•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Fort McMurray : « Il faut qu'on sorte d'ici », dit un réfugié dans un camp

Maison ravagée par les flammes à Fort McMurray

Photo : Sylvain Bascaron

Radio-Canada

Des Néo-Brunswickois qui vivent à Fort McMurray, en Alberta, témoignent de la désolation et de la confusion causées par un violent feu de forêt.

Le feu qui brûle depuis dimanche a pris de l'ampleur mardi, entraînant l'évacuation obligatoire des quelque 78 000 résidents. 

Des familles évacuées se sont réfugiées dans des camps des travailleurs de l'industrie pétrolière, non loin de la ville. Roger St-Pierre, de Caraquet, est un employé de la pétrolière Syncrude. Il témoigne du désarroi des sinistrés au camp Athabasca.

Pour regarde l'entrevue avec Roger St-Pierre :

« Il y a beaucoup de gens qui ont dormi dehors dans leur voiture. Même hier il y avait une femme enceinte qu'ils ont été obligés d'évacuer avec un hélicoptère. Il y a beaucoup de stress. Il y a des familles, les petits enfants pleurent, les femmes sont stressées, elles sont dans les autos, elles ont passé une nuit blanche, les hommes pareils », explique Roger St-Pierre.

Il ajoute que l'eau et la nourriture se font de plus en plus rares. « Il faut que des décisions soient prises pour nous sortir d'ici », affirme M. St-Pierre. Il assure qu'il n'hésitera pas à quitter le camp jeudi matin si personne ne vient à leur secours d'ici là. 

On est comme dans une trappe à souris. On n'a pas de chemin à part que passer par Fort McMurray. Il n'y a pas de plan, on dirait. Tout le monde est sur le gros nerf.

Roger St-Pierre, travailleur de l'industrie pétrolière à Fort McMurray

Angélina Gionet, directrice de l'Association canadienne-française de l'Alberta, a participé à l'évacuation d'une garderie. Elle explique qu'il a fallu quitter les lieux très vite et que des familles ont été prises au dépourvu.

« Je sais qu'il y a encore des milliers de personnes, des mamans, des enfants, qui certainement n'ont pas encore trouvé refuge. Des familles séparées des enfants avec les professeurs d'école, les voitures, des parents qui ne sont pas avec. Il fallait sortir de là. Beaucoup de parents et d'enfants ne sont pas ensemble, ne savent pas dans quels camps ils sont. Mais grâce au téléphone, j'assume qu'ils sont rassurés qu'ils sont en sécurité », a indiqué Angélina Gionet, mercredi matin.

Des dizaines de milliers de résidents ont été évacués de Fort McMurray.

Des dizaines de milliers de résidents ont été évacués de Fort McMurray.

Photo : La Presse canadienne / HO

Feu de forêt à Fort McMurray

Daniel Hébert, surintendant pour l'entreprise OCL, décrit ce qu'il a vu dans une zone de Fort McMurray dévastée par l'incendie.

« On pouvait voir une station-service en feu. Elle avait complètement fini de brûler, quasiment, et un hôtel comme un Super 8, c'est gros assez. Ça fait qu'un hôtel, un restaurant Burger King, des choses de même étaient tous en feu. Un camping qui se trouve droit dans le centre-ville [...] était tout brûlé à terre. J'ai des travailleurs qui ont perdu leur maison. Il y a beaucoup de monde qui ne savent pas ce qu'ils ont perdu encore », a souligné Daniel Hébert lors d'une entrevue accordée à l'émission Format libre, d'ICI Aacadie.

Des maisons et des véhicules en ruines à Fort McMurray

Les dégâts dans le quartier de Beacon Hill, à Fort McMurray

Photo : ICI Radio-Canada/Sylvain Bascaron

Alain Ferron, un travailleur de la Péninsule acadienne qui vit à Fort MacMurray, a trouvé refuge à Edmonton. Il décrit ce qu'il a vu lorsqu'il fuyait le brasier.

« Ce qu'on appelle Downtown, là, il y a quand même plusieurs voies. Il y a trois voies qui vont vers le sud, deux qui s'en vont vers le nord. C'était brûlé de chaque côté. Mais Downtown n'était pas aussi frappé que certaines régions, comme Beacon Hill et Abasands. Eux autres, ils ont vraiment été touchés », a expliqué Alain Ferron lors d'une entrevue accordée à l'émission Le réveil Nouveau-Brunswick, d'ICI Acadie.

Dave Roussel, un travailleur originaire de Saint-Léonard, a vu venir l'incendie. « C'est gros, c'est immense. Hier soir, on voyait la lueur des flammes et c'était grand. C'est inexplicable. Je n'avais jamais vu de quoi gros de même. Tout le monde paniquait. C'était la grosse panique. Ça s'en venait comme sur nous autres. Tout à coup, le vent a tourné. Ç'a complètement viré vers le centre-ville. »

En principe, M. Roussel doit rentrer au Nouveau-Brunswick samedi, mais il pourrait rester sur place plus longtemps pour prêter main-forte aux autorités qui combattent l'incendie.

Comment lutter contre un tel incendie?

Marc Landry, chef pompier de Caraquet, a deux enfants qui vivent à Fort McMurray et qui ont trouvé refuge à Edmonton chez des amis. Il croit que les pompiers qui combattent l'incendie à Fort McMurray s'efforcent avant tout de sauver les quartiers menacés.

« Ils ne peuvent pas envoyer des gars dans la forêt même, pas à la vitesse que ça va. Tu peux t'apercevoir que ça fait le tour de toi et que c'est revenu derrière toi assez vite. Tu vas être pris dans le feu toi-même », dit-il.

Selon M. Landry, il faudrait de la pluie pour éteindre l'incendie, ou il faudrait que le vent rabatte les flammes vers une zone déjà brûlée où elles s'éteindraient faute de combustible.

Incendies de Fort McMurray

Fort McMurray

Photo : CBC

Acadie

Société