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La technologie au service des athlètes olympiques canadiens

La technologie au service des athlètes olympiques canadiens
Radio-Canada

Briller sur la scène sportive internationale malgré une population limitée. C'est l'ambitieux objectif que se fixe le Canada. C'est aussi le tournemain qu'ont réussi l'Australie et la Grande-Bretagne. Quels sont les secrets de leur réussite que le Canada tente d'importer?

Un texte d'Olivier Arbour-MasseTwitterCourriel

À Rio, le Canada veut atteindre le top 12 du classement cumulatif des médailles. Rééditer la récolte de 18 médailles des Jeux de Londres ne suffit pas. Il faudra en décrocher de 19 à 24, selon différentes estimations.

À l'avant-garde de la technologie

« La technologie, c'est de plus en plus le nerf de la guerre. Si tu ne te sers pas des technologies de pointe, tu es largué à la ligne de départ », lance Jon Kolb, le directeur des sciences du sport, de la médecine sportive et de l'innovation d'À nous le podium.

C'est presque un consensus chez les différents intervenants du système olympique canadien : l'apport des technologies pour optimiser l'entraînement peut propulser un athlète de pointe sur le podium.

« Les Australiens, tout ce qui a trait à la haute performance, la technologie, les différents outils, on est 5 ou 10 ans en arrière d'eux », estime Cory Kennedy, préparateur physique à l'Institut national du sport (INS) du Québec, qui a fait sa maîtrise universitaire en Australie.

« Les plateformes de force, par exemple. Ici, on en a dans nos sept instituts nationaux et à cinq ou six autres places alors qu'eux, ils en ont entre 50 et 60 dans tout le pays. »

Kennedy dresse le portrait le plus pessimiste du retard canadien, mais tous s'entendent pour dire que l'Australie et la Grande-Bretagne sont à l'avant-garde.

« Ils investissent plus dans la recherche sur les technologies et sur leur utilisation dans l'entraînement des athlètes », fait remarquer le directeur scientifique de l'INS du Québec, Jonathan Tremblay. « Mais on les rattrape », croit pour sa part Jon Kolb.

Une piscine de 30 millions

L'Australie possède la piscine la plus avancée du monde, construite au coût de 30 millions de dollars au milieu des années 2000.

« Avec des plateformes de force, des caméras partout... pas de bain libre, une piscine réservée à l'équipe de natation avec la technologie la plus développée », se souvient Pierre Lafontaine, directeur général de Ski de fond Canada. Le Québécois était entraîneur-chef de l'Institut du sport australien quand le gouvernement a construit cette piscine après les Jeux de 2004.

La natation contribue largement au succès australien et a été un élément central de la révolution sportive que les Australiens ont opérée après l'échec des Jeux de Montréal, en 1976, où ils n'ont amassé que cinq médailles.

« Ils se sont dit : ce n'est pas australien de ne pas être bon en sports », explique Pierre Lafontaine. L'Institut national du sport a été inauguré en 1981 et la renaissance du mouvement olympique australien a culminé aux Jeux de Sydney en 2000 avec le 4e rang du classement général et 58 médailles.

« Ça prend du temps, mais ça commence avec une volonté », note Lafontaine.

La Britannique Laura Trott célèbre sa conquête de l'or au 500 m contre-la-montre aux Jeux de LondresLa Britannique Laura Trott célèbre sa conquête de l'or au contre-la-montre de 500 m aux Jeux de Londres. Photo : GI / LEON NEAL/AFP/Getty Images

Des ingénieurs de F1 pour l'athlétisme

En Angleterre, l'organisation des Jeux de Londres en 2012 a servi de moteur à l'innovation.

Peter Eriksson, entraîneur-chef d'Athlétisme Canada, a constaté de près l'ampleur des moyens déployés par la Grande-Bretagne. Il a agi à titre d'entraîneur-chef et directeur de la performance du programme de para-athlétisme pendant les trois années qui ont précédé les Jeux de Londres.

« On a travaillé avec des ingénieurs de formule 1 pour dessiner les roues, avec des experts de vélo de piste pour les cadres et les casques », cite-t-il en exemple.
Les sports olympiques ont autant sinon plus bénéficié de ces investissements.

« Ils ont conçu des combinaisons spéciales pour le cyclisme sur piste. Ils se sont attardés à tous les petits détails dans les sports où ils avaient des chances de gagner des médailles », rapporte Eriksson.

Et ça a payé. Les cyclistes sur piste ont rapporté 12 médailles, dont 8 d'or, comparativement aux 4 podiums obtenus 8 ans plus tôt.

Dans l'ensemble, la délégation britannique a connu les meilleurs Jeux de son histoire avec une récolte de 65 médailles, plus du double qu'en 2004. Ses 29 médailles d'or l'ont placé au 3e échelon du classement général.

Un des détails auxquels les Britanniques s'attardent : le sommeil. « Certains cyclistes vont jusqu'à se faire faire des lits ou des matelas particuliers qu'ils plient et qu'ils vont amener en compétition avec des oreillers à mémoire », explique Jean Fournier, docteur en psychologie du sport.

« Une meilleure récupération, ça permet de réussir un meilleur entraînement ou une meilleure performance dans les compétitions », précise M. Fournier.

À l'affût des meilleures pratiques, le Canada compte désormais lui aussi sur un expert en sommeil pour peaufiner la préparation des athlètes.

(Avec la collaboration de Diane Sauvé)

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