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L'assimilation des francophones en Ontario n'est pas enseignée dans toutes les écoles 

Manifestation d'écoliers contre le Règlement 17, devant l'école Brébeuf, square Anglesea dans la basse-ville d'Ottawa, à la fin janvier ou au début février 1916.  Photo :  Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française

Manifestation d'écoliers contre le Règlement 17, devant l'école Brébeuf, square Anglesea dans la basse-ville d'Ottawa, à la fin janvier ou au début février 1916. Photo : Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il y a plusieurs semaines, le gouvernement de Kathleen Wynne s'excusait officiellement pour le Règlement 17, qui avait banni l'enseignement du français des écoles ontariennes de 1912 à 1927. Depuis, Radio-Canada a fait des vérifications : les enseignants ne sont pas obligés de parler du Règlement 17 au secondaire, et ça ne risque pas de changer. 

Un dossier de Laurence MartinTwitterCourriel et de Valérie OuelletTwitterCourriel

Le 22 février dernier, Kathleen Wynne a voulu tourner la page sur un chapitre sombre de l'histoire ontarienne. Elle a présenté des excuses pour une mesure qui visait ni plus ni moins l'assimilation des francophones dans la province. 

Si ces excuses ont été saluées par plusieurs membres de la communauté franco-ontarienne, plusieurs se sont aussi demandés si les belles paroles de la Première ministre allaient être accompagnées de gestes concrets.

Radio-Canada a examiné le curriculum d'Histoire du Canada de 10e année du ministère de l'Éducation, qui comprend tous les sujets que doivent aborder les enseignants en classe.

Le Règlement 17 est présenté comme un exemple de conflits et de discrimination entre le Canada Français et le Canada Anglais au début du 20e siècle. 

Comme c'est un exemple suggéré, les enseignants ont le choix d'en parler ou non. Ils peuvent choisir de parler plutôt du nationalisme d'Henri Bourassa ou des activités du Ku Klux Klan. 

Dans les salles de classe

En pratique, plusieurs enseignants en histoire dans les écoles francophones expliquent qu'ils parlent de cette tentative d'assimilation des francophones parce que c'est au coeur de la construction identitaire franco-ontarienne. 

Ça rentre dans la construction identitaire, le fait qu'on ait revendiqué nos droits. Ça sert de point de départ pour le reste du cheminement.

Une citation de :Mathieu Innes, enseignant en histoire à l'école secondaire francophone catholique Sainte-Famille à Mississauga

Du côté anglophone, par contre, les réponses sont plus variées. Si au conseil scolaire public dans la région de Windsor, l'enseignant Marc Behm dit que le Règlement 17 est mentionné, au conseil public de Toronto, le porte-parole Ryan Bird croit que « peu d'enseignants en parlent ». 

Pas de changement en vue 

Lorsque nous avons demandé à la ministre de l'Éducation, Liz Sandals, si elle avait l'intention de rendre le Règlement 17 obligatoire au programme, elle n'a pas voulu s'engager.

Elle a aussi affirmé que les excuses officielles du gouvernement avaient entraîné une prise de consciense générale dans la population ontarienne.

La députée néo-démocrate France Gélinas, porte-parole en matière d'Affaires francophones, parle d'une « occasion manquée ».

La députée néo-démocrate de Nickel Belt, France Gélinas sur le Règlement 17Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La députée néo-démocrate de Nickel Belt, France Gélinas sur le Règlement 17

Photo : Radio-Canada

Même critique du côté de Gila Martow, la députée de Thornhill, porte-parole des affaires francophones pour le Parti progressiste-conservateur:

Ce n'est pas assez d'avoir des excuses. [...] On parle souvent dans les cours d'histoire des Premières nations, des nouveaux arrivants, mais on devrait aussi parler des francophones.

Une citation de :Gila Martow, la députée de Thornhill, porte-parole des affaires francophones pour le Parti progressiste-conservateur

Des écoles d'immersions française pourtant très populaires

La question entourant la place de sujets comme le Règlement 17 dans le curriculum est d'autant plus pertinente que de plus en plus de parents ontariens choisissent d'envoyer leurs enfants dans des programmes d'immersion française. 

Ces programmes sont gérés par des conseils scolaires anglophones. Le contenu des cours d'histoire est donc bien souvent le même que pour les programmes en anglais. 

Une situation que regrette le professeur spécialisé en enseignement de l'histoire à l'Université de Toronto, Garfield Gini-Newman: 

Le professeur de l'Université de Toronto, Garfield Gini-NewmanAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le professeur de l'Université de Toronto, Garfield Gini-Newman

Photo : Radio-Canada

Selon lui, la popularité grandissante des écoles d'immersion française n'a pas été accompagnée d'une plus grande compréhension de la culture franco-ontarienne.

Il croit que l'apprentissage du français pourrait devenir beaucoup plus pertinent pour les élèves inscrits en immersion s'ils étaient davantage exposés à la culture et à l'histoire franco-ontarienne, dont le Règlement 17. 

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