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À peine 19 % des plaintes d'agressions sexuelles mènent à des accusations à Ottawa

Julie Lalonde

Julie Lalonde

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Très peu de femmes qui portent plainte pour agression sexuelle réussissent à traduire leur agresseur en justice, selon des données obtenues par Radio-Canada. En moyenne, dans les cinq dernières années, 19 % des plaintes déposées à la police d'Ottawa menaient à des accusations.

Avec les informations de Jérôme BergeronTwitterCourriel

De plus, en 2015, 10 % des plaintes émises au Service de police d'Ottawa (SPO) étaient déposés sur la pile des dossiers non fondés, au grand désarroi d'une intervenante auprès de victimes d'actes sexuels, Julie Lalonde.

« Une personne sur 10 se fait agresser et se fait dire par la police : "Je ne te crois pas ou je ne vais pas le poursuivre". C'est horrible. »

— Une citation de  Julie Lalonde, intervenante

Même son de cloche du côté de la gestionnaire du Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) francophone d'Ottawa, Josée Guindon.

« C'est encore trop, parce que souvent un non fondé va être fait sur un manquement ou un mythe intégré de la part des services policiers », souligne-t-elle. « Et on en a tous des mythes et des préjugés. »

Difficile donc pour ces femmes d'obtenir gain de cause, déplorent les deux intervenantes.

Le modèle de Philadelphie : réviser les « cas non fondés »

Philadelphie, la nuit.
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Philadelphie, la nuit.

Photo : iStock

La solution pour certains intervenants de la région? Le modèle du Service de police de Philadelphie, aux États-Unis.

Lors d'un comité, les policiers rencontrent régulièrement des intervenants sociaux ou civils pour réviser tous les cas non résolus et non fondés.

Auparavant, les dossiers étaient rejetés dans bien des cas et les victimes n'étaient pas prises au sérieux dans cette ville américaine, selon la directrice générale de l'organisme Action ontarienne contre la violence faite aux femmes, Maïra Martin.

« Leur témoignage [aux victimes] est un peu décousu, n'est pas trop clair ou elles ont l'impression de se contredire », explique-t-elle. « Mais tout ça, il faut savoir que ça peut être normal pour une personne. »

Désormais, avec les nouvelles mesures adoptées dans la cinquième plus grande ville des États-Unis, les dossiers ne seraient pas fermés complètement et les victimes auraient une deuxième chance. Un modèle qui a fait ses preuve, ,aux dires de Josée Guindon.

« Le nombre de dossiers non fondés a drastiquement diminué [à Philadelphie] », relate-t-elle.

« Ça a redonné confiance aux victimes envers les corps policiers et le nombre de dénonciations a augmenté. »

— Une citation de  Josée Guindon, gestionnaire du CALACS francophone d'Ottawa

Le Service de police d'Ottawa était prêt à réaliser un projet pilote semblable, mais en y apportant ses modifications.

Le SPO refuserait de dévoiler au comité les détails de l'agression et les éléments de preuve du dossier qu'ils auraient à réviser. Trop contraignant pour les organismes, ils ont refusé.

« Si on avait fait le pilote, on aurait pu voir les nouvelles informations qu'on allait recueillir et déterminer par la suite ce qui manque et voir ce qui pouvait être changé », soutient une agente du SPO, Angela McDade.

Selon elle, la première étape consiste bel et bien à effectuer ce projet pilote.

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