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S'exiler pour mieux performer, la recette de Kretz et Brault

Amélie Kretz (à gauche) et Gwen Jorgensen (au centre)

Amélie Kretz (à gauche) et Gwen Jorgensen (au centre)

Photo : Wizards de Wollongong

Radio-Canada

Amélie Kretz et Sarah-Anne Brault se sont placées en position de force pour être retenues dans l'équipe olympique canadienne de triathlon. Les deux Québécoises y voient le fruit du travail accompli sous la houlette de Jamie Turner en Australie, dans un groupe qui favorise l'émulation.

Un texte de Guillaume BoucherTwitterCourriel

Kretz et Brault ont choisi l'exil d'abord pour échapper aux hivers canadiens, un obstacle pour préparer des saisons de compétitions qui s'ouvrent en mars. Elles ont choisi l'Australie pour Jamie Turner et son équipe, les Wizards de Wollongong, séduites par un modèle d'entraînement décentralisé qui réunit des athlètes d'un peu partout dans le monde.

Kretz, une Wizard depuis janvier 2015, et Brault, depuis janvier 2014, ont pour coéquipiers un autre Québécois, Alexis Lepage, un Manitobain, Tyler Mislawchuk, des Australiens et la double championne du monde américaine, Gwen Jorgensen, entre autres.

La qualité d'athlètes dans ce groupe international leur a permis d'atteindre un autre niveau, croit Turner, une observation que partagent ses protégées.

« L'osmose est un outil très puissant, explique leur entraîneur néo-zélandais. Amélie et Sarah-Anne étaient dans de petits programmes avec des athlètes du même calibre qu'elles. Peut-être qu'elles sont devenues à l'aise dans cet environnement. D'être à l'aise dans l'inconfort, c'est quelque chose qui les pousse maintenant. »

« Il n'y a pas tant de triathloniens de haut niveau international au Canada, ajoute Brault. Si j'étais restée au Canada, je m'entraînerais avec une ou deux filles. Ici, il y en a au moins huit à chaque entraînement. »

Le sentiment d'appartenance à ce groupe a aussi un puissant effet sur la confiance. Les meilleures au monde ne sont plus dans une catégorie à part quand vous partagez leur quotidien et faites les mêmes programmes qu'elles.

« C'est moins intimidant rendu aux courses, estime Kretz. Parce que tu t'entraînes avec les meilleures au monde, tu sais que tu as ta place avec elles sur la ligne de départ. »

La vie avec une championne du monde

Amélie Kretz se réjouit « d'avoir toujours quelqu'un pour la pousser à l'entraînement ». Cette personne est souvent Gwen Jorgensen, reine incontestée du triathlon depuis deux ans et immense favorite pour les Jeux de Rio.

Tous les jours, elle voit la cible à atteindre et veut s'en approcher.

Jamie Turner, entraîneur des Wizards de Wollongong

À Wollongong, Kretz a appris à connaître l'Américaine à une échelle plus humaine et constaté qu'« elle a ses mauvaises journées à l'entraînement ». Elle a aussi découvert les habitudes de travail d'une championne du monde professionnelle jusqu'à la pointe des pieds.

« Elle est perfectionniste dans un bon sens, dit la Blainvilloise de 23 ans. Elle s'occupe de chaque petit détail. J'ai appris que si je veux être la meilleure au monde, ce sont les petits détails qui feront la différence. »

Sarah-Anne Brault

Sarah-Anne Brault

Photo : Wizards de Wollongong

« Je n'avais jamais été exposée à ça », ajoute Sarah-Anne Brault au sujet du professionnalisme de Jorgensen. Comme sa coéquipière américaine, l'athlète de Lévis tente de tirer le maximum des ressources qui lui sont offertes dans un environnement « bâti autour de l'athlète », où rien n'est négligé, de la nutrition à la récupération.

Jamie Turner se réjouit de lui avoir donné plus de structures pour cheminer vers les Jeux olympiques.

Merci Yokohama

Kretz et Brault sont plus constantes à l'entraînement et capables d'absorber une plus grande charge de travail, un aspect déficient à leur arrivée en Australie, estime Jamie Turner, qui y voit la clé de leurs récents succès.

« Il fallait leur permettre d'enchaîner des semaines et des semaines d'entraînement, explique l'entraîneur. On a vu les résultats à Yokohama. Elles ont bien performé parce qu'elles travaillent avec de bonnes ressources. »

Kretz et Brault ont en effet fait bonne impression à Yokohama, au Japon, à la dernière épreuve de qualification olympique. Avec une 8e place, le meilleur résultat de sa carrière en séries mondiales, Kretz a réussi l'objectif de classement établi par Triathlon Canada - un top 8 - pour décrocher l'une des trois places disponibles à Rio.

« En faisant un top 8, j'ai fait un des critères, et je suis la seule », dit Kretz, qui pense être retenue dans l'équipe olympique quand Triathlon Canada annoncera ses choix discrétionnaires le 9 juin.

Brault, elle, a signé sa meilleure performance cette saison avec une 13e place à Yokohama et « espère avoir laissé bonne impression ». L'athlète de 26 ans est la deuxième Canadienne au classement des qualifications olympiques avec une 54e place, derrière Kirsten Sweetland (48e), un autre argument en sa faveur.

Les chances de Paula Findlay, qui n'a jamais retrouvé sa forme de championne du monde depuis la blessure à la hanche qu'elle a subie avant les Jeux de Londres, semblent plus minces.

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