•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le métier de maréchal équestre: une approche unique

Joel Bernier, maréchal équestre, au travail dans un ranch à Fisher Branch au Manitoba.

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada

Dans le monde du cheval, le métier de maréchal équestre - à ne pas confondre avec le maréchal ferrant - a presque disparu aujourd'hui. Au Manitoba, Joel Bernier tente de faire revivre cette tradition qui vient de l'armée. Il serait le seul au Canada à exercer cette profession.

Un texte de Camille Gris RoyTwitterCourriel

« Le maréchal équestre, c'est un peu le gérant qui s'occupe de tout ce qu'il y a autour du cheval », explique Joel Bernier. Ce métier multitâche vient, à l'origine, de la tradition militaire.

« On est à la fois maréchal ferrant, sellier, charron. On s'occupe de l'équipement et aussi de l'entraînement, la bonne personnalité, le bon match avec le [cavalier] », dit M. Bernier.

Joel Bernier

Joel Bernier

Photo : ICI Radio-Canada

À la différence du maréchal ferrant, qui s'occupe surtout de « la taille des sabots et la pose de fers », le maréchal équestre prend en compte « l'approche holistique du cheval, en général ».

« Je tiens compte beaucoup de la tension [musculaire], l'alignement de la colonne, la réflexologie en cinq points, explique Joel Bernier. Si les vertèbres de votre cheval ne sont pas bien alignées, il ne peut pas bien performer. »

« Si les sabots ne sont pas bien parés, poursuit-il, c'est très dur sur la colonne du cheval. Il ne peut pas sauter, le galop est saccadé, la selle n'est pas confortable. » Tout cavalier connaît le dicton : pas de pied, pas de cheval.

Le maréchal équestre n'est pas vétérinaire, mais il pratique à la fois un art et une science.

C'est comme le mécanicien général des chevaux. Mon métier, c'est m'assurer que tout fonctionne bien.

Joel Bernier, maréchal équestre
Joel Bernier, maréchal équestre, s'occupe des sabots d'un cheval.

Joel Bernier, maréchal équestre, s'occupe des sabots d'un cheval.

Photo : ICI Radio-Canada

Un savoir qui se perd

Installé près de Brandon depuis quelques années, Joel Bernier travaille à son compte pour des clients d'un peu partout dans la province. Il travaille avec tous les types de chevaux - « peu importe la race et la grosseur ».

Joel Bernier, maréchal équestre, tire son savoir de certains livres traditionnels.

Joel Bernier, maréchal équestre, tire son savoir de certains livres traditionnels.

Photo : ICI Radio-Canada

Son savoir, le maréchal l'a essentiellement appris de son grand-père. Il a également réussi à mettre la main sur quelques livres rares.

L'aventure a vraiment commencé pour lui en 1994, lorsqu'il gagne un cheval à Saint-Victor-de-Beauce au Québec, sa province d'origine. C'est à ce moment qu'il achète ses premiers outils et commence à s'essayer au métier.

C'est beaucoup de recherche, d'information à retrouver qui a été perdue, et c'est une structure à établir aussi.

Joel Bernier, maréchal équestre

Aujourd'hui, Joel Bernier croit être le dernier représentant de la profession au pays. « J'ai parlé avec plusieurs personnes âgées, 90 ans et plus, qui ont travaillé avec des chevaux et c'est ce qu'ils m'ont dit : je suis le seul à pratiquer cette approche-là. »

C'est un métier au Canada qui n'est pas connu. Mais si on va en France et en Allemagne, le terme est encore très utilisé.

Joel Bernier, maréchal équestre

En devenant maréchal équestre, Joel Bernier a d'abord voulu ramener dans le civil un métier militaire. Et pour que la tradition soit préservée, il espère pouvoir transmettre ses connaissances à d'autres. « J'enseigne beaucoup à mes clients des références de base », dit-il.

Son projet à long terme, c'est de créer une école de maréchalerie au Manitoba, où « il y a un besoin ». « Je travaille avec la province et le Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM) pour ça. Ici, côté équestre, il y a très peu d'écoles. »

La route n'est pas toujours facile à tracer. Certains dans le monde du cheval, les maréchaux ferrants surtout, ne voient pas toujours Joel Bernier d'un bon oeil et craignent la compétition. « Au début, ils pensaient juste au mot maréchal [...]. Puis là ils s'aperçoivent que l'approche du cheval est très différente. »

L'homme de cheval est toutefois bien déterminé faire connaître son travail, sa passion.

Joel Bernier, maréchal équestre.

Joel Bernier, maréchal équestre.

Photo : ICI Radio-Canada/Camille Gris Roy

Manitoba

Société