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Les pizzlys remplaceront bientôt les ours polaires, selon un biologiste

pizzly mort dans la neige, croisement entre un ours polaire et un grizzly.

Le pizzly a été tué par un chasseur, Didji Ishalook, au Nunavut.

Photo : Didji Ishalook

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les ours polaires sont amenés à disparaître, estime un chercheur de l'Université de l'Alberta après la découverte d'un « pizzly », un hybride entre un ours polaire et un grizzly, hors de sa région habituelle.

Ce spécimen a été trouvé au Nunavut, à la mi-mai. Au cours des dix dernières années, une dizaine de pizzlys ont été recensés dans le pays, mais c'est le premier pizzly retrouvé hors des Territoires du Nord-Ouest.

Les deux grands prédateurs ne se rencontrent habituellement pas, le grizzly demeurant à l'intérieur du continent, tandis que l'ours blanc vit sur la banquise. Le réchauffement climatique perturbe toutefois le quotidien de la faune, conduisant les jeunes grizzlys mâles vers le nord, où ils s'accouplent avec des ours polaires, selon Andrew Derocher, biologiste spécialisé dans l'étude du comportement des ours à l'Université de l'Alberta.

Nous savons depuis longtemps, grâce à des expériences faites dans des zoos en Europe et en Russie, que les ours polaires et les grizzlys s'accouplent en captivité, mais ce n'est qu'en 2006 que nous avons trouvé le premier [pizzly] en forêt dans les Territoires du Nord-Ouest.

Une citation de :Andrew Derocher, chercheur à l'Université de l'Alberta

Le biologiste considère que ces croisements de races pourraient conduire à la disparition de l'ours polaire. Celui-ci s'adapte en effet moins bien à l'intérieur du continent que son ancêtre génétique, le grizzly, qui, lui, s'acclimate mieux à la banquise. 

D'après le biologiste, l'ours polaire pourrait ainsi survivre pendant trois ou quatre générations, soit jusqu'à la fin du siècle. « Mais cela reste dur à prédire, cela va aussi dépendre de ce que nous faisons concernant le réchauffement climatique », concède-t-il.

Pour sa part, Dave Garshelis, chercheur au département des ressources naturelles du Minnesota, ne pense pas que les pizzlys puissent un jour remplacer les ours polaires. Il considère que ces derniers se sont bien adaptés à leur milieu de vie. « Il y a toujours eu des races d'ours hybrides au cours de notre histoire, et pourtant ils [les ours polaires] n'ont pas disparu », juge-t-il. Le pizzly s'adaptera en revanche mieux aux évolutions du climat que chacune des deux races, pense le chercheur.

Malgré l'absence de consensus entre les scientifiques, les deux chercheurs s'accordent en revanche pour dire qu'en raison des changements climatiques, de plus en plus de pizzlys naîtront dans l'Arctique canadien dans les années à venir.

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