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Le pavillon Mordecai-Richler coûtera deux fois plus cher que prévu

Le futur kiosque Mordecai-Richler, tel qu'imaginé par la firme d'architectes Beaupré Michaud et Associés
Le futur kiosque Mordecai-Richler, tel qu'imaginé par la firme d'architectes Beaupré Michaud et Associés
Radio-Canada

Restaurer le kiosque au pied du mont Royal coûtera finalement 724 000 $, a appris Radio-Canada. C'est près du double de ce qui était prévu. Les travaux qui devaient être terminés en 2014 traînent toujours en longueur. La saga pourrait se terminer devant les tribunaux.

Un texte de Caroline LacroixTwitterCourriel

C'est en 2011 que la Ville a donné le feu vert à la restauration du kiosque de musique construit en 1928.

La rouille et les graffitis étaient alors bien visibles sur le bâtiment patrimonial laissé à l'abandon depuis des années. La cure de rajeunissement – alors évaluée à 378 000 $ – devait aussi permettre d'honorer la mémoire de Mordecai Richler, célèbre écrivain montréalais mort en 2001.

Depuis, le comité exécutif a dû autoriser des sommes supplémentaires à deux reprises pour atteindre 535 000 $, puis frôler les trois quarts de million.

Tout comme des citoyens rencontrés aux abords du chantier, le conseiller de Projet Montréal Alex Norris estime que Montréal a mal géré le projet. « Ç'a pas de bon sens! Ça m'apparaît excessif et je pense que c'est le résultat d'une mauvaise planification », estime-t-il.

Réal Ménard, responsable des grands parcs au comité exécutif de la Ville de Montréal, explique que de mauvaises surprises sont survenues en cours de route. Du plomb a été détecté dans la peinture, et l'entrepreneur aurait découvert plus de moisissures que prévu, si bien que le bâtiment patrimonial a presque dû être refait de fond en comble.

C'est beaucoup d'argent. Je peux très bien comprendre les Montréalais, mais en même temps, on a des responsabilités quant au patrimoine et il fallait les assumer.

Réal Ménard, responsable des grands parcs au comité exécutif de la Ville de Montréal

M. Ménard blâme aussi la firme d'architectes Beaupré Michaud et Associés, qui n'aurait pas bien évalué le projet. « Des mises en demeure ont été envoyées à la firme qui ne nous a pas donné toute l'information, et ça suivra son cours. »

Le kiosque en 2011 (à gauche) et en 2016 (à droite)Le kiosque en 2011 (à gauche) et en 2016 (à droite) Photo : Radio-Canada/Caroline Lacroix

Mais l'architecte Josette Michaud n'entend pas en rester là. Elle raconte que sa firme a été chassée du chantier l'été dernier par le chargé de projet de la Ville, mal conseillé par l'entrepreneur, à son avis.

Elle cite en exemple la toiture de la structure, qui n'aurait jamais dû être refaite. « L'entrepreneur conseille mal la Ville, et la Ville manque de discernement en écoutant l'entrepreneur plutôt que l'architecte. »

Irritée par la tournure des événements, elle dit avoir rencontré des représentants du Bureau de l'inspecteur général de la Ville de Montréal. L'entrepreneur, lui, n'a pas répondu à nos appels.

Le pavillon devrait finalement être inauguré en juillet prochain.

Société