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La bataille pour l'affichage en français en quelques dates marquantes

La rue Ste-Catherine, en août 1948.

La rue Ste-Catherine, en août 1948.

Photo : Archives de la Ville de Montréal

Radio-Canada

Québec a annoncé mardi de nouvelles règles concernant l'affichage de marques de commerce en anglais. Cette réglementation, décidée après que la Cour d'appel du Québec eut statué en 2015 qu'on ne pouvait pas imposer de descriptif à une marque de commerce, est le dernier élément d'une longue saga pour la défense de la langue française. Retour en quelques dates.

31 JUILLET 1974 : LE FRANÇAIS DEVIENT LA LANGUE OFFICIELLE DU QUÉBEC

Le gouvernement de Robert Bourassa adopte le projet de loi 22, qui fait du français la seule langue officielle du Québec et impose son usage dans l'affichage public. Cette loi ouvrira la voie à la loi 101, qui sera adoptée trois ans plus tard.

« Loi 22 : Les derniers outrages »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada/Archives

26 AOÛT 1977 : LA CHARTE DE LA LANGUE FRANÇAISE

Adoptée sous le gouvernement de RenéLévesque, la loi 101 impose l'usage exclusif du français dans l'affichage public et la publicité commerciale. En 1983, la loi est toutefois modifiée pour permettre l'utilisation d'une autre langue dans certaines circonstances.

Un manifestant contre la loi 101.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : La Presse canadienne / BILL GRIMSHAW

15 DÉCEMBRE 1988 : ARRÊT FORD

Dans une affaire impliquant la marque de chaussures Brown's, la Cour suprême conclut que l'interdiction de l'anglais dans l'affichage commercial est contraire à la liberté d'expression. Cependant, elle reconnaît du même souffle que les dispositions de la Charte qui exigent que la langue française prédomine dans l'affichage sont justifiées pour promouvoir et préserver un « visage linguistique » français au Québec.

17 JUIN 1993 : LA LOI 86

Des membres de la communauté anglophone du Québec manifestent à Montréal le 8 janvier 1989 contre la loi 178.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des membres de la communauté anglophone du Québec manifestent à Montréal le 8 janvier 1989 contre la loi 178.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiroz

En réaction à cet arrêt, le gouvernement Bourassa adopte la loi 178, en 1988, puis la loi 86, en 1993, qui permet l'affichage bilingue avec prédominance du français. L'adoption de ces lois ne s'est toutefois pas faite sans heurts. Les anglophones du Québec ont fortement réagi à la loi 178. Trois d'entre eux ont même porté la cause devant le Comité des droits de l'homme de l'ONU qui a conclu que leur liberté était effectivement brimée, mais que les Anglo-Québécois « ne peuvent être considérés comme une minorité linguistique » puisqu'ils font partie de la majorité canadienne. Pour exprimer leur insatisfaction avec la loi, deux ministres anglophones du cabinet Bourassa ont donné leur démission.

13 AVRIL 2000 : THE LYON AND THE WALLRUS

Les propriétaires du magasin d’antiquités The Lyon and the Wallrus, Wally Hoffman et Gwen Simpson, lors d’une conférence de presse, à Montréal, le 13 avril 2000.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les propriétaires du magasin d’antiquités The Lyon and the Wallrus, Wally Hoffman et Gwen Simpson, lors d’une conférence de presse, à Montréal, le 13 avril 2000.

Photo : La Presse canadienne / RYAN REMIORZ

Un juge de la Cour supérieure donne raison au gouvernement du Québec et confirme que les commerçants doivent donner une place « nettement prédominante » au français dans leurs enseignes. Les entreprises W.F.H. Ltée, de Lac-Brome, étaient accusées d'enfreindre la Charte de la langue française parce que sur leur affiche bilingue le lettrage était de même taille en français et en anglais. En octobre 2001, la Cour d'appel a refusé d'entendre la cause, tout comme la Cour suprême, en décembre 2002. Les plaignants se sont rendus devant le comité des droits de l'homme de l'ONU, qui a refusé, lui aussi, de se pencher sur la question.

Société