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Des cliniques pour tester la santé des mineurs qui ont respiré de la poudre d'aluminium à titre préventif

Radio-Canada

Jean-Paul Rozon a passé 41 ans dans différentes mines de la région de Timmins avant de prendre sa retraite l'an dernier. Durant six ans, alors qu'il travaillait à la mine McIntyre, il a été forcé de respirer de la poudre d'aluminium avant de descendre sous terre.

Un texte de Sophie Houle-DrapeauTwitterCourriel

Il vit aujourd'hui avec la sarcoïdose pulmonaire et de l'asthme. Il est convaincu que la poudre d'aluminium a aggravé son état.

Si tu respires déjà de la poussière de roche qui te rend malade et que tu mets une autre poussière dans tes poumons [...] tu le sais que les deux ensembles, ça crée quelque chose de pas très bon pour toi!

Jean-Paul Rozon, ancien mineur

Il dit avoir demandé d'être testé pour la silicose, mais « on dirait qu'ils [les médecins] ne veulent pas en parler ».

C'est pourquoi il tient à participer à la clinique qui s'installe à Timmins pour deux jours. Il a l'impression qu'on ne lui a pas tout dit sur son état de santé.

Et il n'est pas le seul. Plus de 70 mineurs ont déjà pris rendez-vous pour se soumettre à des tests médicaux et raconter leur récit.

Indemnisation financière?

La clinique, la toute première du genre en Ontario, a été mise sur pied par Janice Martel, avec l'appui du syndicat des Métallos.

La femme a lancé l'an dernier la McIntyre Powder Project, afin de savoir si la poudre d'aluminium a contribué au développement de la maladie de Parkinson dont son père est atteint. Elle croit qu'il mérite une indemnisation financière comme bien d'autres mineurs.

Deux médecins, des infirmières et des hygiénistes du Centre de santé des travailleurs de l'Ontario seront sur place. Le bureau des conseillers des travailleurs sera aussi présent.

Une autre clinique aura lieu à Sudbury les 3 et 4 octobre prochain.

La Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) prévoit faire un nouvel examen des preuves scientifiques afin de déterminer si les mineurs qui ont été exposés risquent davantage d'être atteints de certaines maladies, incluant les troubles neurologiques.

Par courriel, le ministère du Travail indique collaborer avec la CSPAAT. Il écrit prendre très au sérieux " l'exposition à des substances dangereuses, y compris la poudre McIntyre ".

La poudre d'aluminium a été utilisée à partir des années 1940 jusqu'à 1979 dans plusieurs mines du nord de l'Ontario.

À l'époque, on croyait que la poudre d'aluminium permettait de prévenir la silicose. Aucune étude n'a prouvé que la poudre d'aluminium aidait à prévenir la maladie pulmonaire. Aucune étude n'a prouvé non plus que la poudre d'aluminium était nocive pour la santé des mineurs.

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