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Les Canadiens doivent à nouveau remplir le questionnaire long du recensement

Une foule dans un centre d'achat

Une foule dans un centre d'achat

Photo : iStock

Radio-Canada

À partir du 2 mai et au cours des prochaines semaines, des millions de Canadiens seront appelés à répondre aux questions de Statistique Canada qui mène son grand recensement.

Un texte de Raphaël Bouvier-AuclairTwitterCourriel

Le retour du formulaire long obligatoire, qui avait été mis de côté par le gouvernement conservateur, réjouit des représentants de villes et des scientifiques.

Tout est presque prêt. Statistique Canada assure que ses entrepôts sont déjà pratiquement vides et que les lettres et les questionnaires ont été envoyés à Postes Canada. Ils seront distribués à des dizaines de millions de Canadiens.

Le retour du formulaire long a été l'une des premières décisions du gouvernement Trudeau. Au lendemain de l'assermentation du Conseil des ministres, deux d'entre eux, le ministre de la Famille Jean-Yves Duclos et son collègue du Développement économique Navdeep Bains, en avaient fait l'annonce.

Le gouvernement conservateur avait laissé tomber l'obligation de remplir le questionnaire long pour le recensement de 2011. Il était toujours obligatoire d'inscrire les données dans le formulaire court.

Certaines municipalités ainsi que des scientifiques avaient critiqué cette décision, invoquant un manque de précision des données recueillies.

Le recensement de 2016 en chiffres

  • 35 000 employés temporaires seront embauchés par Statistique Canada pour la collecte de données. Tout le personnel n'a pas encore été trouvé.
  • 15 millions de foyers recevront des lettres de la part de Statistique Canada expliquant le fonctionnement du recensement.

Le professeur Alain Bélanger, de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), note par exemple que le taux de réponse est moins important chez certains Canadiens, notamment les immigrants et les personnes moins nanties. Un facteur qui, selon lui, a nui à l'exactitude des données de l'enquête sur les ménages de 2011 qui avait remplacé le recensement long.

Parce que les taux de réponse varient selon les caractéristiques des individus, on a un portrait biaisé de la population qui risque de compromettre la qualité des données.

Alain Bélanger, professeur à l'Institut national de recherche scientifique

Outil important pour les municipalités

La Fédération canadienne des municipalités se réjouit du retour du questionnaire long obligatoire. Sa troisième vice-présidente, qui est également conseillère municipale à Gatineau, Sylvie Goneau, note que les résultats du recensement fournissent des informations capitales pour les planifications budgétaires des villes du pays.

Avec les politiques d'habitation, ce sont des données sur la population, sur les gens qui habitent ici, qui nous permettent de mieux cibler une offre de service et d'ajuster aux besoins de nos communautés.

Sylvie Goneau, Fédération canadienne des municipalités

Peu de temps pour s'ajuster

Le siège de Statistique Canada à Ottawa.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le siège de Statistique Canada à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Les dirigeants de Statistique Canada s'étaient préparés à la possibilité que le questionnaire long obligatoire soit de nouveau imposé par Ottawa, surtout que deux formations politiques, le Parti libéral et le NPD, avaient pris cet engagement en campagne.

N'empêche que le directeur général de Statistique Canada, Marc Hamel, reconnaît que son agence a dû s'ajuster pour pouvoir être en mesure de procéder au sondage ce printemps. Statistique Canada n'a d'ailleurs toujours pas fini de recruter les 35 000 employés temporaires requis pour mener l'exercice.

À partir du mois de novembre, un certain nombre d'ajustements ont dû être apportés au niveau de plusieurs de nos systèmes, des infrastructures, de la formation que nous donnons à nos intervieweurs sur le terrain. Mais aujourd'hui tout est en place.

Marc Hamel, Statistique Canada

Les premières données seront rendues publiques en février 2017.

Surveiller les coûts

Les conservateurs, qui avaient aboli le questionnaire long en 2010, ne s'offusquent pas aujourd'hui du retour de la méthode utilisée auparavant.

Le député conservateur Pierre Paul-Hus veut toutefois s'assurer que les Canadiens en aient pour leur argent et que les coûts de l'exercice soient rentables pour ce qui est de l'utilisation des données.

Il peut y avoir des raisons pour lesquelles on dit on le ramène. Mais lorsque le gouvernement promet des milliards et des milliards [...] on peut promettre beaucoup de choses, il faut que ce soit efficace.

Pierre Paul-Hus, député conservateur de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles

Pour ce recensement, le gouvernement a prévu des dépenses de 715 millions de dollars. En 2011, l'enquête nationale sur les ménages avait coûté un peu plus de 650 millions de dollars. « C'est clair que ça vaut la peine de payer un peu plus cher pour avoir de bonnes données », estime le chercheur de l'INRS, Alain Bélanger.

 

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