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Cinq ans après les inondations, Saint-Laurent se rebâtit

Saint-Laurent, cinq ans après les inondations de 2011.

Saint-Laurent, cinq ans après les inondations de 2011.

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Cinq ans après les graves inondations qui ont frappé plusieurs parties du Manitoba, la communauté de Saint-Laurent reste marquée par le souvenir des intempéries. Depuis, la région située à 80 km au nord-ouest de Winnipeg se rebâtit peu à peu.

Un reportage de Camille Gris RoyTwitterCourriel

Le 31 mai 2011, une terrible tempête s'est abattue sur les chalets et les maisons au bord du lac Manitoba. Louis Allain, un résident de ce secteur, se rappelle bien cette journée. « Il y a eu un genre de tsunami ici, raconte-t-il. Nous, on était les derniers à quitter la place et puis je me souviens très bien de la vague qui faisait au-delà d'un mètre. »

L'eau a pénétré à une rapidité, ça a pris deux, trois minutes et déjà tout le sous-sol était plein.

Une citation de :Louis Allain, résident de Saint-Laurent

Une partie de la maison de Louis Allain a été détruite, mais il a pu en sauver le haut.

Les inondations chez Louis Allain à Saint-Laurent en 2011.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les inondations chez Louis Allain à Saint-Laurent en 2011.

Photo : Capture d'écran, vidéo Louis Allain

Après la tempête, un long chemin de croix a commencé pour lui. Puisque la zone était trop humide, il a fallu attendre près de deux ans avant de commencer les travaux.

Pour répondre aux nouvelles normes gouvernementales, la maison et le garage de Louis Allain ont dû être surélevés. Le sous-sol aussi a été complètement reconstruit, et n'est pas connecté au reste de la maison.

Pour en savoir plus sur les inondations de 2011 :

Cinq ans plus tard, il lui reste à terminer l'intérieur de la maison, puis à réaménager le terrain à l'extérieur : il plantera de nouveaux arbres et se réappropriera l'accès au lac.

Le gouvernement s'est chargé de financer les travaux pour la partie inférieure de l'habitation. Pour le reste, Louis Allain et sa famille ont fait eux-mêmes les travaux, à leurs frais. « Ça serait trop onéreux d'avoir des contracteurs, déjà la partie gouvernementale, ça coûtait une fortune. » 

Il espère pouvoir retourner vivre dans sa maison cet été. Pour lui, il n'a jamais été question de partir. 

Louis Allain devant sa maison reconstruite à Saint-Laurent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Louis Allain devant sa maison reconstruite à Saint-Laurent.

Photo : ICI Radio-Canada/Bert Savard

Des signes encore visibles

À Saint-Laurent, le sujet des inondations est encore sensible pour les résidents de la région. Certains évacués ne sont jamais revenus. Selon la municipalité, les cinq années qui ont suivi la tempête sont cinq années de perdues : alors que la communauté aurait pu davantage être développée, il a fallu redoubler d'efforts pour revenir à l'état pré-inondations.

Encore aujourd'hui, certains signes des intempéries de 2011 sont toujours visibles. Par exemple, la digue temporaire installée autour du lac il y a deux ans pour protéger les résidents de niveaux d'eau encore trop hauts est toujours là, mais devrait bientôt être retirée.

La digue de secours installée à Saint-Laurent pour protéger les résidents du lac.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La digue de secours installée à Saint-Laurent pour protéger les résidents du lac.

Photo : ICI Radio-Canada

Reconstruction

Saint-Laurent a fait du chemin en cinq ans. « On a souffert quand il y avait la flood, mais depuis ce temps-là, on regagne du monde, observe Clarence Carrière, un résident. Il y a plus du monde qui réside au lac et les gens ont fait en masse d'ouvrages. »

Eugene Rioux, propriétaire d'une quincaillerie à Saint-Laurent au Manitoba.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Eugene Rioux, propriétaire d'une quincaillerie à Saint-Laurent au Manitoba.

Photo : ICI Radio-Canada

Un signe direct que la communauté se rebâtit : les affaires vont bien à la quincaillerie du village, un commerce lié à la reconstruction. « On voit beaucoup de beaux chalets qui sont revenus dans les dernières années », remarque Eugene Rioux, le propriétaire.

« L'argent du gouvernement, c'était seulement une portion de la reconstruction. Ceux qui ont reconstruit ont mis beaucoup de leur propre argent pour arriver là où on en est aujourd'hui, dit-il. Ça revient à un rythme lent. »

Au club de golf Manipogo, les années ayant suivi l'inondation ont été difficiles. « Les gens n'avaient pas la tête au golf », note le surintendant Ed Schon.

Ed Schon, surintendant du golf Manipogo à Saint-Laurent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ed Schon, surintendant du golf Manipogo à Saint-Laurent.

Photo : ICI Radio-Canada

« Nous, on n'a jamais été sous l'eau, explique-t-il. Mais on n'avait tout simplement pas de golfeurs. Vous auriez pu venir un samedi et être le seul sur le terrain. On a perdu beaucoup d'argent. »

D'année en année, toutefois, les joueurs sont revenus. D'abord une vingtaine, puis la saison d'après, une quarantaine, jusqu'à l'année dernière où ils étaient près de 90 habitués. « Ça va de mieux en mieux », se réjouit Ed Schon.

Le club de golf Manipogo à Saint-Laurent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le club de golf Manipogo à Saint-Laurent.

Photo : ICI Radio-Canada

« Il y a toujours eu beaucoup de fierté et d'énergie ici à Saint-Laurent », ajoute M. Schon.

La municipalité s'est d'ailleurs attelée à garder cette fierté. Près du lac, sur la plage de Sandpiper, elle a reconstruit le parc et réaménagé un accès à l'eau.

« Juste le fait qu'on ait accès au lac, ce qui est tellement important dans notre communauté, fait en sorte qu'on sent qu'on peut avancer », note Serge Carrière, directeur de l'école communautaire Aurèle-Lemoine.

Serge Carrière, directeur de l'école communautaire Aurèle-Lemoine à Saint-Laurent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Serge Carrière, directeur de l'école communautaire Aurèle-Lemoine à Saint-Laurent.

Photo : ICI Radio-Canada

« Il y a des gens qui commencent à redéménager à Saint-Laurent, il y a des nouvelles familles », dit-il avec optimisme.

« On se sent encore vulnérables. Quand le lac monte et que les nappes d'eau sont assez hautes, on voit que les gens sont aux aguets, reconnaît-il. Mais je sens que la communauté est vraiment en train d'aller dans la bonne direction.

On a une énergie positive, des organismes qui sont prêts à travailler ensemble et puis il y a beaucoup de gens qui tiennent à coeur notre communauté.

Une citation de :Serge Carrière, directeur de l'école communautaire Aurèle-Lemoine

Il y a encore du travail à faire à Saint-Laurent, mais les résidents espèrent se rapprocher du jour où les inondations ne seront plus qu'un lointain souvenir.

La maison d'un résident de Saint-Laurent, cinq ans après les inondations

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