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Québec solidaire ambitionne de gouverner d'ici 10 ans

Les porte-parole de Québec solidaire Françoise David et Andrés Fontecilla tiennent une conférence de presse le 28 mai 2016 à Montréal, en marge du congrès du parti.
Les porte-parole de Québec solidaire Françoise David et Andrés Fontecilla tiennent une conférence de presse le 28 mai 2016 à Montréal, en marge du congrès du parti. Photo: ICI Radio-Canada
Radio-Canada

Créé en 2006, le parti de gauche Québec solidaire a eu 10 ans pour se faire connaître. Les 10 prochaines le mèneront vers le pouvoir, espèrent ses porte-parole.

« On est né petit, on va devenir gros », a promis la députée de Gouin Françoise David, samedi à Montréal, au cours d'une conférence de presse organisée en marge du 11e congrès du parti, à l'UQAM.

On va rappeler aux gens, de façon très ferme, qu'on n'est pas nés pour un petit pain et que oui, la gauche, ça peut exister en Amérique du Nord : une gauche féministe, indépendantiste, écologiste.

Françoise David, coporte-parole de Québec solidaire

En dressant le bilan des 10 dernières années, Mme David a rappelé que plusieurs des idées de QS ont été reprises par les partis au pouvoir, comme le projet du gouvernement libéral de négocier les médicaments d'ordonnance, la commission parlementaire sur les paradis fiscaux, le projet de loi sur les locataires aînés et la parité hommes-femmes dans les partis et au Conseil des ministres.

« Ce qu'on dit aux gens, c'est : "Vous aimez ça? Ben, il faut changer vos habitudes de vote" », a-t-elle lancé, en évoquant des exemples récent de virage à gauche, comme en Grèce et en Espagne.

L'autre porte-parole du parti, Andrés Fontecilla, a par ailleurs déploré que Québec solidaire soit toujours désavantagé par un système électoral qui, selon lui, privilégie les « vieux » partis.

Admettant que sa formation éprouve toujours de la difficulté à faire élire des députés à l'extérieur de Montréal, M. Fontecilla a insisté pour dire que des efforts importants étaient déployés afin de convaincre les électeurs des régions de faire confiance à Québec solidaire.

Quant à la convergence des forces souverainistes, Andrés Fontecilla estime qu'il est difficile de « la faire avancer », étant donné « l'absence d'une position claire du Parti québécois sur l'accession à l'indépendance ». Il soutient que les candidats à la direction du PQ font preuve « d'une valse hésitation » sur le sujet, et qu'il faudra manifestement attendre l'élection du nouveau chef à l'automne.

Entre-temps, Québec solidaire promet, s'il est porté au pouvoir, de mettre sur pied une assemblée constituante dont le mandat sera de préciser la démarche vers l'indépendance.

Des personnalités appuient

Par ailleurs, de nombreux artistes et intellectuels devraient exprimer leur appui à Québec solidaire ce soir au cours d'un spectacle au Club Soda.

Parmi eux : le réalisateur Xavier Dolan, le chef autochtone Ghislain Picard, le philosophe Noam Chomsky, l'auteure Naomi Klein, les artistes Ariane Moffatt et Fred Pellerin, le comédien Luc Picard, ainsi que le politicien français de gauche Jean-Luc Mélanchon.

Selon la députée Manon Massé, ces appuis démontrent que le parti n'est pas seul à partager « le rêve d'une société égalitaire, écologiste, au service du peuple ».

Québec solidaire a été créé en 2006 à la suite d'une fusion de l'Union des forces progressistes (UFP) et d'Option citoyenne. Il a fait élire son premier député à l'Assemblée nationale, Amir Khadir, en 2008. En 2012, Françoise David, à son tour, a été élue. Manon Massé s'est jointe à eux en 2014.

Le parti a obtenu 3,6 % des votes en avril 2007. Il est passé à 3,8 % en décembre 2008, à 6 % en septembre 2012 et à 7,6 % en avril 2014.

Avec les informations de La Presse canadienne

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