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Les policiers français manifestent contre la « haine anti-flic »

Une voiture de police incendiée à Paris

Une voiture de police incendiée à Paris

Photo : ? Charles Platiau / Reuters

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des milliers de policiers ont manifesté mercredi à Paris et dans une cinquantaine de villes de Province à l'appel d'Alliance, le premier syndicat de la profession rejoint par d'autres organisations, pour dénoncer la « haine anti-flic ».

À Paris, selon la police et des témoins, une centaine de contre-manifestants violents scandant « Police partout, justice nulle part » ont bloqué une voiture de police avant d'y mettre le feu Quai de Valmy, à quelques centaines de mètres de la place de la République, où étaient réunis les policiers qui manifestaient.

Les trois policiers qui se trouvaient dans la voiture ont pu en sortir alors que la fumée commençait à s'échapper et une pancarte « poulets rôtis » a été laissée près du véhicule.

Les policiers se disent stigmatisés depuis le début des manifestations contre la loi Travail, émaillées de violences relayées sur Internet qui ont fait 350 blessés dans leurs rangs, loin des embrassades qui ont suivi les attentats de Paris.

Le choix de la place de la République est symbolique : plusieurs fois, les rassemblements du mouvement « Nuit debout » se sont terminés par des affrontements avec la police.

Selon un sondage pour Le Parisien, paru mercredi, 91 % des Français disent comprendre et soutenir les policiers.

« Nos collègues n'en peuvent plus, tiraillés entre leurs multiples missions comme la gestion des migrants à Calais ou la prévention du terrorisme », a déclaré Alliance. « À cela, il faut ajouter les manifestations avec leur lot de casseurs ».

« S'en prendre à eux, c'est s'attaquer à nous tous »

Le gouvernement, qui dit afficher un soutien sans faille aux forces de l'ordre, a débloqué plusieurs centaines de millions d'euros en leur faveur depuis les attentats.

Lors du conseil des ministres, François Hollande a lancé un « message clair de soutien à l'ensemble des forces de police, dans un contexte difficile », selon le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

« Policiers et gendarmes protègent chaque jour citoyens et institutions. S'en prendre à eux, c'est s'attaquer à nous tous », a déclaré le premier ministre Manuel Valls sur Twitter au début des manifestations.

Alliance a cependant critiqué à plusieurs reprises les consignes du gouvernement, jugeant que le délai d'intervention face aux casseurs était trop long.

Plusieurs plaintes pour violences ont été déposées contre des policiers et des responsables de gauche ont accusé le gouvernement d'avoir laissé s'organiser des tensions afin de décrédibiliser le mouvement.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a réfuté ces arguments en rappelant que 1300 personnes avaient été interpellées depuis le début des manifestations contre la loi Travail. Il a ajouté que 800 d'entre elles avaient été placées en garde à vue et 51, condamnées.

Deux affiches de la CGT contre la « répression policière » ont exacerbé la rancœur des syndicats de police.

À Paris, la contre-manifestation du collectif « Urgence, notre police assassine », qui devait se tenir peu avant celle des syndicats de policiers, a été interdite dans la matinée par la préfecture de police.

Une centaine de manifestants de ce collectif se sont néanmoins rassemblés aux abords de la place et se sont ensuite dirigés vers le quai de Valmy, où ils ont mis le feu à la voiture de police.

Pour Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), « la liberté de manifester est fondamentale pour notre démocratie ». « Mais elle ne doit pas permettre de laisser impunément une minorité d'extrémistes violer les lois de la République ».

« La "survisibilité" médiatique donnée à quelques dérapages isolés a rapidement permis à l'ultragauche de surfer sur l'une de ses thématiques favorites : les violences policières, sources de tous les maux ! », déplore le Syndicat des commissaires de la police nationale.

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