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George LeBlanc : « les questions linguistiques ne sont pas explosives »

George LeBlanc

George LeBlanc

Photo : ICI Radio-Canada/Antoine Trépanier

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le maire sortant de Moncton affirme qu'en 2016, le maire de la seule ville officiellement bilingue au Canada se doit de pouvoir communiquer dans les deux langues officielles, et ce, même si les questions linguistiques « ne sont pas explosives ».

Un texte de Antoine Trépanier TwitterCourriel

M. LeBlanc, un francophile assumé ayant des compétences limitées dans la langue de Molière, affirme que le maire de la ville néo-brunswickoise ne doit pas nécessairement être « parfaitement bilingue » pour exercer ses fonctions.

George LeBlanc terminera le 26 mai un séjour de huit ans à la mairie de Moncton. Dans un entretien de fin de mandat avec Radio-Canada, il affirme que le bilinguisme d'un candidat à la mairie « est une importante considération ».

« Le bilinguisme est un aspect absolument critique pour le succès de Moncton. Moncton ne serait pas ce qu'elle est sans le bilinguisme officiel », soutient M. LeBlanc.

Nous avons fait des progrès exceptionnels sur le plan linguistique et j'espère que nous sommes un modèle pour le reste du pays.

Une citation de :George LeBlanc, maire sortant de Moncton
George LeBlancAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

George LeBlanc

Photo : ICI Radio-Canada/Antoine Trépanier

Il y a quelques mois, la conseillère Paulette Thériault avait qualifié les questions linguistiques de « délicates » lorsque le conseil municipal devait trancher sur une potentielle « Place Gérald-LeBlanc » en mémoire du poète acadien. Elle avait d'ailleurs dit du projet qu'il était « explosif », de par sa nature linguistique.

Pour George LeBlanc, toutefois, les débats entourant la langue ne signifient pas pour autant qu'ils sont explosifs.

« Je ne pense pas que c'est explosif aujourd'hui. Je pense qu'on a continué à faire des progrès en ce qui a trait à la relation et l'harmonie entre les deux communautés linguistiques », dit-il.

Pas d'appel pour Justin Bourque?

De ses huit ans à la tête de l'une des trois grandes villes néo-brunswickoises, la fusillade du 4 juin 2014 aura été sans conteste l'événement le plus marquant de son séjour à l'Hôtel de Ville.

« Nous ne pouvons pas nous préparer à de tels événements », dit-il d'emblée. Il revient sur une journée qu'il n'oubliera jamais.

Il passait un après-midi ensoleillé en famille à l'extérieur de la ville. Lorsqu'il est avisé qu'une fusillade a éclaté dans un quartier près d'où il demeure, M. LeBlanc s'assure que son épouse et sa nièce demeurent à l'extérieur de la ville. Du moins jusqu'à nouvel ordre.

Le maire de Moncton, George LeBlancAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire de Moncton, George LeBlanc

Photo : Guy R. LeBlanc/Radio-Canada

Les trois jours qui ont suivi auront été « mouvementés ». Près de deux ans plus tard, il soutient que les plaies ne se sont pas complètement cicatrisées. Si bien que l'idée de voir l'auteur de la fusillade, Justin Bourque, interjeter appel ne le réjouit pas du tout.

M. LeBlanc est avocat pour l'un des plus gros cabinets dans les Maritimes, Cox and Palmer. Or, il ne partage pas l'idée de porter en appel la peine de Justin Bourque pour des raisons constitutionnelles ou pour atteinte à la Charte des droits et libertés.

« Pour moi, la question fondamentale que je me pose, c'est comment on calcule la valeur de chaque vie. Pour moi, personnellement, la peine était correcte », dit-il.

Il soutient que si Justin Bourque porte sa cause en appel, tel qu'on l'a laissé entendre ces derniers mois, ce serait « très difficile » pour les familles et la communauté.

« Personnellement, c'est ce que je pense en ce qui a trait au système de justice, mais je comprends très bien que les gens ont le droit d'être représentés et je respecte cela », dit-il.

Une mairie calme

George LeBlancAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

George LeBlanc a tenté d'attirer une équipe de la Ligue canadienne de football, mais en vain. «Le timing n'est pas bon présentement», admet-il.

Photo : ICI Radio-Canada/Antoine Trépanier

George LeBlanc n'est pas connu pour ses gestes d'éclats. « Je ne suis pas Régis Labeaume », convient-il, sourire en coin, en parlant du bouillant maire de Québec.

En définitive, il dit quitter le poste de premier magistrat de la seule ville officiellement bilingue au Canada « parce que c'est le temps », et que ce n'est pas « bon de rester trop longtemps ».

Ceci dit, sa présence à l'Hôtel de Ville aura toutefois été marquée par quelques conflits de travail avec des employés municipaux.

Par exemple, ce lock-out de cinq mois qui a paralysé les opérations de Codiac Transpo, le service de transport en commun. En 2012, le maire LeBlanc venait tout juste de se faire réélire avec une écrasante majorité lorsque le conflit a éclaté.

Les plans de construction du centre multifonctionnel du centre-ville de Moncton.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les plans de construction du centre multifonctionnel du centre-ville de Moncton.

Photo : Ville de Moncton

Encore aujourd'hui, M. LeBlanc maintient que l'entente finale est « juste » et que l'affaire est réglée. Or, plusieurs au moment du conflit affirmaient que le maire voulait signaler à tous les employés de la Ville, par sa position ferme, que la ville ne leur consentirait pas des salaires disproportionnés.

« Ce conflit malheureux n'était pas pour faire un ''statement'', mais j'admets que ç'a mis la table pour les années qui ont suivi », dit-il.

Mais ce qui a marqué ses deux mandats de quatre ans, c'est sans contredit le projet de centre multifonctionnel au centre-ville. Présentement en construction, l'ouverture officielle sera faite par sa successeure, Dawn Arnold.

Dès sa première élection, M. LeBlanc souhaitait voir ce centre érigé sur l'emplacement de l'ancien centre commercial Highfield Square, rue Main. La lenteur du processus l'aura frustré à quelques reprises, mais au final, il s'agit là probablement de son héritage le plus important à la ville. 

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