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Des anciens de Facebook disent en avoir manipulé les contenus

fb

Photo : iStock

Martin Lessard
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Doit-on être surpris? Le site Gizmodo a révélé, cette semaine, que Facebook avait manipulé la sélection des contenus populaires supposée être le résultat neutre d'un calcul algorithmique, éliminant au passage des contenus à la teneur trop conservatrice.

Facebook se drape derrière une objectivité algorithmique quand elle présente les tendances sur sa plateforme. Ajoutée en 2014, cette section est censée présenter les contenus qui circulent le plus parmi ses abonnés. Elle est en fait un palmarès éditorial.

Que les médias en général possèdent des biais, cela est connu, et même parfois revendiqué. L'auditoire en est généralement bien informé. Mais ici, Facebook modifie ses résultats sans jamais mentionner qu'il s'agit d'un choix éditorial.

Injection et mise en sourdine de contenus

La manipulation des algorithmes implique l'injection de contenus dans le réseau. Celle-ci répond parfois au besoin de pallier l'insignifiance des contenus qui circulent dans la communauté quand l'actualité brûlante commande de se préoccuper de nouvelles autrement plus importantes : la guerre en Syrie, notamment, ou la lutte contre la discrimination – comme on l'a vue avec le mouvement #BlackLivesMatter.

Parfois, le réseau met en sourdine certains contenus dits conservateurs. Mettre en sourdine signifie qu'on limite la portée d'une nouvelle pour qu'elle apparaisse moins importante dans le palmarès.

Gizmodo ne dit pas que ces manipulations viennent de la direction ni que ces pratiques se poursuivent aujourd'hui. Par contre, s'il restait des doutes quant à la capacité de Facebook de manipuler la circulation de l'information, ils n'existent plus.

La valeur stratégique et politique de ce type de manipulation est bien trop grande pour que Facebook ne soit pas tenté de l'utiliser. D'autant plus que cette manipulation est indolore, incolore et inodore.

La prochaine fois qu'une nouvelle circule sur Facebook, faudra-t-il se demander pourquoi elle apparaît là, à ce moment-là? Il faudra dorénavant se montrer suspicieux en permanence.

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