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Il y aura des calèches cet été dans le Vieux-Montréal

Des touristes admirent la Basilique Notre-Dame en faisant un tour de calèche.
Des touristes admirent la Basilique Notre-Dame en faisant un tour de calèche. Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson
Radio-Canada

Les chevaux battront à nouveau le pavé du Vieux-Montréal cet été. Le maire Denis Coderre annonce la levée de l'interdiction des calèches et renonce à toute contestation judiciaire. Cette annonce fait suite à la décision de la Cour supérieure d'accepter la demande d'injonction provisoire déposée par des cochers pour annuler le moratoire de la Ville de Montréal .

Le juge Kirkland Casgrain, de la Cour supérieure du Québec, a rejeté les arguments de la Ville en faveur d'un moratoire d'un an. Il trouve étrange la décision de l'administration Coderre d'accorder des permis, puis d'interdire carrément les calèches pendant une saison complète. Il se questionne aussi sur le sort des cochers et des chevaux.

Se disant « respectueux de la décision du juge », Denis Coderre reconnaît que le moratoire « n'était pas la bonne solution » au problème des calèches. Il a expliqué que sa décision était dictée par la volonté d'agir vite pour la sécurité de la population et des chevaux.

Coderre promet une politique du cheval

Denis Coderre renonce au moratoire d'un an sur les calèches au Vieux-Montréal.Denis Coderre renonce au moratoire d'un an sur les calèches au Vieux-Montréal.

Cela dit, le maire de Montréal promet de revenir à la charge, car « le problème reste entier et on doit poser des gestes en conséquence ». Il insiste sur la nécessité de mettre en place une « nouvelle politique du cheval » pour éviter les mauvais traitements dont peuvent être victimes les animaux.

« Moi, j'adore les chevaux, mais je suis triste de voir la façon dont ils sont traités présentement, dans certains cas – je ne mets pas tout le monde dans le bain. Si vous voulez qu'on change l'industrie, eh bien, il faut avoir un électrochoc, c'est ce que j'ai fait », a martelé Denis Coderre.

Il va y avoir des calèches, on va surveiller, mais, je vous le dis, il va y avoir une politique du cheval et puis on va s'assurer qu'on puisse célébrer le patrimoine comme il se doit. Mais moi, je vais être très, très vigilant par rapport à la santé des chevaux et la sécurité des citoyens. C'est tolérance zéro là-dessus.

Denis Coderre

Évoquant le bien-être des chevaux et le souci d'officialiser la fonction de cocher, le maire Denis Coderre avait imposé un moratoire sur la circulation des calèches dans les rues du quartier touristique. Il voulait attendre l'adoption d'une nouvelle réglementation, au printemps 2017, avant de permettre à nouveau cette activité.

Soulagement chez les cochers

Un cocher heureux de l'injonction accordée pour suspendre le moratoire sur les calèches à MontréalUn cocher heureux de l'injonction accordée pour suspendre le moratoire sur les calèches à Montréal Photo : Caroline Lacroix/ICI Radio-Canada

Luc Desparois, propriétaire des Calèches Lucky Luc, était visiblement soulagé par la décision du juge. « Il [le maire de Montréal] nous a fait vivre l'enfer [...] Il nous a fait vivre des émotions à nous, à nos familles, à nos amis, à tout le monde. Je suis tellement content de la décision d'aujourd'hui », a-t-il déclaré à sa sortie du tribunal.

Ça fait du bien, on va respirer. Même pour le juge, comme on l'avait dit dès le début, ce n'est pas justifié. C'était vraiment cruel comme décision. On a travaillé fort et on veut gagner notre vie.

Luc Desparois, cocher

Les propriétaires de calèches étaient contrariés par l'annonce d'un moratoire, car si la Ville comptait rembourser le coût des 24 permis attribués pour l'été 2016, elle n'aurait pas dédommagé les propriétaires de chevaux et de calèches pour les pertes encourues.

L'opposition dénonce l'improvisation de la Ville

Pour le porte-parole de l'opposition officielle en matière de gestion animalière, le conseiller de Projet Montréal Sterling Downey, la décision de la Cour supérieure « souligne à gros traits l'improvisation dont a fait preuve Denis Coderre ».

Si le maire Coderre avait demandé un avis juridique sur le sujet, il aurait certainement été avisé qu'il ne pouvait pas procéder de façon aussi cavalière sans que sa décision soit invalidée par la Cour.

Sterling Downey, porte-parole de l'opposition officielle en matière de gestion animalière

« La meilleure façon de procéder aurait été de ne pas vendre les permis aux cochers au début de la saison, plutôt que de [les] leur retirer un mois après leur obtention », ajoute Sterling Downey, qui plaide pour la tenue d'une consultation publique sur cette question.

Justice et faits divers