•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une publicité au goût amer selon un professeur de marketing

La publicité d'un restaurant de Moncton

Photo : Facebook

Radio-Canada

Le restaurant Skipper Jack's de Moncton a publié sur sa page Facebook une photo de la commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d'Entremont sur laquelle on peut lire « Fish and Chips anglais ? Inacceptable ».

Puis, plus bas, une autre photo d'elle qui dit « bon, peut-être que ceux-là [Fish and Chip] sont plus acceptables ». 

« C'est ce qu'on appelle une ''practical joke'' , explique Jean-Claude Poitras, professeur de marketing au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, à Dieppe. Il y a beaucoup de gens qui vont rire, mais il y a aussi beaucoup de gens qui vont en être affectés. »

On est en train de toucher au cœur même de la personne [Katherine d'Entremont] qui protège le fait français au Nouveau-Brunswick. Ce n'est pas nécessairement illégal, mais ce qu'ils ont fait est immoral.

Jean-Claude Poitras, professeur de marketing au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, à Dieppe

Une blague avant tout

Le gérant du restaurant Skipper Jack's, Jonathan Holmes, se défend bien d'avoir voulu offenser qui que ce soit avec cette publicité. Il affirme qu'il voulait avant tout faire une bonne blague.

« Notre objectif est de faire circuler notre assiette de Fish and Chips dans l'Internet. Je n'ai rien contre la commissaire ou les francophones », précise-t-il.

La publicité d'un restaurant de Moncton

La publicité d'un restaurant de Moncton

Photo : Facebook

Il admet néanmoins que le dossier des langues au Nouveau-Brunswick est un sujet épineux et qu'il a profité de la situation pour faire un bon coup de marketing. La photo de sa publicité a été partagée près d'une centaine de fois sur Facebook. Il a reçu plusieurs commentaires, mais aussi deux plaintes du public.

« Je suis moi-même un peu bilingue et mes deux employés sont francophones », ajoute Jonathan Holmes.

Jean-Claude Poitras a surtout l'impression que cette publicité rit en quelque sorte de tous les francophones du Nouveau-Brunswick.

« En tant qu'Acadien, je vois plus ça comme une insulte qu'autre chose », tranche-t-il.

La question des langues officielles demeure un sujet délicat au Nouveau-Brunswick. La commissaire aux langues officielles, Katherine d'Entremont a souvent fait les manchettes ces derniers mois pour ces enquêtes concernant le bilinguisme des commissionnaires de la province.

Récemment, deux commissionnaires unilingues anglophones ont perdu leur emploi dans un édifice de Moncton où le Réseau de santé Vitalité offre des services. Les autorités de Vitalité avaient reçu une plainte. Ce n'est toutefois pas la régie qui a congédié les deux employés. 

Le bureau de la commissaire Katherine d'Entremont n'a pas voulu émettre de commentaire sur l'affaire.

Acadie

Société