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Violence dans les centres de soins : la majorité des cas ne sont pas rendus publics en N.-É. 

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Syndicat des infirmières et infirmiers de la Nouvelle-Écosse demande plus de transparence en ce qui a trait aux cas de mortalités attribuables à la violence, dans les résidences de soins de longue durée.

Une enquête de La Presse Canadienne révèle que depuis 2008, huit résidents de foyers de soins sont morts à la suite de violence entre résidents. C'est cinq de plus que ce que le gouvernement de la Nouvelle-Écosse avait rendu public.

Ces incidents n'avaient pas été révélés parce qu'il n'y a pas eu d'enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sur ces cinq cas.

Les autorités n'émettent pas d'avis public lorsqu'elles jugent qu'une mort n'est pas de nature criminelle.

Selon le médecin légiste en chef de la Nouvelle-Écosse, le docteur Matthew Bowes, ces décès sont en grande majorité dus à des violences attribuables à la démence, mais il ne peut le confirmer en raison des lois de confidentialité qui l'empêchent de révéler les conditions médicales des agresseurs.

Par contre, dans les quelques cas où il y a eu enquête, la GRC fait état de démence et de troubles mentaux chez les agresseurs.

Aucune accusation n'a été portée contre ces agresseurs.

Dans la majorité des cas, les résidents sont moerts après une chute provoquée par une altercation avec un autre résident.

Beaucoup de détails tenus secrets

Il y a peu de détails dans le rapport, rendu public en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. Les noms des personnes et certaines informations ont été caviardés pour des raisons de confidentialité.

Une infirmière, qui a travaillé dans des résidences de soins longue durée pendant plus de 35 ans, croit qu'il y a un manque de transparence.

Selon Rhonda Church, le public doit savoir comment et dans quelles circonstances ces morts suspectes ce sont produites.

Selon elle, on devrait savoir combien de membres du personnel étaient présents au moment des incidents et qui étaient les résidents sur l'étage.

Mme Church croit aussi qu'on devrait dévoiler des informations au sujet de la formation du personnel, pour savoir s'ils sont aptes à prévenir d'autres agressions.

La présidente du Syndicat des infirmières de la Nouvelle-Écosse, Janet Hazelton, est du même avis. Elle dit que le public doit être conscient des risques auxquels sont exposés les résidents et le personnel.

Elle attribue d'ailleurs les morts en foyer de soins à un manque de personnel.

Plus de formation pour les infirmières

Le Syndicat des infirmiers et des infirmières de la Nouvelle-Écosse demande plus de formation pour le personnel des foyers de soins afin qu'ils soient en mesure de mieux identifier les agressions et de désamorcer les crises.

Le responsable de la recherche et de l'éducation pour le Syndicat des infirmiers et des infirmières de la Nouvelle-Écosse, le docteur Paul Curry, affirme que les chiffres rapportés ne sont que la pointe de l'iceberg.

Il affirme qu'il y a des cas de violence tous les mois. « C'est quelque chose qui arrive vraiment souvent. [...] C'est vraiment facile, car il n'y a pas assez de gens pour surveiller les patients », explique le Dr Curry.

Il ajoute que la moitié des incidents impliquant de la violence sont rapportés.

Paul Curry demande une formation standardisée à l'échelle provinciale pour tous les infirmiers et infirmières qui travaillent dans les foyers de soins.

« Une formation qui démontre comment traiter les gens avec des problèmes mentaux et des gens qui sont portés à la violence. Il faut un système qui est le même pour tout le monde », dit-il.

Son syndicat demande aussi une intervention rapide du gouvernement pour mettre en place les recommandations de plusieurs groupes du domaine de la santé qui vont en ce sens.

Acadie

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