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Un Acadien au coeur du traumatisme de Fort McMurray

Mathieu Savoie a été forcé de quitter Fort McMurray et a trouvé refuge chez Sylvie Thériault.

Photo : ICI RADIO-CANADA

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Comment les 80 000 évacués de Fort McMurray peuvent-ils s'attendre à vivre les prochaines semaines? Des centres d'aide ont été installés à Calgary et à Edmonton, où la plupart des sinistrés ont trouvé refuge. Conseils et trucs pour surmonter le traumatisme.

Originaire du Nouveau-Brunswick, Mathieu Savoie a quitté la ville de Fort McMurray à la hâte en pensant y laisser sa peau. « C'est tellement, tellement terrible, tu te demandes si tu vas survivre à ça. La seule chose que j'ai pu garder, c'est mon char », dit-il.

Mathieu Savoie a fait partie du premier convoi d'évacués qui a quitté le nord de Fort McMurray. Il loge depuis à Edmonton chez Sylvie Thériault, une bénévole de l'Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA), un organisme qui offre des services francophones en Alberta. 

« Moi, je tenais à accueillir des francophones. Il faut être solidaire », explique-t-elle.

Même s'il est reconnaissant d'avoir un toit, les questions se bousculent encore dans la tête de Mathieu Savoie.

Il ignore quand il pourra rentrer chez lui, s'il aura encore un travail ou dans quel état il trouvera son appartement.

Et il n'est pas seul. Comme lui, 80 000 évacués se demandent quand ils retourneront à Fort McMurray et ce qu'ils y retrouveront.

Malgré tout, Mathieu Savoie demeure optimiste.

Il faut garder le moral, dire demain c'est une autre journée. Je suis encore en vie, c'est un miracle que tout le monde soit en vie dans cette ville-là.

Mathieu Savoie

Traumatisme majeur

Un feu de l'ampleur de celui de Fort McMurray et l'évacuation précipitée qu'ont dû vivre les milliers de résidents sont des événements très traumatisants, affirme la professeure Robin Cox.

Cette spécialiste en gestion des désastres à l'Université Royal Roads de Victoria a elle-même étudié l'impact psychologique du feu de la forêt de McLure en Colombie-Britannique en 2003.

Cet incendie avait ravagé plus de 70 maisons, ainsi que des commerces, et entraîné l'évacuation de 3800 personnes de leurs résidences du nord de Kamloops.

C'est habituel dans une situation comme celle-ci de se sentir stressé, effrayé et en colère.

Robin Cox, spécialiste en gestion des désastres à l'Université Royal Roads

Robin Cox dit qu'en cas de crise, il est primordial que les autorités fassent preuve d'une grande transparence avec les citoyens, pour éviter que les rumeurs ne circulent.

Selon elle, l'information est la chose que les sinistrés recherchent en priorité, et il est important que celle-ci soit vraie et arrive rapidement.

Des réseaux sociaux utiles

À Fort McMurray, les autorités ont énormément utilisé les services de la plateforme Twitter pour répondre directement aux citoyens inquiets.

Les organismes qui offrent de l'aide utilisent beaucoup les services de Facebook et les citoyens aussi s'organisent. Le groupe Fort Mcmurray evac relocation help group (Nouvelle fenêtre)par exemple, compte déjà près de 100 000 membres.

« C'est aussi dans des moments comme ceux-là qu'on voit les plus beaux moments d'humanité. Il se développe un fort lien communautaire entre les évacués, mais aussi avec les gens qui leur viennent en aide », constate Robin Cox.

Elle ajoute qu'une fois que les résidents pourront retourner dans leur communauté, les efforts seront concentrés sur la reconstruction de la ville. Elle croit que le fait de travailler ensemble, vers un but commun, peut aussi avoir un effet très thérapeutique.

Robin Cox suggère aux évacués d'être patients avec eux-mêmes et les autres, de se donner du temps et d'admettre que le retour à la normale sera un marathon et non un sprint.

Des réactions normales et communes après un traumatisme naturel

  • Des sentiments intenses et imprévisibles
  • Les pensées et comportements sont touchés, comme des souvenirs en boucle et très vivides du feu
  • La fumée, la cendre ou les sirènes peuvent provoquer de l'anxiété
  • Les relations interpersonnelles peuvent devenir tendues, surtout alors qu'on habite dans un logement temporaire
  • Des symptômes physiques comme des maux de tête, des nausées ou des douleurs à la poitrine peuvent accompagner le stress et peuvent demander de l'attention médicale

Source : Société américaine de psychologie

Comment rassurer les enfants?

Les enfants traumatisés peuvent revenir à des comportements plus enfantins. Il est important de leur redonner une certaine normalité, comme de les réinscrire à l'école, souligne Robin Cox.

Il est aussi important, selon elle, d'inclure les jeunes un peu plus âgés pour qu'ils puissent sentir qu'ils apportent une contribution au retour à la normale de la famille, ce qui les valorise et les aide à traverser les moments plus difficiles.

Mme Cox suggère enfin aux parents de demander à leurs enfants comment ils se sentent et de faire du mieux qu'ils peuvent pour répondre à leurs questions, tout en se montrant rassurants et en limitant leur exposition aux images de désolation.

La reconstruction peut s'avérer la période la plus stressante, prévient-elle.

La période de reconstruction est la plus longue et souvent la plus stressante.

Robin Cox, spécialiste en gestion des désastres à l'Université Royal Roads

La province offre de l'aide psychologique au 1 877 303-2642 ou via Health Link au 811.

Le réseau santé albertain offre également de l'aide en français, par le biais de l'ACFA régionale d'Edmonton.

Avec des informations de Jacaudrey Charbonneau.

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