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Éducation en français : le chemin a été long et difficile pour Port-au-Port

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Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La communauté francophone de Port-au-Port, à Terre-Neuve, a lutté pendant des années pour que ses jeunes aient accès à une éducation en français.

Un texte de Philippe GrenierTwitterCourriel

Au début des années 70, Robert Cormier et des amis ont fondé les Terre-Neuviens français. Cette association a commencé à revendiquer une éducation en français auprès du conseil scolaire anglophone.

« On a réalisé qu'on était en train de perdre notre langue, et on a réalisé que l'éducation était la clé pour assurer la survivance de la langue », affirme Robert Cormier.

Mais déjà à cette époque, plusieurs torts avaient été commis. « J'avais des voisins qui ont décroché immédiatement parce qu'ils ne pouvaient pas supporter [d']apprendre la langue. Ils ne comprenaient rien. Les profs les engueulaient. Ça ne marchait pas », raconte M. Cormier.

Angela Moore, ancienne présidente du comité de parents de la Grand'Terre, se souvient aussi de cette époque où elle et ses amis francophones devaient aller à l'école anglaise du village voisin.

« Si tu parlais en français dans l'école à Lourdes, tu attrapais une douille dans la classe. [...] Une douille, c'est frappe, frappe. Ce n'est pas une petite frappe, comme il dit, la strap, la grosse strap », explique Mme Moore.

Une première victoire

La langue commençait à se perdre. Plusieurs parents francophones décidaient d'abandonner le français. Puis la Loi sur les langues officielles du Canada leur a donné des munitions. En 1975, un programme d'immersion française a été lancé à Cap Saint-Georges. « Je ne suis pas convaincu qu'on aurait encore la langue et la culture si c'était de ça », souligne Robert Cormier.

C'était une première victoire, mais la route était longue. Le conseil scolaire anglophone ne croyait pas à l'éducation en français dans la province. « L'English School Board, ça, c'était notre problème », indique Angela Moore.

Robert Cormier a même été menacé de congédiement par son surintendant. Il avait critiqué la gestion de l'argent attribué au programme d'immersion. « J'ai pris la lettre, je l'ai déchirée et je l'ai mise à la poubelle. J'ai dit : "Si tu veux me mettre à la porte, mets-moi à la porte, mais je vais trouver des parents qui vont m'appuyer" », explique M. Cormier.

Angela Moore, ancienne présidente du comité de parents de la Grand'TerreAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : ICI Radio-Canada/Philippe Grenier

Au milieu des années 80, plusieurs francophones en avaient assez. Ils ont commencé à manifester. L'École de la Grand'Terre était jugée désuète et beaucoup trop petite. Ils réclamaient une autre école moderne, mais surtout une éducation en français langue première pour leurs enfants.

Certains parents, comme Angela Moore, ont décidé de garder leurs enfants à la maison. « Les enfants n'étaient pas alloués à l'école, pas avant que tout soit fini. On a eu notre école », dit-elle.

Un rêve réalisé

Le conseil scolaire anglophone a fini par plier. L'École Sainte-Anne la Grand'Terre a été inaugurée en 1988.

C'est tout fini et l'école est là. Ça, c'est mon rêve. C'était un rêve pour grand-mère.

Une citation de :Angela Moore, ancienne présidente du comité de parents de la Grand'Terre

C'était aussi le rêve de Robert Cormier et des Terre-Neuviens français. « Quand je vois les jeunes réagir, parler français et s'amuser en français, ça me fait du bien, et je pense que ça valait tout l'effort qu'on a fait », dit-il.

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