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Qualité d'enseignement : écoles urbaines ou rurales ?

Dans le sud et l'est de l'Ontario, une école sur quatre est surpeuplée, avec des taux d'occupation qui grimpent jusqu'à plus de 200%.

Dans le sud et l'est de l'Ontario, une école sur quatre est surpeuplée, avec des taux d'occupation qui grimpent jusqu'à plus de 200%.

Photo : Radio-Canada/Nael Shiab

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les élèves du nord et des écoles rurales ont moins facilement accès à des enseignants spécialisés que leurs confrères des écoles urbaines selon un rapport dévoilé jeudi matin par People for Education. L'organisme estime que ces inégalités peuvent nuire au succès à long terme des élèves en régions éloignées.

Un texte de Mathieu GrégoireTwitterCourriel

Pour assurer une plus grande uniformité de l'enseignement à travers la province, le groupe de pression en éducation somme le gouvernement ontarien de revoir sa formule de financement qui est actuellement basée sur le nombre d'élèves par école.

Le rapport fait état des conclusions d'une étude réalisée par People for Education auprès de 1154 écoles à travers la province. Selon le document d'une cinquantaine de pages, les écoles élémentaires rurales ont proportionnellement beaucoup moins d'enseignants spécialisés que les écoles urbaines.

Par exemple : six écoles sur 10 dans les grands centres comptent un enseignant spécialisé en santé et en éducation physique alors qu'en région éloignée la proportion est de 3 sur 10. People for Education note aussi des écarts significatifs par rapport aux enseignants spécialisés en musique et en services bibliothécaires.

Source : People for Education

L'accès inégal aux spécialistes peut nuire à la qualité de l'enseignement et au succès à long terme des élèves des petites écoles selon la directrice générale de l'organisme, Annie Kidder. Elle croit qu'un enseignant de musique qualifié peut bonifier l'apprentissage de ses élèves en offrant des activités parascolaires tels une chorale ou un groupe harmonique tout comme un enseignant spécialisé en éducation physique peut influencer positivement le dynamisme d'une école.

Nous ne disons pas qu'il faut un enseignant de musique à temps plein dans chaque école, mais plutôt que les conseils scolaires devraient avoir suffisamment de ressources [humaines] dans les communautés rurales et du nord pour qu'ils puissent les distribuer de manière efficace.

Une citation de :Annie Kidder, directrice générale, People for Education

Les écoles du Conseil scolaire public du Grand Nord de l'Ontario (CSPGNO) reflètent bien certains constats émis par People for Education. De fait, il est plutôt rare de trouver un enseignant de musique dans les écoles rurales du CSPGNO. Le conseil dit pallier la situation en organisant un concours musical qui fait la promotion de la chanson et des artistes franco-canadiens.

Quant à la qualité de la formation offerte en régions rurales, le directeur de l'éducation du CSPGNO tient à nuancer les conclusions du groupe lobbyiste.

« En regardant les résultats du testing de l'OQRE dans nos petites écoles rurales, en regardant nos résultats internes de testing, d'évaluation interne qu'on fait au conseil, l'impact n'est pas là. Parce que, oui, il n'y a peut-être pas d'enseignant de musique qui peut enseigner le cours de musique, mais il y a quand même un très bon ratio enseignant-enseignante-élèves. »

Il y a une proximité entre les élèves et le personnel de l'école. Donc, on va chercher la qualité d'une autre façon.

Une citation de :Marc Gauthier, directeur de l'éducation, Conseil scolaire public du Grand Nord de l'Ontario

Répondre partout aux élèves à besoins spéciaux

Le rapport de People for Education conclut également que les écoles rurales font face à d'importants défis lorsqu'elles cherchent à obtenir du soutien du ministère de l'Éducation pour répondre aux élèves à besoins spéciaux.

Deux tiers des écoles éloignées disposent d'au moins un éducateur spécialisé.

En contrepartie, neuf écoles urbaines sur 10 emploient ce type de professionnel. Il serait aussi plus difficile en région de faire évaluer les besoins particuliers d'un élève. Pas moins de 72 % des petites écoles soutiennent devoir limiter leurs demandes d'évaluation alors que seulement la moitié des grandes écoles doivent respecter ce genre de restriction.

Marc GauthierAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marc Gauthier

Photo : Josée Perreault

L'étude démontre aussi que depuis 4 ans, les élèves de la province ont un accès de plus en plus limité à des travailleurs sociaux et des psychologues, et ce, tant à l'élémentaire qu'au secondaire.

À la lumière de ses constatations, la direction de People for Education demande à la province de revoir le mode de financement des écoles.

« Nous ne croyons pas que la réponse [aux inégalités] est forcément une question d'argent. Cependant, nous devons vraiment prendre le temps avec le gouvernement d'analyser la situation. Il faut plus que de simples ajustements à la formule de financement. »

Marc Gauthier se dit aussi ouvert à revoir les critères de financement de manière à améliorer l'accès aux services dans l'ensemble du CSPGNO.

La ministre Sandals réagit au rapport

Sans nier les écarts de services entre les écoles rurales et urbaines, la ministre de l'Éducation rappelle que la priorité de son ministère est d'assurer le succès de tous les élèves aux quatre coins de la province.

Liz Sandals soutient que depuis 2003, le gouvernement ontarien a augmenté de 43% le budget qu'il accorde aux conseils scolaires du nord de la province, et ce, malgré des baisses constantes d'inscriptions.

Nous sommes déterminés à offrir à tous nos étudiants, y compris ceux dans les écoles rurales, un enseignement et des expériences d'apprentissage dans une variété de sujets tels la musique, les arts et l'éducation physique; particulièrement dans les écoles élémentaires.

Une citation de :Liz Sandals, ministre de l'Éducation de l'Ontario

Quant à une éventuelle réforme du modèle de financement, la ministre Sandals ne fait aucune promesse. Elle dit simplement que son équipe veut continuer de travailler avec tous conseils scolaires de la province pour s'assurer que « tous les élèves continuent d'atteindre l'excellence ».

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Ontario