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Réforme électorale fédérale : les libéraux font un compromis

La ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef.

La ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

La Presse canadienne

Le gouvernement Trudeau met de l'eau dans son vin dans le dossier de la réforme électorale. Le compromis ne satisfait toutefois aucunement l'opposition conservatrice, pour qui la tenue d'un référendum sur la question est une condition sine qua non.

La ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, a annoncé jeudi que les libéraux renonçaient à leur majorité au comité qui se penchera sur la question en donnant son aval à une motion du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Ma priorité absolue n'a jamais été de savoir qui détenait la majorité au sein de ce comité. Ma priorité est de mettre le comité sur pied, de lancer les travaux et de démarrer la discussion. 

La ministre Maryam Monsef

En vertu de cette motion déposée par le député Nathan Cullen, le comité serait formé de cinq libéraux, de trois conservateurs, de deux néo-démocrates, d'un bloquiste et de la seule élue du Parti vert.

La ministre Monsef n'a pas semblé exclure la possibilité que le gouvernement libéral puisse consentir à organiser un référendum si le comité en faisait la recommandation à l'issue de ses travaux, à la mi-octobre.

Le premier ministre Justin Trudeau, en revanche, ne semble pas tenté par l'aventure. En marge d'un événement à Ottawa, mercredi, il a soutenu que les consultations populaires « sont souvent une façon d'empêcher le changement de se faire ».

Selon le NPD, si les travaux de ce comité désormais plus représentatif des résultats de la dernière élection se déroulent rondement, une consultation populaire serait superflue.

Si le gouvernement continue à faire preuve de bonne foi, si le comité parvient à travailler dans un esprit de collaboration, nous ne voyons pas la nécessité de tenir un référendum.

Le député néo-démocrate Nathan Cullen

Au NPD, on préconise historiquement le système électoral proportionnel mixte.

Du côté du Parti conservateur du Canada, on votera en défaveur de la motion, car elle ne stipule pas qu'un référendum soit organisé, a précisé jeudi l'attaché de presse de la formation, Marc-André Leclerc.

En Chambre, le député conservateur Alain Rayes a reproché au gouvernement de n'avoir aucune intention d'organiser une consultation populaire, déplorant que les libéraux aient « poussé l'audace en s'alliant au NPD » afin de l'éviter.

Son collègue Blake Richards a ajouté que les libéraux préféraient « négocier des ententes secrètes en coulisses » plutôt que de consulter la population canadienne par voie de référendum.

Le premier ministre Trudeau s'est engagé à ce que le scrutin de 2015 soit le dernier à se tenir sous le système uninominal majoritaire à un tour.

Durant la course à la direction du Parti libéral du Canada, il avait exprimé sa préférence personnelle pour un système préférentiel.

Les conservateurs jugent que ce mode de scrutin bénéficierait aux libéraux du centre, qui seraient certainement sélectionnés comme deuxième choix par les partisans des autres formations politiques plus campées idéologiquement.

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