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Les règles qui entourent l'aide médicale à mourir sont trop strictes, selon une Winnipégoise

Natasha Griffiths dénonce les nouvelles règles qui entourent l'aide médicale à mourir.

Natasha Griffiths dénonce les nouvelles règles qui entourent l'aide médicale à mourir.

Photo : CBC

Radio-Canada

L'aide médicale à mourir est désormais légale au pays (Nouvelle fenêtre), mais une femme du Manitoba soutient que le nouveau cadre législatif proposé par le gouvernement Trudeau est tellement rigide qu'il aurait forcé sa mère à mettre fin à ses jours à l'étranger.

Atteinte de multiples atrophies du système nerveux, Susan Griffiths s'est rendue en Suisse en 2013 pour mettre fin à ses jours. Sa fille, Natasha Griffiths, affirme que si sa mère était encore vivante, elle ne pourrait pas profiter des nouvelles règles qui entourent l'aide médicale à mourir.

Vous ne voulez pas atteindre un point où vous ne pouvez plus fonctionner avant de recevoir l'aide médicale à mourir.

Natasha Griffiths

« Elle avait une maladie dégénérative terrible, sans chance de rémission. Elle aurait pu survivre encore quelque temps, mais ça aurait été très souffrant pour elle, explique Natasha Griffiths. Nous serions toujours obligés d'aller chercher de l'aide ailleurs. »

Le parcours législatif de C-14

En février 2015, la Cour suprême avait invalidé deux articles du Code criminel, dont l'article 241b) qui criminalise l'acte médical permettant à un patient de mettre fin à ses jours. Le plus haut tribunal du pays avait toutefois prolongé l'application de ces articles de loi pour une période d'un an, le temps que le gouvernement légifère afin d'encadrer la pratique. Pressé par le temps, le gouvernement avait obtenu un délai supplémentaire de quatre mois, en février dernier, mais ce nouveau sursis est arrivé à échéance et la loi n'est toujours pas prête. Le jugement de la Cour suprême est donc entré en vigueur.

Pas de vide juridique au Manitoba

Selon la Cour suprême, les médecins qui aident des patients à mourir sont protégés par la loi, pourvu que les patients souffrent d'une maladie « grave et irrémédiable » qui entraîne une « mort prochaine ».

Depuis le jugement de la Cour suprême en février 2015, le Collège des médecins et des chirurgiens du Manitoba a élaboré un document de normes et pratiques, pour encadrer le rôle des médecins.

Les patients doivent obtenir une exemption de la cour afin de recevoir l'aide médicale à mourir.

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a affirmé lundi que les lignes directrices provinciales concernant le suicide médicalement assisté n'étaient pas suffisamment claires.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Aide médicale à mourir : différences entre Québec et Ottawa

Un médecin qui ne veut pas participer à un suicide assisté n'aura pas besoin de le faire. Il devra cependant l'annoncer au patient et lui présenter une personne-ressource qui lui donnera de l'information sur le suicide assisté.

Une équipe de l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) formée de médecins, d'infirmières, de pharmaciens et de travailleurs sociaux est en place pour guider ceux qui souhaitent recevoir l'aide médicale à mourir.

Une démarche compliquée

Le processus pour recevoir l'aide médicale à mourir est encore trop complexe, et il cause des souffrances et du stress inutiles aux familles des malades, selon Natasha Griffiths.

« C'est honteux, parce qu'il faut aller devant la cour et ça aurait été très intimidant pour moi. Je ne crois pas que ça aurait été possible pour ma mère », précise-t-elle.

Natasha Griffiths espère que la loi permettra bientôt aux malades de recevoir l'aide médicale à mourir sans avoir recours aux tribunaux.

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