ans plus tard, le Commissariat concluait que « la GRC révèle un rendement global moyen et que l'institution continue de montrer son engagement à respecter la Loi et a pris plusieurs mesures pour aborder les lacunes cernées [...] ».

Des convictions toujours aussi présentes

Au fil des ans, Justin Bell n'a rien perdu de ses convictions. Après avoir longuement réfléchi, il a accepté de reparler de son histoire, car il souhaite sensibiliser les francophones et leur rappeler que c'est à eux de réclamer des services en français à la GRC, dans une attitude constructive et respectueuse.

« C'est un problème qui existe depuis hier, ça va exister demain [...]. Mon message, c'est que c'est à chaque personne sur le territoire de se lever debout et de se défendre, avec tact, avec dignité et dans le respect. Sinon, la cause est perdue. »

— Une citation de  Justin Bell

Maintenant père et établi au Québec, à Trois-Rivières, Justin Bell tente d'inculquer à son fils Éloi l'importance des droits linguistiques. « Il me pose des questions par rapport à ça. "Papa, j'aimerais ça être un policier ou un juge." Je lui dis tu peux faire ce que tu veux, mais je lui ai expliqué très clairement que maintenant, on est dans une époque où il faut faire attention à nos droits », confie le Fransaskois.

Justin Bell et son fils Éloi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Maintenant établis à Trois-Rivières et père d'un petit garçon, Justin Bell tente d'inculquer à son fils les leçons tirées de cet épisode

Photo : ICI Radio-Canada

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