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Pénurie d'enseignants francophones en Ontario : le pire à venir

La première ministre de l'Ontario Kathleen Wynne et la ministre de l'éducation Liz Sandals

La première ministre de l'Ontario Kathleen Wynne et la ministre de l'éducation Liz Sandals

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les écoles françaises de l'Ontario sont aux prises avec une grave pénurie d'enseignants qualifiés. Après les représentants des conseils scolaires et les associations d'enseignants, la ministre de l'Éducation reconnaît elle-même qu'il s'agit d'un problème réel pour le gouvernement.

Un texte d'Alex BoissonneaultTwitterCourriel

Liz Sandals se dit maintenant prête à revoir la proportion des places réservées aux francophones et aux anglophones dans certaines facultés universitaires pour s'attaquer au problème.

Le manque d'enseignants francophones qualifiés est particulièrement criant dans le centre et le sud-ouest de l'Ontario, selon le président de l'Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques Jean Lemay.

À son avis, le pire est à venir en raison de la réforme du baccalauréat en enseignement, et la pénurie frappera de plein fouet l'automne prochain. 

Les étudiants doivent étudier un an de plus pour obtenir leur diplôme. La relève sera d'autant plus rare que la cohorte actuelle assure la transition, ce qui implique que moins d'étudiants en enseignement obtiendront leur diplôme cette année.

Une affiche sur laquelle on peut lire l'inscription « Merci de parler français à l'école Francojeunesse » est accrochée à une clôture devant l'École élémentaire publique Francojeunesse du Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO), située dans le secteur de la Côte-de-Sable, à Ottawa (archives).Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une affiche sur laquelle on peut lire l'inscription « Merci de parler français à l'école Francojeunesse » est accrochée à une clôture devant l'École élémentaire publique Francojeunesse du Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO), située dans le secteur de la Côte-de-Sable, à Ottawa (archives).

Photo : ICI Radio-Canada/Jean-Sébastien Marier

Plusieurs conseils scolaires de langue française doivent déjà avoir recours à des suppléants non qualifiés pour remplacer les enseignants malades ou durant les journées pédagogiques, reconnaît Jean Lemay.

Il faut demander des permissions spéciales au ministère, mais nous n'avons pas le choix. Ça a certainement un impact sur la qualité de l'enseignement et sur les résultats des élèves

Une citation de :Jean Lemay, président de l'Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques

Que la ministre Sandals ouvre la porte à la révision du nombre de places accordées dans certaines facultés universitaires à la relève franco-ontarienne est de la musique aux oreilles de Carol Jolin, président de l'Association des enseignants franco-ontariens.

C'est la première fois que j'entends la ministre parler de cette façon. Il y a longtemps que nous demandons que soit augmenté le nombre de places réservées aux étudiants francophones.

Une citation de :Carol Jolin, président de l'Association des enseignants franco-ontariens

Liz Sandals dit être en pleine discussion avec plusieurs facultés pour trouver des façons d'augmenter le nombre de diplômés capable d'enseigner en français.

Elle mise d'abord sur la publicité, pour faire connaître les occasions d'emploi qu'offre le système scolaire francophone, mais elle reconnaît du même coup qu'il faudra peut-être revoir le nombre de places accordées aux étudiants de langue française.

Les Québécois ne suffisent pas

La solution ne passera pas non plus par une augmentation de l'effort de recrutement au Québec, croient Carol Jolin et Jean Lemay.

Non seulement la demande est trop forte dans les conseils scolaires français de la province, aussi bien public que catholique, mais les enseignants québécois hésitent trop souvent à s'établir en milieu minoritaire.

« Ils viennent quelques années puis repartent après avoir gagné de l'expérience et trouvé mieux au Québec », dit-il.

D'ailleurs, le problème de l'enracinement touche aussi les nouveaux enseignants franco-ontariens qui ont souvent tendance à s'établir là où ils ont étudié, comme à l'Université d'Ottawa, selon Jean Lemay.

Un autre argument pour une université franco-ontarienne

Carol Jolin affirme qu'il s'agit d'une autre raison pour laquelle son association est pour la création d'une université de langue française en Ontario.

Carol Jolin, président, Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariensAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Carol Jolin, président, Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens

Photo : Radio-Canada

Il rappelle que de plus en plus de francophones s'installent à Toronto, par exemple.

Selon lui, s'ils pouvaient étudier sur place en français, ils seraient tentés de pourvoir les postes d'enseignants dans la région.

Des propos qui font écho à ceux de la chef néo-démocrate, Andrea Horwath, pour qui la pénurie d'enseignants rappelle le manque de choix pour les études universitaires en français en Ontario.

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