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Le brasier de Fort McMurray laissera des cendres toxiques, disent des experts

Des employés d'ATCO travaillent à restaurer le service d'électricité dans un quartier de Fort McMurray ravagé par les flammes.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le danger créé par l'incendie de forêt de Fort McMurray qui a détruit des pâtés de maisons entiers dans cette ville du nord de l'Alberta ne va pas disparaître lorsque les flammes s'éteindront.

Des recherches menées sur les incendies en Californie qui ont brûlé des maisons et des communautés indiquent que de tels brasiers laissent derrière eux des cendres corrosives et des métaux lourds toxiques.

La Californie a de tristes expériences relativement à des incendies de forêt ayant dévasté des régions urbaines. Chaque été, des maisons sont la proie de flammes en provenance des forêts, dit Scott Stephens, un scientifique spécialisé en incendies à l'Université de Californie à Berkeley.

Les brasiers suffisamment gros et puissants pour se frayer un chemin dans les communautés dégagent généralement une chaleur suffisante pour brûler des produits fabriqués à partir d'hydrocarbures comme les panneaux de vinyle, les tapis en nylon et des produits chimiques conservés dans les maisons. Le feu incinère la plupart de ces matériaux, a déclaré M. Stephens.

« Cela a un impact sur la qualité de l'air, mais les articles en vinyle, les pneus et des matériaux auxquels vous ne pourriez penser... la plupart de ces choses sont parties en fumée », a-t-il ajouté. Des maisons peuvent brûler pendant plus d'une heure à des températures de plus de 1500 degrés Celsius, a-t-il dit.

« Vous tenterez de trouver votre lave-vaisselle ou votre réfrigérateur. Vous pourrez trouver son moteur, vous pourrez trouver quelques petites choses, mais la plupart auront tout simplement disparu »

— Une citation de  Scott Stephens, Université de Californie de Berkeley

Les cendres laissées sur place posent un réel danger.

Le Bureau des études géologiques des États-Unis a trouvé que les cendres laissées par les incendies de forêt qui ont détruit des maisons en Californie en 2007 et 2008 étaient beaucoup plus alcalines que les cendres provenant de feux de bois. Mélangées avec de l'eau, ces cendres étaient presque aussi corrosives que du nettoyant à four. Elles étaient aussi contaminées avec des métaux, certains d'entre eux toxiques. De l'arsenic, du plomb, du cuivre, du zinc et du chrome ont tous été trouvés à des niveaux excédant les normes de l'Agence de protection environnementale.

Slave LakeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

De nombreuses résidences et des voitures ont brûlé à Slave Lake en mai 2011.

Photo : Ian Jackson/PC

Les particules de cendres des incendies urbains tendent aussi à être plus petites et plus facilement inhalées. Plusieurs comtés traitent ces cendres comme des déchets dangereux, a déclaré Geoff Plumlee, un géochimiste qui a mené une bonne partie des recherches. Les experts californiens disent que toute personne qui retourne dans une maison brûlée par un incendie de forêt devrait s'habiller en conséquence : des manches longues et des pantalons, des bottes, des gants, un masque et des lunettes protectrices. Il est également conseillé de remuer les cendres le moins possible.

Après le brasier qui a ravagé Slave Lake en Alberta en 2011, des tests ont démontré que les cendres contenaient du plomb, une neurotoxine puissante qui est particulièrement dangereuse pour les enfants. Le niveau de cette substance était trois fois plus élevé que la normale pour un sol résidentiel. Les quantités de dioxines et de furanes, certaines de ces substances étant hautement cancérigènes, dépassaient de 13 à 52 fois les normes. M. Plumlee affirme néanmoins que les risques sont gérables et disparaissent avec le temps. Ils sont toutefois bien réels. « Ce n'est pas alarmiste du tout. Nous ne savons pas s'il y a des effets à long terme. Mais il y a des choses que les gens peuvent faire pour minimiser leur exposition au risque », conclut-il.

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